EDF annonce un plan de 80 millions d’euros pour installer ventilateurs, brumisateurs et climatiseurs dans les écoles, crèches et garderies de France. Une réponse à la canicule historique qui a déjà entraîné la fermeture de 845 établissements scolaires et la mise à l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires.
Une canicule d’une intensité historique écrase la France, provoquant l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires, la fermeture de centaines d’écoles et une flambée des prix de l’électricité. Face à la situation, EDF a annoncé vendredi un plan d’urgence de 80 millions d’euros pour équiper les écoles, crèches et garderies en systèmes de rafraîchissement. En effet, les infrastructures françaises, pensées pour un climat tempéré, peinent à résister aux extrêmes qui se multiplient.
Le nucléaire français à l’épreuve de la chaleur
La vague de chaleur qui balaie l’Europe occidentale pèse lourdement sur les infrastructures énergétiques du continent. EDF a mis à l’arrêt deux réacteurs nucléaires jeudi, après que la température de l’eau des rivières utilisée pour le refroidissement a franchi les seuils réglementaires. Les unités concernées appartiennent aux centrales de Nogent-sur-Seine, sur la Seine, et de Bugey, sur le Rhône, près de Lyon. Un réacteur de la centrale de Golfech, dans le sud de la France, avait déjà été mis hors service plus tôt dans la semaine. Au total, la France a perdu 4,1 gigawatts de capacité nucléaire, soit environ 7 % de la demande en électricité à la mi-journée de mercredi, selon Reuters.
Les centrales nucléaires puisent l’eau des fleuves pour refroidir leurs réacteurs avant de la rejeter, réchauffée, dans le milieu naturel. Lorsque la température des cours d’eau dépasse certains seuils, le processus de refroidissement perd en efficacité et le rejet d’eau chaude menace les écosystèmes aquatiques. La réglementation impose alors l’arrêt temporaire des unités.
Des dommages économiques qui s’accumulent
Les conséquences financières dépassent largement les marchés de l’énergie. Un rapport d’Allianz Trade prévoit que, si les années de chaleur extrême se répètent jusqu’en 2030, les pertes cumulées de PIB pourraient atteindre 209 milliards d’euros pour la France, 128 milliards pour l’Italie, 120 milliards pour l’Allemagne et 104 milliards pour l’Espagne. Pour la France, l’assureur estime un recul du PIB à long terme de 5 à 7 %.
Des recherches publiées l’an dernier par la Banque centrale européenne confirment la tendance. Il apparaît que les vagues de chaleur estivales réduisent l’activité économique régionale d’environ 1 %, avec des effets qui s’aggravent au lieu de s’estomper. La production reste inférieure de 1,5 % deux ans après l’épisode. Un constat qui interroge la capacité des économies européennes à absorber des chocs climatiques appelés à se répéter.
EDF débloque 80 millions d’euros pour les écoles
Vendredi, EDF a annoncé qu’elle consacrerait 80 millions d’euros à l’installation de systèmes de refroidissement dans les écoles, crèches et garderies. La moitié du budget servira à financer plus de 100 000 ventilateurs, brumisateurs et climatiseurs dans plus de 10 000 établissements d’ici septembre. Le reste sera distribué sous forme de subventions de 10 000 euros par établissement pour des projets de refroidissement à plus long terme, jusqu’en juin 2027.
L’initiative, portée par le groupe énergétique public, vise à répondre à une urgence immédiate tout en préparant les bâtiments scolaires à des épisodes caniculaires futurs. Les équipements de première phase, ventilateurs et brumisateurs, offrent une solution rapide, tandis que les subventions de long terme permettent aux établissements d’envisager des installations plus pérennes, comme des pompes à chaleur réversibles ou des travaux d’isolation thermique.
À mesure que les températures grimpent, la question des infrastructures scolaires adaptées au climat gagne le débat public. Les établissements construits pour l’essentiel avant la prise de conscience climatique se révèlent mal armés face aux pics de chaleur, exposant élèves et personnels à des conditions pénibles, parfois dangereuses.
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