Lorsqu’une vague de chaleur s’installe, le climatiseur mobile devient inévitablement une solution de secours rapide car il se branche simplement sur une prise, se déplace facilement d’une pièce à l’autre et n’exige pas d’installation lourde. Son principe est pourtant plus complexe qu’un simple souffle d’air froid. Comme un réfrigérateur, il ne « fabrique » pas le froid mais il prélève la chaleur présente dans l’air intérieur pour la rejeter à l’extérieur. Toute son efficacité repose donc sur l’évacuation de cette chaleur.
Une machine qui déplace la chaleur
Le cœur d’un climatiseur mobile est en réalité un circuit frigorifique fermé, dans lequel s’écoule un fluide frigorigène. Ce fluide change d’état, passant du liquide au gaz puis revenant à l’état liquide, afin de capter et de transporter de l’énergie thermique. Le système comprend quatre organes essentiels : l’évaporateur, le compresseur, le condenseur et le détendeur.
L’appareil aspire d’abord l’air chaud de la pièce. Celui-ci passe au contact de l’évaporateur, une batterie froide dans laquelle le fluide frigorigène absorbe les calories de l’air ambiant et s’évapore. L’air, débarrassé d’une partie de sa chaleur et de son humidité, est ensuite renvoyé dans la pièce par un ventilateur. Le résultat se fait immédiatement sentir avec une température en baisse, tandis que l’atmosphère devient généralement moins moite.
Le fluide, devenu gazeux et chargé de chaleur, poursuit ensuite sa course vers le compresseur. Celui-ci augmente sa pression et sa température, avant de l’envoyer vers le condenseur. C’est à cette étape que la machine doit se défaire du problème qu’elle vient de concentrer, c’est à dire, expulser les calories récupérées dans le logement sous forme d’air chaud.
Le tuyau, pièce maîtresse du dispositif
Dans la plupart des modèles mobiles monoblocs, tous les composants sont logés dans un même appareil posé au sol. Un tuyau souple relie alors le climatiseur à une fenêtre entrouverte, une porte-fenêtre ou une sortie murale. Il évacue dehors l’air chauffé au niveau du condenseur. Sans cette évacuation, la chaleur rejetée resterait dans la pièce et ruinerait en grande partie le refroidissement produit.
Un appareil présenté comme un « climatiseur sans évacuation » n’est, dans la plupart des cas, pas un climatiseur à cycle frigorifique comparable à un monobloc classique. Il s’agit plutôt d’un rafraîchisseur d’air. Il fait circuler de l’air à travers de l’eau, parfois même refroidie par des pains de glace. Il peut certes procurer une sensation de fraîcheur localisée, mais ne transfère pas la chaleur hors de la pièce et n’offre pas la même capacité à abaisser durablement la température.
Une précaution reste à prendre avec le tuyau car s’il est trop long, plié ou exposé au soleil, il restitue une partie de sa chaleur dans le logement. Une fenêtre mal calfeutrée laisse également entrer de l’air extérieur chaud ; l’appareil doit alors compenser en continu.
Une efficacité qui dépend de l’installation
Le modèle à un seul tuyau demeure le plus répandu, mais son fonctionnement présente une limite physique. Pour évacuer l’air chaud, il utilise une partie de l’air prélevé dans la pièce. L’extraction créée une légère dépression, qui aspire en retour de l’air chaud depuis les autres pièces ou l’extérieur, par les interstices du logement. Le climatiseur refroidit donc, mais il lutte aussi contre les entrées d’air qu’il contribue indirectement à provoquer.
Les appareils à deux tuyaux corrigent partiellement ce défaut. L’un fait entrer de l’air extérieur pour refroidir le condenseur ; l’autre rejette ensuite cet air réchauffé dehors. Le volume d’air de la pièce est ainsi moins perturbé. Ces modèles restent toutefois moins courants et souvent plus encombrants.
Le choix de la puissance ne doit pas non plus être réduit à la seule surface au sol. La hauteur sous plafond, l’orientation des vitrages, l’isolation, le nombre d’occupants, les appareils électroniques et la présence d’une cuisine ouverte modifient sensiblement les besoins. Un appareil sous-dimensionné fonctionne longtemps sans atteindre la température souhaitée ; un modèle excessivement puissant pourra multiplier les cycles courts et nuire au confort acoustique.
Eau, filtres et entretien
En refroidissant l’air, le climatiseur en retire aussi une partie de l’humidité. La vapeur d’eau se condense sur les surfaces froides de l’évaporateur. Selon les appareils, l’eau est recueillie dans un bac à vider, évacuée par un tuyau de drainage ou partiellement réutilisée pour contribuer au refroidissement du condenseur avant d’être rejetée sous forme de vapeur.
Les filtres doivent par conséquent être nettoyés régulièrement afin de préserver le débit d’air, la qualité de l’air brassé et les performances de l’appareil. Il faut également vérifier le bac de condensats, dépoussiérer les grilles d’aspiration et s’assurer que le conduit d’évacuation reste dégagé. Un climatiseur mobile encrassé devient aussi plus bruyant et consomme davantage pour un résultat plus modeste.
Un confort d’appoint
Le climatiseur mobile répond avant tout à une logique d’usage ponctuel comme rafraîchir une chambre durant quelques nuits très chaudes, rendre un bureau habitable en journée ou apporter une réponse provisoire dans un logement où une unité fixe ne peut être installée. Sa mobilité et son installation rapide constituent ses principaux atouts ; son niveau sonore, son encombrement et son rendement plus limité en sont les principaux inconvénients.
Son efficacité dépend finalement moins de la promesse inscrite sur l’emballage que de l’environnement dans lequel il est installé. Occulter les vitrages en journée, fermer portes et fenêtres, calfeutrer soigneusement l’ouverture autour du tuyau et limiter les sources internes de chaleur permettent souvent d’obtenir un meilleur résultat qu’une baisse brutale de la consigne.
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