Alors que des modèles météorologiques ont évoqué un possible flux glacial venu de l’Est, les prévisionnistes appellent aujourd’hui à la prudence, soulignant l’incertitude qui entoure encore cet épisode.
Un possible flux glacial poindrait le bout de son nez aux alentours du 28 janvier. L’un des différents scénarios évoque un anticyclone scandinave qui pourrait canaliser un air continental extrêmement froid vers le Nord-Est de la France, avec des températures ressenties pouvant chuter jusqu’à -15°C. Toutefois, Météo France et les spécialistes tempèrent ces projections alarmistes, et pointent du doigt l’évolution rapide et encore incertaine des modèles.
Du buzz médiatique à la réalité des modèles
L’emballement trouve son origine dans la diffusion, ces derniers jours, de cartes de prévisions à long terme aux teintes violettes, symbolisant un froid intense. Rapidement relayées sur les réseaux sociaux et reprises par certains médias, ces visualisations ont cristallisé l’attention sur un phénomène de blocage anticyclonique à l’Est de l’Europe. Des titres annonçant que le phénomène allait « figer 12 départements » ont ainsi contribué à l’amplification de l’alerte, touchant des régions comme la Lorraine, les Ardennes ou la Franche-Comté.
Cependant, la réalité de la prévision météorologique est plus nuancée. Les modèles, qui évoluent constamment, ont déjà commencé à s’ajuster. Le scénario d’une offensive froide sèche et directe venue de Russie s’est progressivement affaibli au profit d’autres configurations. Comme le souligne un expert, la convergence médiatique de ces derniers jours s’est construite sur « des modèles initiaux prédisant une offensive froide », mais la tendance actuelle montre un recul de ce scénario extrême.
Un contexte hivernal déjà froid et des prévisions en cours de révision
Pour bien comprendre l’inquiétude, il faut la replacer dans le cadre météorologique de ce début d’année 2026. Le pays vient de connaître un épisode froid remarquable début janvier, avec des températures moyennes nationales tombant sous 0°C pendant trois jours et des records locaux de froid, comme les -22°C enregistrés aux Fourgs (Doubs).
Les prévisions pour les derniers jours de janvier restent marquées par l’incertitude. Le risque d’un temps plus froid que la normale est jugé probable par Météo France, mais la qualification de «vague de froid » un terme précis avec des critères thermiques stricts n’est pas encore d’actualité.
En clair, la perturbation atlantique attendue autour du 27 janvier pourrait balayer l’air froid présent sur le nord et l’est du pays, le remplaçant par des pluies abondantes plutôt que par de la neige en plaine. Toutefois, les prévisions ne font pas toutes converger vers « un flux océanique humide et doux » dominant. On observe plutôt un temps froid de saison, perturbé, avec un risque de neige à basse altitude localement et des températures normales à légèrement fraîches plutôt que douces.
La prudence comme mot d’ordre face aux tendances à long terme
Au-delà de trois ou quatre jours, les scénarios possibles divergent fortement. Les spécialistes insistent sur le fait que la fiabilité des modèles diminue rapidement avec le temps, et que les tendances mensuelles ou trimestrielles doivent être interprétées avec une extrême prudence. Une publication de Météo France sur les tendances climatiques à trois mois le confirme, notant une grande incertitude pour la période janvier-mars, sans circulation atmosphérique dominante clairement identifiée.
« L’hiver est loin d’être fini, un risque de neige et de froid en février reste possible », tempère un prévisionniste, invitant à suivre les bulletins officiels quotidiens plutôt que les projections lointaines. La vigilance reste donc de mise, mais elle doit s’exercer avec discernement. La prochaine semaine sera observée avec attention pour affiner les prévisions et déterminer si la France connaîtra un simple coup de froid hivernal ou une dégradation plus sévère.











