Trois ans après son lancement, le Bonus Réparation a permis de financer près de 1,9 million de réparations d’appareils électriques et électroniques en France. Ce dispositif, qui offre une aide comprise entre 15 et 60 euros, s’appuie sur un réseau de près de 9 000 réparateurs labellisés et bénéficie d’une plateforme unique, JeRepare.fr, pour simplifier son accès aux consommateurs.
Le paysage de la consommation évolue lentement mais sûrement. Alors que l’obsolescence programmée semblait une fatalité il y a encore quelques années, une alternative concrète émerge : la réparation. Depuis décembre 2022, un mécanisme financier soutenu par les éco-organismes permet aux Français de prolonger la vie de leurs équipements électriques et électroniques plutôt que de les remplacer systématiquement.
Un dispositif qui a fait ses preuves
Le Bonus Réparation fonctionne sur un principe simple : une réduction immédiate appliquée sur la facture chez les professionnels labellisés QualiRépar. Cette aide, qui varie de 15 à 60 euros selon le type d’appareil, couvre 71 catégories de produits. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 1,9 million de réparations ont bénéficié de ce soutien depuis son lancement, pour un montant total de plus de 62 millions d’euros distribués. L’aide moyenne s’élève à 33 euros par intervention.
Le réseau de réparateurs s’est considérablement développé, avec 8 907 points de réparation labellisés répartis sur l’ensemble du territoire, y compris dans les départements et régions d’outre-mer. Les appareils les plus fréquemment réparés révèlent les priorités des consommateurs : téléphones portables, lave-linge et lave-vaisselle occupent le podium.
Entre adhésion de principe et passage à l’acte
Un paradoxe persiste dans les comportements des Français. Selon la dernière Radioscopie réalisée par ecosystem et ELABE, 91% de la population affiche une image positive de la réparation. Pourtant, seulement 27% déclarent y recourir spontanément. Cette dissonance entre les intentions et les actions mérite analyse.
Pour ceux qui franchissent le pas, la motivation première reste économique : 59% évoquent l’avantage financier par rapport à l’achat d’un nouvel équipement. La dimension environnementale suit de près, avec 57% des réparateurs occasionnels citant la réduction des déchets comme argument déterminant. À l’inverse, parmi les réticents, 61% pointent le coût comme principal obstacle, tandis que 52% déplorent le manque de réparateurs à proximité de leur domicile.
Le Bonus Réparation semble jouer un rôle de catalyseur : un consommateur sur deux ayant bénéficié du dispositif reconnaît son impact, parfois décisif, dans la décision de faire réparer plutôt que de jeter. La notoriété du mécanisme progresse régulièrement, atteignant 53% de la population en décembre 2025 selon l’étude Trajectoires réalisée par le GIFAM.
Structuration d’une filière professionnelle
Pour accompagner cette dynamique, les éco-organismes ecosystem et Ecologic ont engagé en 2025 une refonte du référentiel QualiRépar. L’objectif était triple : rendre le label plus pragmatique, améliorer sa lisibilité et renforcer la prévention de la fraude. Désormais, seules les entreprises justifiant d’au moins douze mois d’activité peuvent candidater à la labellisation, et les contrôles ont été intensifiés.
Cette politique de rigueur a produit des effets tangibles : plus de 200 entreprises ont perdu leur label QualiRépar en 2025. « Notre priorité est de rapprocher la réparation des consommateurs, d’accompagner les réparateurs dans l’usage du Bonus et de faire évoluer le dispositif pour le rendre attractif et efficient », explique Matthieu Dutry, responsable du développement de l’offre réparation chez ecosystem.
Parallèlement, un fonds formation a été constitué en mars 2025 pour développer les compétences des techniciens. Cette initiative vise à soutenir l’essor du réseau face à une demande croissante sur l’ensemble du territoire.
Simplification de l’accès à l’information
Jusqu’à récemment, la complexité administrative constituait un frein supplémentaire. Les consommateurs devaient naviguer entre plusieurs sites dédiés aux Bonus Réparation, chacun avec son propre fonctionnement et ses critères spécifiques. Cette fragmentation nuisait à la lisibilité globale du dispositif.
La situation a changé avec le lancement fin 2025 de JeRepare.fr. Cette plateforme, développée conjointement par les éco-organismes des différentes filières concernées – Ecologic, Ecomaison, Refashion et ecosystem – centralise désormais toutes les informations relatives aux Bonus Réparation. Elle offre un point d’entrée unique qui regroupe :
- Les produits éligibles
- Les montants de soutien associés
- Les annuaires des réparateurs labellisés par chaque éco-organisme
La plateforme couvre neuf grandes familles de produits du quotidien, de l’électroménager au multimédia, en passant par le bricolage, le sport, les vêtements et le mobilier. En quelques clics, les utilisateurs peuvent identifier leur produit, consulter le montant du Bonus applicable et localiser un réparateur labellisé à proximité.
Cette démarche collective marque une étape importante dans la démocratisation de la réparation. Elle répond à un besoin de simplification tout en renforçant la visibilité et la compréhension du dispositif pour le grand public. La transition vers une économie plus circulaire nécessite ce type d’outils qui rendent les alternatives concrètes et accessibles au plus grand nombre.











