L’Egypte, un futur gros producteur de gaz

Le géant gazier italien – ENI – a annoncé dimanche avoir découvert au large des côtes égyptiennes un gisement de gaz naturel qui pourrait bien être le plus important jamais trouvé dans la mer méditerranée, en eaux profondes.

Ce gisement géant situé à une profondeur de 1.450 mètres, baptisé Zohr, pourrait contenir un potentiel de 850 milliards de mètres cubes de gaz, soit environ 5,5 milliards barils équivalent pétrole.

Couvrant une superficie d’environ 100 kilomètres carrés, son plein développement serait en mesure d’après ENI "d’assurer les besoins en gaz naturel de l’Égypte pendant des décennies."

"Zohr est la plus importante découverte de gaz jamais réalisée en Égypte et en Méditerranée et pourrait devenir l’une des plus importantes découvertes de gaz naturel au monde", a déclaré le Groupe Eni dans un communiqué, ajoutant qu’il détenait tous les droits d’exploitation sur la zone.

"Notre stratégie d’exploration depuis des décennies dans des zones dîtes matures est une stratégie gagnante, prouvant ainsi que l’Égypte possède encore un grand potentiel. Cette découverte historique pourra transformer le scénario énergétique de l’Égypte où nous sommes accueillis depuis plus de 60 ans" a précisé le PDG d’Eni, Claudio Descalzi avant d’ajouter : "Dans les 7 dernières années, nous avons découvert 10 milliards de barils équivalent pétrole et 300 millions au premier semestre 2015, confirmant la position de leader d’Eni dans les activités d’exploration."

Claudio Descalzi s’est récemment rendu au Caire pour discuter de cette nouvelle découverte avec les dirigeants égyptiens.

Par ailleurs, dans une interview accordée au quotidien italien La Republicca, celui-ci n’a pas exclu une éventuelle cession de certains lots, qui pourrait "donner de la valeur et de la solidité au bilan financier" du groupe.

         

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Lionel-fr

Merci Enerzine de titrer sur cette news. Elle est disponible aussi ici : Bien sûr cette nouvelle peut avoir d’importantes répercussions géopolitiques après l’abandon de southstream (qui devait alimenter l’Italie notamment) La question de la disponibilité du gaz en en Afrique du nord et Europe du sud est assez tendue depuis le conflit en Ukraine (qui transporte une grosse partie du gaz sibérien vers l’Europe). Il n’est peut-être pas encore temps de revendre sa chaudière à gaz pour acheter du pellets finalement.. Même si la France ne reçoit pas un m3 de gaz egyptien, il est évident qu’en assurant son autonomie et en exportant vers ses voisins, l’Egypte va rendre disponible le gaz qu’elle importait auparavant. L’énorme terminal méthanier de Dunkerque recevra un peu plus de gaz Qatari.. Paradoxalement, en sécurisant l’approvisionnement européen, ce gaz est une bonne nouvelle pour les EnR ! En effet l’Europe reste un grand pourvoyeur d’EnR quelles que soient les tensions sur les autres sources .. En assurant un marché sain sur le gaz, ce gisement va permettre à l’Europe de s’équiper et d’exporter son concept. Le rique de blackout sur le gaz sibérien ne faisait que créer des tensions propices aux solutions d’urgence alors que les EnR ont besoin de temps pour s’installer..

b api

L’énergie traditionnelle faisant tourner les usines et les centrales électriques en Egypte , c’est le gaz. Les gisements étant épuisés, l’Egypte a commencé à imprter du gaz depuis 10 ans tout en le subsidiant pour ses utilisateurs, comme elle le fait pour le pétrole. Cette stratégie de subsidiation est en train de diminuer, mais ce nouveau gisement va sans doute permettre à l’Egypte de maintenir le prix d’une énergie bon marché. En tous cas, celà va arrêter je l’espère les nouveaux projets lancés au charbon ! Et j’espère que celà n’arrêtera pas la volonté de produire des énergies renouvelables.

stephsea0

Comme tout le monde le sait… tout carbone géologique extrait du sol est une dette qui s’approfondit. Nous savons que ce carbone stocké que nous brulons (majoritairement) se paiera, d’une manière ou d’une autre. On ne peut donc parler de “bonne nouvelle” quand un nouveau gisement est découvert. C’est une bonne nouvelle extrêmement ponctuelle, tout simplement. Pendant ce temps, les investissements en ENR et efficacité énergétique ne sont pas à la hauteur des enjeux, et de loin. Ils sont même inversement proportionnels à la disponibilité des énergies carbonées non renouvelables. La conférence climat et les bonnes intentions sont releguées au second plan. Non ce n’est pas une bonne nouvelle… Et notons au passage que ENI ne faisait surtout parler d’elle récement pour ses contrats distribution énergie “discutables”. Ils sont en tout cas devant les tribunaux en France avec des mises en cause de type “escroquerie”.

Lionel-fr

Stephsea, le gaz égyptien est plutôt favorable aux EnR car l’Egypte lance des programmes PV et éoliens contrairement à d’autres producteurs qui se contentent de “vivre sur leur mines” C’est aussi une bonne nouvelle pour l’Europe qui est un gros investisseur dans les EnR ce que le gaz ne remettra pas en cause et d’une façon générale , trouver du gaz à proximité d’un grand noeud de pays fortement EnR fait que les bénéfices du gaz pas cher iront largement aux EnR (c’est la même logique pour le pétrole pas cher d’ailleurs) D’autre part , je vous signale que que les EnR sont très loin mais alors très très loin de compromettre le charbon et le gaz actuellement et pour des décennies encore… Pour l’instant tout est affaire de politique car au point de vue prix , les EnR ne sont pas (encore) une aubaine mais plutôt un choix politique de la part des états. Si les états qui investissent bcp dans les EnR peuvent faire des économies sur leur facture énergétique par ailleurs , les EnR se développeront L’argument prix n’est pas encore à l’avantage des EnR mais ça viendra plus tard. C’est la volonté des populations qui leur permet de croitre ainsi que des considérations environnementales et géopolitiques mais pas au strict point de vue du marché. On peut d’ailleurs s’attendre à ce que les fossiles baissent leur prix lorsque les EnR leur feront une concurrence dangereuse .. L’argument du cout ne fonctionnera donc pas de sitôt. De toutes façons, il ne faut pas réver, on installe des nouvelles technologies environnementalement correctes mais il ne faut pas s’attendre à une aubaine sur les prix en plus … La sélection entre fossile/nuke et EnR se fait sur d’autres critères, il est donc vain d’espèrer que des tensions d’approvisionnement conduiront à des solutions EnR car un risque sur la dispo de l’énergie pousse les états à la panique et prendre des décisions drastiques : généralement charbon.. Pour aider le développement des EnR , il faut bien les comprendre : les EnR ne répondent pas à un besoin urgent d’énergie mais à une situation à long terme

stephsea0

Dire que le prix bas (ou la disponibilité) des énergies fossiles est favorable aux ENRs est une ineptie très largement répandues. Elle est véhiculée à coup de sophismes et anecdotes toujours plus grotesques par … les exploitants de ces énergies fossiles! Sur tout le reste du constat, qui est simple et factuel, je suis d’accord. L’essentiel à retenir : les ENR sont plus chères que les énergies fossiles. Elles ne sont donc pas ECONOMIQUEMENT concurentielles aujourd’hui, au présent. Mais prenons un peu de hauteur. Qu’est ce exactement que le périmètre de ce qui est économiquement rentable ou compétitif? C’est un produit ou un procédé qui rapporte immédiatement des profits à des investisseurs privés, ou puiblics parfois puisque les états réfléchissent maintenant comme des entreprises privées avec des objectifs de rendement à court terme. Et pourtant, l’histoire nous apprend qu’il y a une opposition quasi sytématique entre la rentabilité économique et le bien commun à long terme. Je ne prouve pas ici ce constat qui est du domaine de la culture. Je laisse à chacun le soin de vérifier cette statistique, si ce n’est déjà fait. Le bien commun et la compétition économique sont donc deux projets distincts et le plus souvent contradictoires. Je sais que Macron et les néo-socialo-libéro-simplistes-opportunistes tentent de nous inculquer exactement le contraire à grand coup de schémas tout cuits, mais nous ne sommes pas obligés de les croire juste parcequ’ils le prétendent avec des porte-voix. Gardons un peu de libre arbitre face à ces grands courants de pensées, et face à notre destin. L’énergie est un un des élements majeurs de notre destin commun, comme l’alimentation, l’eau douce, l’accès à l’éducation, à la liberté, etc. L’énergie est donc un sujet qui ne doit pas être laissé entre les seules mains des intérêts privés. Il n’en feront qu’un unique usage conforme à leur nature : du profit à court terme. Comme je me plais à le répeter, l’énergie est chère, très chère. Elle nous vient de loin, dans l’espace et dans le temps. Elle est dispersée et difficile à collecter, à concentrer, etc. Tout cela est bêtement scientifique, niveau terminale. Le densité énergétique des produits fossiles est donc le fruit d’une concentration qui s’est déroulée sur des millions d’années, concentration et stockage de carbone essentiellement. Ce stock est non renouvelable (à l’éhelle humaine) et son destockage est hautement toxique (toxicité relative pour l’homme essentiellement en tant que race animale, et pour la majorité des autres organismes vivants; la planète Terre elle n’en soufrira pas en tant que telle). Ce constat est simple et accessible à touts les cerveaux, je l’espère. On peut donc tergiverser sur le bonheur du gaz égyptien ou de l’essence américaine “pas chers” et “qui créent des emplois”, mais c’est de la réthorique, du blabla sucré pour emballer les profits faramineux des exploitants et propriétaires des sols, profits particulièrement ponctuels qui ne serviront qu’a accélérer encore plus la big-machine à faire du carbone sous sa forme gazeuse. Tout le reste n’est que marketing, et enfumage au sens propre comme au sens figuré… L’énergie est chère. Payons là son vrai prix! C’est simple comme concept. Dans ce cas les ENRs sont extrêmement compétitives. Et si il faut assumer une transition, que les états plannifient, prévoient, fassent une politique du bien commun à long et très long terme, qu’ils prennent le relais, qu’ils assument le financement, qu’ils légifèrent, taxent et effacent les effets contradictoires de la compétition économique, et remettent du sens et de l’égalité et de la durabilité là où ils ont disparus, ce qui est leur rôle! L’énergie n’est pas un produit. Voilà le concept principal. L’énergie est un bien commun qui ne devrait appartenir à personne, tout comme les sous sols et les ressources minières en général. Les propriétaires des sols ne devraient avoir aucun droit spécifique sur les sous sols… Quel mérite, quelle action, quelle base pour s’octroyer le droit de vider la Terre ses ressources minières dans un but lucratif. De quel droit, quelques entreprises ou personnes disposent exclusivement de ces ressources et de leur gestion parcequ’elles sont nées à un endroit plutôt qu’a un autre? Vaste programme… Abolition de la gestion privée des grands flux d’énergie, absolition de la propriété des sous sols… Et émergence logique des ENRs. Si il nous est donné le choix fondamental aujourd’hui, à nous en tant que civilisation, d’être très riche pendant 200 ans et de disparaitre, ou d’être modeste et de durer, que choisiront nous? Nous avons choisi… Il est encore temps de changer d’avis.

Lionel-fr

On n’est pas loin d’être d’accords.. Mais votre raisonnement fait une part belle aux gentils/méchants. Le secteur privé ne fait pas que du profit à court terme , c’est un cliché soviétique. Le secteur privé cherche à payer ses salaires et dégager un résultat en fin d’années mais s’il génère des pertes , cela ne signifie pas qu’il est foutu non plus. La résilience à une baisse de revenu est tout aussi importante… Quant à l’état, il n’est pas toujours rassurant, multicéphale, décisions contradictoires, propagandes très intrusives, aberrations, décisions trop lentes et souvent minimalistes ou consensus bizarroïdes….. L’état n’est pas vraiment un modèle, et dans le cas de la France , l’état déficitaire spolie les générations futures mais il lui faut des années pour le comprendre et cela ne le rendra pas meilleur décideur. Il embauche souvent pour acheter les prochaines élections.. mais aussi pour relancer des secteurs jugés stratégiques , mais le bon sens n’est pas souvent là, gâchis de toutes sortes, situations absurdes… Franchement, si vous enlevez la partie “profit à court terme”, votre raisonnement tient la route.. J’aime bien comment vous expliquez que les EnR sont plutôt le fruit d’une volonté collective Vous êtes tranchant (trop?) sur la rentabilité des EnR Les EnR sont rentables mais leur coût est totalement concentré sur le capital ce qui complique leur croissance. En gros , elles ne vous rémunèrent pas un centime avant d’avoir dépensé tout le budget .. (comme les ingés en R&D !) C’est plutôt ça le problème L’éolien amorti s’annonce très rentable mais il faut 15 à 20 ans pour l’amortir, il est donc impossible d’en installer beaucoup sur une période courte. Le résultat est que vous ne pouvez pas esperer “améliorer” sensiblement votre mix avec les EnR dans un délai raisonnable. C’est très progressif et presque imperceptible d’une année sur l’autre. Pourtant ça croît ! Ce qu’on peut attendre des EnR, c’est une amélioration des coûts de fonctionnement, combustible, commerce extérieur, et une relocalisation de l’activité énergie que vous allez retrouver sous forme d’emplois, réduction des déficits sociaux, consommation…

Un invite

Cette découverte est une bonne nouvelle pour l’Egypte. En 2014, la consommation de l’Egypte en gaz naturel a atteint 43,2 millions de TEP, soit 43 milliards de m3 de gaz naturel environ. En 2030, la population Egyptienne dépassera les 130 millions d’habitants et la demande en gaz doublera, par rapport à l’actuelle.Cette découverte assurera à l’Egypte une sécurité énergétique intérieure de 15 ans de consommation. Malheureusement cela ne suffira pas pour sortir l’Egypte du sous développement. D’autres sources de revenus pérennes doivent être trouvées, pour assurer un avenir meilleur à l’Egypte, comme par exemple le canal de Suez, notamment, qui devrait rapporter chaque année 13,2 milliaeds de dollars, à partir de 2030, une fois les problèmes technes et sécuritaires résolus.

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