Les nanobâtonnets d’or sont des photocatalyseurs prometteurs capables d’utiliser l’énergie lumineuse pour entraîner des réactions chimiques, comme la conversion du CO₂ en carburants utilisables ou la production d’hydrogène à partir d’eau. Dans ce processus, les nanobâtonnets agissent comme de minuscules antennes qui capturent la lumière et la convertissent en oscillations collectives de leurs électrons. Au cours de la réaction, les particules peuvent se charger électriquement.
Une équipe de recherche de l’Université de Potsdam, dirigée par le physicien Dr. Wouter Koopman, a désormais, pour la première fois, observé directement comment ce processus de chargement se produit et développé un modèle décrivant les mécanismes sous-jacents. Ces résultats ouvrent la voie au contrôle ciblé des réactions chimiques et des systèmes catalytiques induits par la lumière. À long terme, ces systèmes présentent un large éventail d’applications potentielles – des réacteurs chimiques alimentés par l’énergie solaire aux nouvelles technologies de stockage d’énergie.
Le photochargement est un processus central mais jusque-là insaisissable en photocatalyse avec des particules métalliques à l’échelle nanométrique : sous illumination, une charge excédentaire peut s’accumuler, influençant significativement les propriétés catalytiques. Dans une étude in-situ, l’équipe a pu observer cet effet directement et démontrer que les nanobâtonnets d’or se comportent comme des « condensateurs photochimiques » sous exposition lumineuse : ils stockent des électrons à leur surface. En raison du grand rapport surface/volume, une quantité substantielle de charge peut s’accumuler dans un espace extrêmement réduit, entraînant des changements prononcés de leurs propriétés optiques et chimiques.
« Nous avons pu démontrer directement que la lumière seule suffit à générer des potentiels électriques entre une nanoparticule unique et son environnement », explique le Dr. Felix Stete, premier auteur de l’étude. Lorsque la lumière est absorbée, des paires électron-trou sont créées. Les trous sont transférés aux molécules environnantes – comme l’éthanol – tandis que les électrons restent sur la particule.
« Nos particules se comportent essentiellement comme des électrolyseurs de taille nanométrique, des dispositifs qui séparent l’eau en H2 et O2 à l’aide d’électricité », affirme Wouter Koopman, « sauf qu’ils ne nécessitent pas de source de tension électrique externe. » Ce faisant, les chercheurs fournissent un nouveau cadre physique pour mieux comprendre et optimiser les réactions chimiques induites par la lumière.
Ces travaux ont été réalisés dans le cadre du Centre de Recherche Collaboratif SFB 1636 « Processus élémentaires des réactions induites par la lumière sur des métaux à l’échelle nanométrique », financé par la Fondation allemande pour la recherche (DFG).
Article : Capacitive photocharging of gold nanorods – Journal : Nature Communications – DOI : Lien vers l’étude
Source : Postdam U.











