Une étude récente publiée dans Physical Review Letters et menée par des chercheurs du EHU, du Materials Physics Center, de nanoGUNE et du DIPC présente une approche révolutionnaire pour la conversion de l’énergie solaire et la spintronique. Ce travail s’attaque à une limitation de longue date de l’effet photovoltaïque de volume — la nécessité de cristaux non centrosymétriques — en démontrant que même des matériaux parfaitement symétriques peuvent générer des photocurrents significatives grâce aux états électroniques de surface conçus. Cette découverte ouvre de nouvelles voies pour concevoir des systèmes de conversion lumière-électricité efficaces et des dispositifs spintroniques ultrarapides.
Les cellules solaires conventionnelles reposent sur des interfaces soigneusement conçues, telles que les jonctions p–n, pour transformer la lumière en électricité. Un mécanisme plus exotique — l’effet photovoltaïque de volume — peut générer un courant électrique directement dans un matériau sans de telles jonctions, mais seulement si sa structure cristalline manque de symétrie d’inversion. Cette exigence stricte a longtemps restreint la recherche de matériaux pratiques. Dans cette nouvelle étude, un groupe de chercheurs démontre que cette limitation peut être surmontée : même des matériaux parfaitement symétriques peuvent produire des photocurrents considérables grâce aux états électroniques spéciaux qui se forment naturellement à leurs surfaces.
En utilisant des calculs de premiers principes, nous montrons que les surfaces des métaux et semi-conducteurs avec une forte interaction spin-orbite relativiste peuvent héberger des états électroniques qui se comportent très différemment de ceux de la masse. Ces états de surface brisent localement la symétrie d’inversion et répondent non linéairement à la lumière, donnant lieu à des courants de charge robustes et, remarquablement, à des courants de spin purs polarisés circulant le long de la surface. Après avoir étalonné le mécanisme sur la surface bien connue Au(111), nous avons identifié Tl/Si(111) comme une plateforme matérielle idéale, prédisant des photocurrents comparables à celles des ferroélectriques de pointe ainsi que des signatures expérimentales claires pour la détection.
Les résultats révèlent une nouvelle stratégie pour la conversion lumière-électricité : au lieu de rechercher des cristaux non centrosymétriques complexes, les scientifiques peuvent « ingénier » des photocurrents en ajustant la structure électronique de surface de matériaux autrement symétriques. Au-delà de la récolte d’énergie, la capacité à générer et contrôler des courants de spin avec la lumière — sans aimants ni tensions appliquées — ouvre des opportunités prometteuses pour les dispositifs spintroniques ultrarapides et à faible consommation.
Journal : Physical Review Letters – DOI : Lien vers l’étude
Source : Elhuyar Fundazioa












