Pics de consommation: haro sur le chauffage électrique

Face aux records de consommation électrique enregistrés cette semaine, des voix s’élèvent pour porter la responsabilité de ces pics sur l’important taux d’équipement en chauffage électrique des français.

"L’exception française, qui réside dans un très important pourcentage de chauffages électriques, coûte très cher d’un point de vue environnemental, économique et social", pointe le Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER).

Greenpeace chiffre cette part du chauffage à "10 % de la consommation globale d’électricité [en France]". "80 % des constructions neuves sont aujourd’hui équipées en chauffage électrique", ajoute l’ONG.

Du côté des Verts, on met en cause le modèle nucléaire français : "pour consommer la surproduction électrique d’EDF, le chauffage électrique a été implanté massivement en France", estime le parti.

Pour les associations écologistes, le chauffage est directement responsable des pics de demande lors des périodes de froid : "Les jours de grand froid, la demande dépasse l’offre et il faut faire appel aux vieilles centrales au fioul d’EDF et importer du courant d’Allemagne, championne des centrales à charbon", expliquent les Vetrs. S’appuyant sur une étude à paraître prochainement, Greenpeace en évalue l’impact environnemental : "le contenu en CO2 du chauffage électrique approche les 600 g de CO2 pour tout kWh supplémentaire, contre 230 g par kWh pour le gaz, par exemple."

Dans un entretien au Parisien, le PDG d’EDF dément ces accusations : "Les pics actuels de consommation ne viennent pas du chauffage électrique chez les particuliers mais de l’usage d’appareils électroménagers" affirme-t-il.

Le CLER en demande la preuve, et réclame la "publication de statistiques précises sur les consommations liées au chauffage électrique et […] la réalisation d’études sur ses conséquences environnementales, économiques et sociales". Le Comité de Liaison qui en profite pour rappeler que les pompes à chaleur ne sont toujours synonymes d’économie d’énergie : "leurs performances en période froide sont aussi mauvaises que celles du chauffage électrique direct", rappelle-t-il.

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lion

Depuis le début de cette semaine, nous battons auusi les records de consommation de gaz, alors haro sur le chauffage au gaz?

lion

Depuis le début de cette semaine, nous battons aussi les records de consommation de gaz, alors haro sur le chauffage au gaz?

pasnaif

Le moins éduqué des français voit de lui même, en comparant les courbes RTE de puisance appellée sur le réseau électrique, que le chauffage électrique des immeubles et particuliers n’est pour rien dans les pics: En effet comparons les courbes d’hier à celle de demain samedi: En gros le même froid glacial – donc tous les chauffages électriques à fond (moyen principal de chaufage) qui pompent régulièrement 24h/24  n’affectent que la “base”, c’est à dire sont inclus dans le creux de 4h du matin (conjointement avec l’éclairage public, l’industrie alimentaire (frigos) et les usines au ralenti –  mais en jour ouvrable on remarque le boom de 7h à 12h dû uniquement aux bureaux et écoles se chauffant électriquement car les commerces et supermarchés ne fonctionnant qu’à l’électricité sont AUSSI 100% actifs le samedi. CQFD.En comparant deux jours de semaine proches l’un “avec écoles” et l’autre “en vacances” on aura le poids de l’Education Nationale. Mais qui peut critiquer le chauffage de nos bambins?Enfin pour enterrer Greenpeace sous un éclat de rire général, qui va croire que les français ne se chauffent qu’à 19h et 23heures? Eh oui, ce sont les pointes sur le réseau dues esentiellement aux consommations individuelles (cuisine, retour à la maison, PC, TV etc). Ah, ces Greepeace se dégradent chaque année, ils étaient plus crédibles il y a 20ans !!!!

Petar91

“19h et 23heures? Eh oui, ce sont les pointes sur le réseau dues esentiellement aux consommations individuelles (cuisine, retour à la maison, PC, TV etc). Ah, ces Greepeace se dégradent chaque année, ils étaient plus crédibles il y a 20ans !!!!”A verifier, les gens rentrent du travail et allument donc leurs chauffage (en imaginant que la plupart utilise un thermostat d’ambiance programmable ou non). D’ou le pic de consommation. L’electromenager ne onsomme pas autant que le chauffage electrique, et on attend pas d’etre en hiver pour s’en servir. Le chauffage reste donc l’element majeur du pic de cette période de froid.  Qui plus est cette période de grand froid ne doit pas aider a faire tourner les centrale hydroliques lorsque les lacs sont gelés…

Dan1

Je ne vais pas revenir sur le contenu en CO2 du chauffage électrique que j’ai largement développé par ailleurs. Je voudrais simplement souligner le fait qu’on nous ressort encore les fameux 600 g/kWh qui n’ont aucune signification présente et que d’aileurs l’ADEME ne cautionne plus.  Je rappelle, qu’au plus fort du pic, et en faisant l’hypothèse très improbable que tout ce qui est consommé hors hydraulique et nucléaire (20 %) faisait 1000 g/kWh, à 19h00 le 05 janvier nous étions péniblement à 200 g/kWh.Ce qui est plus grave, c’est que cette désinformation et propagande est relayée par l’industrie gazière nationale. Je reprends ci-dessous la fin d’un commentaire que j’ai posté dans l’article : « Pompes à chaleur : l’Ademe fait le point » publié le 03 décembre 2008. Trouvez-vous normal que l’on dise et écrive que le chauffage électrique est presque trois fois plus émetteur de CO2 que le chauffage au gaz et encore deux fois plus que le fioul ! Alors que l’ADEME le met maintenant à égalité avec le gaz en bilan CO2. Encourager le chauffage au fioul, c’est bon pour la planète, où est-ce un mensonge intéressé ?     Je redonne les liens vers GDF-SUEZ : … ression/16Lien vers l’association française du gaz : … Giraud.pdf

Bombom

Je me demande pourquoi, en cette semaine si particulère, le débat se focalise sur les pointes de 19h. Les courbes montrent que la production hydroélectrique arrive ban an mal an à encaisser le choc.Il faut donc d’intéresser à la quantité globale d’énergie demandée sur la journée. Et là il est incontestable que plus il y a de chauffage électrique plus il y a de consommation électrique.Je ne connais rien aux interconnections France-étranger mais j’ai cru comprendre que la France exportait de moins en moins d’élec. Je demande à être convaincu du fait qu’il ne faut pas raisonner à l’échelle européenne (ou au moins France-Allemagne-Suisse), échelle à laquelle il me semble qu’un kWh de plus, surtout en hiver, est d’origine fossile, donc plus de deux fois plus émetteur qu’un kWh gaz.J’ai donc tendance à adhérer complétement au discours de Greenpeace and co.

Jerome

A en croire les politiques, le chauffage est un poste qui ne consomme rien ! Alors que c’est bien le contraire et que c’est aussi pour cela qu’ils ont pousé à l’extrême l’aberration du chauffage électrique pour justifier l’une des énergie les plus sales… le nucléaire.Normalement avec un peu de bon sens, l’habitat devrait être quasi passif concernant les besoins en chauffage et refroidissement. Un logement qui ne coute pas en frais d’exploitation n’intéresse pas les “puissants” car où trouveraient-ils leur argent… C’est le même pb concernant la maîtrise de la prolifération des vehicules particuliers et des moteurs qui loin d’être économiques brûlent la quasi totalité de leur carburant pour déplacer le véhicule et non les passagers…Peut être un jour les politiques serviront la collectivité dans leurs choix “stratégiques” mais ce ne sera surement pas encore pour 2009.

Dan1

Essayez également d’adhérer à la vérité démontrée, vous verrez, c’est pas mal non plus ! Cela évite de finir par se mentir à soi-même. Comment arrivez-vous à 600 g de CO2 pour le chauffage, même lors d’un record de consommation et même avec des importations extrêmement polluante. Exposez-moi vos calculs.Pour y arriver, il faut tordre la vérité et admettre dans le même temps que des utilisations type télévision, pourtant très liées aux pointes, consomme moins de CO2/kWh que la moyenne journalière, ce qui est un comble et qui est démenti par l’étude REMODECE.Le contenu en CO2 du kWh est le sujet d’enjeux politiques et commerciaux qui se drapent de vertu  écologique. D’autres part, si le contenu en CO2 du chauffage électrique français est aussi polluant à cause des importations d’électricité des pays voisins, il faudrait peut être dépenser son énergie à réduire le CO2 du kWh des pays voisins au lieu de lutter contre un pays qui est très peu émetteur. Je rappelle qu’en fermant une ou deux grosses centrales électriques européenne au lignite (je vous le choix en Allemagne, en Pologne Belchatow par exemple), on réduirait les émissions d’un montant égal à ce que la France émet en une année pour produire plus de 500 TWh, et ce faisant vous n’aurez amputé la production électrique européenne que d’une trentaine de TWh. Alors on peut toujours amuser la galerie avec le contenu en CO2 du chauffage électrique français, mais cela veut dire que l’on renonce à s’occuper des vrais gros problèmes !Je répète ma question : comment trouvez-vous 600 g de CO2 pour le chauffage électrique, en raisonnant sur la totalité de la journée le 07 janvier 2009 ?Enfin, pouvez vous me dire pourquoi ce discours est repris en coeur par l’industrie gazière ? C’est pour sauver la planète ?

Nature

Dans ces circonstances de forte consommation éléctrique on constate l’inanité de l’apport éolien,dont on aimerait connaître la réalité en date et en heure.Mais il semble évident qu’une bonne part de la solution se trouve dans l’isolation thermique,elle aussi facteur d’apport économique et d’une logique absolue.Il y a une quinzaine d’années j’avais découvert le triple vitrage à 200 km au nord du cercle polaire,le confort surprenait les bons français enfermés dans leur routine.

Reivilo

 Nature, tout à fait d’accord sur l’isolation qui s’inscrit dans la bonne démarche globale :1 sobriété  – conscience individuelle et comportement – c’est la base de tout le reste2 efficacité –  production et consommation efficace – c’est de la technologie par exemple triple vitrage. C’est aussi la performance des équipements (rendement) – contre-exemples en production centrales thermiques sans cogénération (35%), en consommation lampes à incandescence (10%), évidemment chauffage électrique qui fait au mieux du 35 sur le cycle complet…3 renouvelables – parce que même en étant très bon sur 1 et 2 il faut toujours de l’énergie consommable moins vite que la ressource ne se renouvelle si on veut que ça dure. Donc vent, soleil, eau, biomasse gérée. Et sortie rapide de notre dépendance aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz, uranium) par définition non durables et par nature polluantes.Ca s’appelle negaWatt et je trouve que ça tient assez bien la route.Pour info selon RTE l’énergie éolienne à permis de fournir 800 MW de puissance le 6 janvier et 1 000 MW le 7 au moment du pic de consommation (communiqué du SER). Toujours ça d’évité en recours à de la centrale à flamme.

Emilou

Le Comité de Liaison qui en profite pour rappeler que les pompes à chaleur ne sont toujours synonymes d’économie d’énergie : “leurs performances en période froide sont aussi mauvaises que celles du chauffage électrique direct”, rappelle-t-il.Il faudrait préciser qu’ils parlent des PAC air-air , car les PAC eau-eau avec captage en sous-sol ont toujours un COP de 3-4 même par temps froid.

Startijenn

Pour répondre aux questions de Dan1 sur la forte production de CO2 liée au fonctionnement des centrales thermiques, je relaye les propos de Reivilo sur le scénario Néga Watts. Dans le lvre “La Maison des Néga Watts” cela est bien expliqué. Nous pouvons voir à la page 53 le chiffre de 950 g de CO2 produits par kWh électrique produit par les centrales à énergie fossiles en France. Ces centrales électriques au fioul, ou au gaz ou au charbon n’ont un rendement de 30 à 35% de fourniture d’énergie finale par rapport à l’énergie primaire consommée. Alors qu’une simple chaudière individuelle (dans l’habitation) au fioul ou au gaz atteint au moins 85% de rendement. Tu peux aussi voir ici une des raison de la pression commerciale exercée par le lobby gazier.

Remy

je veux bien croire que le chauffage électrique n’est pas le seul responsable de la pointe et que les appareils électroménagers sont des vilains méchants mais si  leur consommation ne se cumulait pas à l’appel de puissance déjà occasionné par le chauffage électrique, on entendrait même pas parler de la pointe. D’ailleurs, en dehors de l’hiver, vous en entendez parler de la pointe ?Juste un chiffre tiré du bilan RTE 2007, secteur consommation des professionnels et particuliers : août 10.800 GWh, janvier 21.371. La différence c’est quoi ? y’aurait pas un peu de chauffage électrique là dedans ?Le problème c’est que pendant des décénies, EDF et l’état nous ont vendu à grand renfort de pub, du chauffage, de l’eau chaude, de la cuisson et autres “confort” électriques qui occasionnent des pics et maintenant on fait appel au civisme des usagers pour qu’ils réduisent leurs conso. De qui se moque-ton dans ce pays ?

stef.baly

“les pics ne viennent pas du chauffage électrique mais de l’usage d’appareils electroménagers”. C’est vraiment nous prendre pour des cons !… Comme si l’hiver je faisais tourner 3 fois plus mon lave-vaisselle que l’été !…Sur l’analyse de la ventilation des consommations dans un ménage, je vous invite à consulter :’est fou comme le nucléaire plombe le débat en France. Hélas, il faut bien faire le constat que 30 ans d’aveuglement dans une seule et unique technologie et nous a pas sauvé !Sardou chantait “ils ont du pétrole, on a des idées”. J’ai surtout l’impression qu’on a eu une seule et unique idée qu’on essaye sans trop de succès de refiler partout !…Stef

larsais

Certainement le chauffage électrique a sa part de responsabilité dans les pointes de consommation en période de froid.Pour deux raisons principales : d’abord l’utilisation de chauffages “d’appoint”, que l’on met pour compenser un chauffage de base calculé un peu tro juste ( problème de l’investissement initial)Ensuite par la perte simultanée du phénomène de foisonnement des consommations. Pourquoi, parcequ’en fonctionnement normal, les convecteurs commandés par thermostat se coupent lorsque la température de consigne est atteinte et se remettent en service un peu après. On calcule le foisonnement autour de 20%. Mais lorsque la puissance du dit convecteur ne suffit plus pour atteindre la température souhaitée, il fonctionne en permanence. Et si cela s’applique a un logement, c’est aussi valable pour un village, une ville … le pays en entier.On oublie aussi les avantages apportés par le chauffage à l’électricité lancé dans les années 70. Bien sur EDF se devait de rentabiliser ses centrales toutes neuves, mais c’est avec le chauffage électrique qu’est apparu en France l’isolation thermique des logements, avant cela n’existait pas.Autre corolaire la disparition des pluies acides produites par les fumées soufrée des poëles à fuel. Personne ne se souvient de l’inquiétude des propriétaires qui devaient refaires leurs toitures en zinc.La dérive, due à la fois à la facilité d’installer un “petit convecteur pas cher”, et  d’avoir trop peu investi dans l’isolation des logements( quels qu’ils soient,) nous conduit aux situations actuelles qu’il faudra bien prendre en compte. Maintenant, il va falloir investir dans les isolations.   http://www.chauffage-pratique.com Jacques Carles.

Dan1

Pour Emilou : Je suis tout à fait d’accord sur le distinguo qu’il faut faire entre PAC géothermique et aérothermique. Le handicap des PAC aérothermiques, même les meilleurs, est d’avoir un rendement qui se dégrade quand la température baisse, en clair : quand on a on a besoin de beaucoup de chaleur, le rendement est médiocre. Pour conserver un rendement acceptable, il faut de plus utiliser un chauffage à basse température. Ce défaut n’existe pas ou est très atténué avec les systèmes géothermiques horizontaux et quasi inexistant avec les sondes sur forage. De plus, dès que l’on descend un peu en profondeur, 1 mètre ou 2, on obtient déjà un déphasage de l’abaissement de température qui fait qu’en début de saison de chauffe le rendement reste bon, même avec des coups de froid important. Pour celui qui peut installer une PAC géothermique qui conserve un COP supérieur à 3 au mois de janvier, la PAC est une bonne chose.En revanche, je suis très critique vis-à-vis de tous ces commerciaux qui démarchent par téléphone pour vendre des climatiseurs réversibles. Là, c’est sûr qu’il y a du ménage à faire, car leur souci premier n’est pas le confort du client et le sauvetage de la planète ? Mais enfin tant qu’il y a de l’argent à faire facilement et rapidement… et des centres d’appel performants !

Dan1

Pour Startijenn : Cela fait déjà quelques mois que j’ai exposé la problématique du contenu en CO2 du kWh sur Enerzine. Cherchez bien vous y trouverez toutes les références qui vous intéressent et que vous connaissez déjà peut être. Vous y trouverez aussi de très long développement sur l’énergie primaire et finale. Donc rien sur le contenu et le rendement des centrales thermiques. Je connais par ailleurs le rendement des chaudières au gaz, car j’en ai une à la maison qui fonctionne très bien. J’ai par ailleurs aussi longuement exposé mes réticences vis à vis du scénario Négawatt qui prévoit la sortie du nucléaire et 164 TWh électrique en 2030 à partir du gaz. Voilà, maintenant je réitère ma question : est que quelqu’un est capable de me démontrer que le contenu en CO2 du chauffage électrique à atteint 600 g/kWh ces derniers jours en France.J’attends également toujours une réponse sur pourquoi l’industrie gazière soutient ce genre de mensonge ?

christian

Sans vouloir ajouter de confusion à la discussion, j’aimerai souligner que les records de 91 GW sont dénués de sens : forcément on bat des records, puisque la population augmente !Peut-être ceux qui ont les chiffres ici peuvent distinguer ce qui est le secteur résidentiel (qui est proportionnel à la population) et les autres secteurs (qui fonctionnent aussi pour l’export, et sont décorrélés de la population).J’aimerai bien, un jour, voir ramené à 1 habitant toutes ces grandeurs de consommations électriques, d’émissions etc…Comme ça, si on fait des progrès en termes d’économies, ou en terme de transfert d’une source vers une autre, on le saura clairement ! Et pareil à l’échelle européenne. Car après tout, on peut aussi assez facilement (mais est-ce juste ?) imaginer que les Allemands/Espagnols nous revendent ce qu’ils ne consomment pas à cause de la dénatalité… Et que ça se voit particulièrement en hiver quand la part du résidentiel grandit et prend le pas sur les autres secteurs, qui ne sont pas saisonniers (sauf en temps de crise et de chômage technique dans l’industrie, ok).Enfin, une suggestion : le tarif heures pleines/creuses est uniforme-synchrone sur le territoire (à ma connaissance). Pourtant, il y a une heure de décalage entre Strasbourg et Brest, et culturellement, on dîne plus tôt dans l’est, plus tard dans le sud. Pourquoi ne pas décaler les tarifs dans le temps selon la géographie ? Ca étalerait le pic, en réduisant sa hauteur me semble-t-il… 

marius76

Pour Dan1, bmd (et d’autres…)les émissions de CO2 se comptent sur les cheminées où il est émis, et pas ailleurs. Vouloir affecter un contenu en CO2 pour les usages finaux d’électricité relève de la gageure : il n’y a aucune relation physique entre productions et consommations (puisque le réseau mutualise l’ensemble), et on est obligé de se livrer à des spéculations purement intellectuelles pour en inventer. Du coup, tout le monde y va de la sienne : certains sont de farouches partisans du contenu moyen, d’autres du contenu marginal…Dan1 nous invite à diviser les tonnes de CO2 émises par les centrales françaises par les kWh consommés en France, pour qu’on se rende compte que, bon, ça fait un plus les jours froids, mais tout compte fait ça reste quand même raisonnable… Mais je me pose une question : pourquoi ma consommation d’électricité, qui n’augmente pas les jours froids, se voit-elle attribuer un contenu plus important ces jours-là ? En quoi en suis-je responsable ? Le contenu moyen, c’est un procédé qui permet à ceux qui ont eu l’intelligence (ou la chance ? les électriciens allemands auraient bien aimé avoir un peu plus de nucléaire) de développer une production bas carbone de ne pas se poser de question sur la pertinence des usages énergétiques qu’ils veulent développer : même un mauvais usage sera noyé dans la masse (surtout si on ne compte que le CO2 émis en France, et qu’on importe l’électricité !) ; et en plus, c’est bon pour le business : on peut faire tourner plus longtemps ses centrales charbons, réactiver celles au fioul,…Parce qu’en fin de compte, c’est bien à ça qu’on a assisté ces dernières années : plusieurs centaines de milliers de ménages ont opté pour le chauffage électrique (ce n’est pas du tout mon intention de les culpabiliser : quand on vous fait miroiter que le prix de l’électricité n’augmentera pas, et que tous les experts – français plus particulièrement – vous disent que le pétrole va être à 100, 150, 200 dollars le baril, il est difficile de résister). Et que voit-on face à ça coté production ? des CCG, des réactivations de fioul, des TAC – et quand même un peu de décarboné avec l”éolien ; mais pour les reste ? on aurait du avoir un EPR (en Finlande) cette année, il faudra encore attendre un peu ; en France, ce ne sera pas avant 2012 (et encore…). Et donc, pendant des années et des années, tous ces gens qui ont choisi de se chauffer à l’électricité ces dernières années vont faire davantage tourner les centrales émettrices de CO2. Ce sont les kWh consommés par ceux-ci (et pas tous les consommateurs d’électricité) qui ont un contenu en CO2 de 500 ou 600 g. Voila ce que recouvre le ‘contenu marginal’.Ceci vaut d’ailleurs pour tous les usages de l’électricité ou presque, pas seulement le chauffage. Mais la différence avec les autres usages, c’est qu’en matière de chauffage, on pourrait avoir le même service rendu en émettant moins de CO2 avec du gaz (même en supposant qu’un logement chauffé à l’électricité est mieux isolé, on consommerait 1,5 ou 2 kWh de gaz – soit 300 ou 400 g de CO2 – là où on consomme 1 kWh électrique – soit 500 ou 600 g de CO2). Pour des usages performants de l’électricité (les moteurs, les fours et tables de cuisson à induction,…), où 1 kWh électrique remplace 3 ou 4 kWh de gaz ou de gazole, le bilan CO2, même en marginal, même avec le parc de production d’électricité d’aujourd’hui, est favorable à l’électricité : ces usages là méritent d’être promus.L’urgence, c’est de développer la production décarbonée (et / ou la maîtrise d”énergie : réduire la consommation d’énergie pour un même service rendu équivaut à une production d’énergie non carbonée), pour d’abord réduire les durées de fonctionnement des centrales au charbon, et satisfaire les usages performants de l’électricité. Quand il y aura 70 ou 80% de la production électrique européenne décarbonée, alors on pourra penser à développer le chauffage ; mais ça prendra bien un temps équivalent à la durée de vie d’

Dan1

Votre raisonnement trouve ses limites dans les chiffres publiés par RTE en 2007. Je reprends ci dessous, une partie de l’argumentaire développé dans l’article : La B Zero de Bolloré une électrique prometteuse » publié le 17 octobre 2008. Début de citation : L’argumentaire complet a déjà été développé dans les commentaires de l’article : « Des hydroliennes en France au large de Paimpol en 2011 » publié le 16 juillet 2008. Simplement une conclusion : si vous imputez 600 g de CO2 au chauffage électrique qui consomme 65 TWh par an, vous lui imputez au total 39 millions de tonnes de CO2 par an. Or, en 2007, les centrales thermiques fossiles ont produit en moyenne 6 TWh par mois d’octobre à avril (période de chauffage) et quand même 2,6 TWh par mois de mai à septembre (on doit pas chauffer beaucoup), le différentiel mensuel hiver/été est donc de 6 – 2,6 = 3,4 TWh par mois éventuellement attribuable au chauffage électrique. Sur 7 mois cela donne = 23,8 TWh. Cela veut dire que 65 – 23,8 = 41,2 TWh sont produits par autre chose que les centrales thermiques (nucléaire, hydraulique ou autre EnR). Dans ces conditions, les émissions de CO2 ne pourraient en aucun cas dépasser : 206 000 tonnes pour les 41,2 TWh (5 g/TWh) + 23,7 millions de tonnes pour les 23,8 TWh (production intégralement charbon à 995 g/kWh) soit au total = 23,9 Mt pour 65 TWh ou 368 gCO2/kWh. Si vous avez dépensé tout le CO2 français émis par les centrales électriques (39 millions de tonnes par an) pour l’affecter au chauffage électrique, il ne vous reste plus rien à affecter aux autres applications (principe d’additivité et la raison du 180 g CO2/kWh). Alors, vous êtes obligé de conclure que les produits bruns sont alimentés au nucléaire et à l’hydraulique avec environ 5g de CO2/kWh et qu’ils ne participent nullement aux appels de puissance en pointe où l’on démarre les centrales à gaz TAC et centrales à fuel et autres moyens pas neutres en CO2. Si vous admettez que le chauffage électrique émet 368 g/kWh, c’est mieux car il vous reste 15 millions de tonnes de CO 2 à affecter aux autres applications, mais cela reste très insuffisant. Si vous admettez que le chauffage électrique émet 180 g de CO2 / kWh vous pouvez alors affecter 100 g à l’éclairage (tout de même assez saisonnier) et 60 g aux usages intermittents pour une moyenne française d’environ 75 g de CO2 par kWh (42 g pour EDF seul). Même avec 180 g, vous êtes obligé de dire que les usages intermittents émettent moins de CO2 que la moyenne nationale toute utilisation confondues, ce qui est tout de même assez surprenant. Comment pouvez vous affirmer que 600 g est le reflet de la situation actuelle alors que ce résultat est issu d’une approche marginale qui, selon la note ADEME-RTE du 08 octobre 2007, ne peut s’appliquer qu’à l’avenir, je cite : « L’approche marginale cherche en priorité à évaluer les conséquences de décisions qui peuvent être prises au cours des années à venir. » en revanche, la première méthode donnant 180g et intitulé « contenu moyen par usage sur la base de l’historique » est sensée refléter le passé et le présent ? Fin de citation. Je suis bien d’accord avec vous, dès que l’on commence à bricoler les chiffres pour définir des contenus en CO2 par usage, on lance la polémique. Ceci dit, ce contenu en CO2 par usage est beaucoup plus politique que physique. En final, il y a la France qui émet environ 35 millions de tonnes de CO2 pour produire un peu plus de 500 TWh et l’Allemagne qui émet environ 400 millions de tonnes de CO2 pour 600 TWh d’électricité. En plus de cela n’empêche la France et l’Allemagne d’émettre aussi du CO2 avec le chauffage au gaz ! Et si on supprime le chauffage électrique en France, on aura encore des centrales thermiques et du CO2 et si on fait le scénario Négawatt, on aura moins d’électricité (433 TWh) mais quand même 164 TWh au gaz en 2030 qui émettront environ 60 milllions de tonnes de CO2, c’est à dire 25 de plus qu’aujourd’hui !  Le climat lui ne fait de calcul par usage, il encaisse le total.

marius76

Je sors du bois et donne une illustration de la méthode que j’avais esquissé mardi dernier. Selon les chiffres de RTE, le 19 décembre 2007 (jour de consommation maximale de l’hiver 2007/2008), on a eu :- consommation : 1931 GWh- production nucléaire : 1372 GWh / charbon : 133 GWh / fioul : 41 GWh / hydrau : 165 GWh- échanges : import de 66 GWhLe 7 décembre avait été nettement plus doux :- consommation : 1508 GWh- production nucléaire : 1228 GWh / charbon : 119 GWh / fioul : 0,1 GWh / hydrau : 161 GWh- échanges : export de 137 GWhLes 423 GWh de consommation supplémentaires du 19 ont été couverts par : 144 GWh de nucléaire, 14 de charbon, 41 de fioul, d d’hydraulique, et 203 d’exports en moins, c’est à dire 203 GWh de production de plus faite à l’étranger. L’augmentation de production nucléaire n’est certainement pas totalement imputable à la hausse de consommation, mais à la disponibilité : s’il avait fait froid le 7 décembre, EdF n’aurait vraisemblablement pas pu fournir 1372 GWh de nucléaire ce jour-là. Quant à la production étrangère, je ne sais pas précisément de quoi elle a été faite, mais j’imagine que c’est à partir de fioul, de charbon et de gaz (ou peut-être de l’hydraulique suisse ou italien, mais, les apports en eau étant ce qu’ils sont, tout ce qui est turbiné un jour donné ne pourra pas l’être dans les jours ou les semaines qui suivent, et devra être alors compensé par du thermique). En prenant un contenu moyen de 650 g par kWh pour la production étrangère (moyenne gaz et charbon) et de 900 g pour les centrales charbon et fioul françaises, j’arrive à un total d’émissions de 180.000 t supplémentaires le 19 décembre pour satisfaire les 423 GWh de surcroît de consommation du chauffage. Si les logements avaient été chauffé au gaz, on aurait consommé 600 à 800 GWh de gaz en plus (pour tenir de la meilleur isolation des logements chauffés à l’électricité, et des pertes par la cheminée), qui auraient généré 120 à 160.000 t de CO2.On peut aussi prendre un autre jour doux : le 22 janvier 2008. Par rapport au 19 décembre 2007, l’écart de consommation est de 356 GWh, couverts par 93 GWh de nucléaire (la disponibilité était plus proche entre ces 2 jours), 30 GWh de charbon, 32 GWh de fioul, et 233 GWh de production étrangère en plus ; au total, avec les mêmes conventions de calcul, les 356 GWh supplémentaires du 19 décembre ont provoqué l’émission de 207.000 t de CO2. Avec du chauffage au gaz, on aurait eu 100 à 140.000 tonnes seulement.Bien sur, avec le chauffage électrique, la plus grande partie de ces émissions ont lieu hors de France, ce qui remplit de fierté nos comptables nationaux. Mais le climat lui ne fait de calcul par pays, il encaisse le total.

stef

Dan, comme à chaque fois votre critique du scénario Negawatt est de dire qu’il prévoit 160 TWh de gaz en 2030. Et ce pour l’électricité. Vous ne regardez que la production d’électricité en occultant le reste. Il ne faut pas regarder uniquement les émissions dues à l’électricité, mais bien les émissions globales du pays. Sinon on ne peut pas comparer deux scénarios, un qui privilégierait le tout électrque (chauffage, transport, …) et un qui chercherait d’autres vecteurs énergétiques.Et donc si on regarde l’ensemble des émissions prévues dans Negawatt, on arrive bel et bien à un facteur 4 en 2050. Mais sans le nucléaire, ce qui est en fait pour vous le véritable défaut de ce scénario…

Django

Evidemment  , le scénario  négawatt  est  “sans le nucléaire”  … Ou  comment Greenpeace  et  consort  voudraient  imposer   à  la  planète  entière ” Leur  mode  de vie  à  eux ” (s ‘ il le pouvaient) au  détriment  de  l ‘ avis  de  tous  ceux  qui  refusent  de penser comme eux .  Ils  voudraient  (s ‘ il le pouvaient) décider  pour tout  le monde ;de l ‘ avenir commun  de  l ‘humanité  .  Sauf  que  ce scénrio  “négawatt” n ‘est  que la projection  abusive de  leur idéologie  qu ‘ ils voudraient  imposer  comme “vérité” à  tous les  autres  .  Cela  sera  bien  entendu à  l ‘ avenir  laissé  aux  orties  et  c ‘ est  tant mieux !!!

stef

Voici un commentaire très constructif… Pourquoi faites vous le lien entre Greenpeace et Negawatt ? Quel est le rapport ?Et Greenpeace ne veut pas “imposer” son mode de vie à la planète entière, mais tire la sonnette d’alarme sur des sujets sensibles, qui de son point de vie mérite réflexion. Ca a aumoins le mérite d’ouvrir le débat sur des questions environnementales. Sans les ONG les politiques n’auraient jamais pris conscience (pour peu qu’ils en aient pris conscience…) de certains problèmes environnementaux.Et pour l’instant ce ne sont pas les ONG qui imposent leur moded e vie à la terre entière, mais plutôt les politiques accompagnés de tous leurs lobbys industriels. Rappelons tout de même que pour les ONG, défendre l’environnement n’a pas pour but d’engendrer des profits. Alors que pour les industriels, c’est bel et bien en polluant qu’ils récoltent de l’argent…

Django

Et  surtout   Greenpeace   qui   fait  pleinement  parti   de  la  mouvance  Alter-mondialistequi  a  des  projets  politiques . Greenpeace  est  aussi  devenu   sous  pretexte  de  tiré  la sonnette d’alarme sur des sujets sensibles( qui de son point de vie mérite réflexion) une   machine  à  faire  du  Fric   tout  azimut   .  Et  les ” greenpeacistes”  ne  considèrentun  commentaire  comme  constructif  que  lorsqu’  il  va    dans   le   sens  de  leurs  idées .Et  toutes   ces  ONG    écolos-altermondialistes  veulent  vraiment   imposer   à  la  planète  entière ” leur  mode  de vie  à  eux ” (s ‘ il le pouvaient) au  détriment  de  l ‘ avis  de  tous  ceux  qui  refusent  de penser comme eux .  Il  suffit   de   fréquenter  leurs   milieux associatifs  et  leurs  sites  internet  pour  le  vérifier  facilement  car  la  plupart  d’ entre eux  le  revendique  sans  complexe  contrairement  à  une  petite  minorité  hypocrite qui s ‘ imagine  bêtement  pouvoir  cacher  ces  projets   politiques (comme  si ça  permettaitd ‘ avancer sournoisement  plus vite) .Et  les  politiques  énergétiques  sont  considérés  comme  des  cibles   ultra-prioritaires  d’ où  ce  bellicisme  fanatique  des  ONG   écolos-altermondialistes   pathologiquement  et  politiquement   anti-nucléaires !!!

Dan1

Pour marius76 : Votre méthode est intéressante, et les informations sont justes, mais cette méthode présente deux biais évidents qui invalident la comparaison sur l’année : 1) Vous mélangez des informations de flux « physiques » et des informations de flux  « contractuels ». Or cela est incompatible car les échanges physiques et contractuels ne correspondent pas. 2) Vous fixez une référence relative qui ne permet pas de connaître exactement la part du chauffage électrique dans le nombre de MW appelé. On ne peut donc en déduire, un contenu global sur l’ensemble de la période de chauffage.     Pour ceux que cela intéresse, je donne les liens directs de la source des informations sur le site de RTE (télécharger les fichiers ZIP 2007 en bas de chaque page) : Consommation 2007, Historique des consommations journalières en puissance : Production 2007  : Echanges 2007, bilan journalier import/export (télécharger le fichier ZIP 2007 en bas de page) :   Maintenant, testons sur l’année la méthode qui se base sur les échanges contractuels. 1) méthode physico-contractuelle « import-export » : Si on prend pour référence les échanges contractuels avec l’étranger, on en déduit logiquement que lorsque nous sommes exportateurs, nous sommes a fortiori autosuffisants, dans ce cas, le contenu en CO2 du kWh est déterminé intégralement par la production française. Les exportations font en revanche abaisser le contenu en CO2 des autres pays européens, notamment l’Allemagne. A contrario, si nous sommes importateurs, il faut prendre en compte le CO2 des importations (même si cela est contraire aux conventions de Kyoto qui imputent le CO2 au producteur), bien que cela entraîne une double comptabilité !).    Après analyse des données, on voit que la France présente globalement, en 2007 un solde exportateur de 56,1 TWh. Sur 365 jours, elle n’est importatrice nette que 17 jours (du 13 au 21 novembre, le 29 novembre, 13 et 14 décembre et enfin du 17 au 21 décembre). Si, pour chaque jour de l’année, on calcule le contenu en CO2 moyen de la production française, on ne dépasse jamais 104 g/kWh. On est loin des 600 g, mais il s’agit d’un contenu moyen sans les importations des 17 jours. Ces importations contractuelles représentent 738 GWh auxquelles on va imputer vos 650 g de CO2 (il y a peut être des éoliennes allemandes et espagnoles et des centrales à gaz, voire de l’hydraulique suisse et… du nucléaire allemand !). Au total je rajoute 480 000 tonnes de CO2 aux 2,41 millions de tonnes de la production françaises. Cela veut dire que pendant ces 17 jours, la France a eu besoin de 27,05 TWh (26,31 français et 0,74 étranger) qui ont engendré l’émission de 2,89 millions de tonnes de CO2. Le contenu moyen est donc de 107 g de CO2 par kWh… mais il est toujours moyen. Maintenant regardons, s’il est possible d’affecter 600 g de CO2 au chauffage électrique. Prenons pour hypothèse que dans le résidentiel, celui fonctionne 7 mois par an, qu’il équipe 7 millions de logements dont et que la consommation d’électricité représente 32 % de la consommation du secteur résidentiel (140 TWh). Dans ce cas, nous aurons 45 TWh de consommation annuelle répartie d’octobre à avril. Sur cette période, la production française + les importations ont émis environ 21 millions de tonnes de CO2. Si je décide d’affecter tout le CO2 émis au seul chauffage électrique résidentiel (après tout il a l’habitude !), je trouve un contenu de 466 grammes par kWh. Voilà, il est matériellement impossible que le chauffage électrique émettent 600 grammes avec cette méthode, même lorsqu’on prend le partie d’affecter 0 (zéro) grammes de CO2 à la totalité des autres usages. Pour affecter 600 grammes de CO2 au seul chauffage électrique, il faudrait disposer de 27 millions de tonnes d’émission d’octobre à avril, cela veut dire qu’il faudrait en importer 6 millions de tonnes. Je rappelle que, malgré tout ses efforts, EDF (85 % de la production française) ne dispose que d’un stock annuel d’environ 18 millions de tonnes de CO2 visible en détail au lien suivant : Heureusement, il y a la SNET et autres petit producteurs.      Maintenant comparons avec la méthode que j’exposais pour janvier 2009 2) méthode physique « consommation-production » : Si on prend pour référence la consommation réelle enregistrée par RTE (celle des courbes de charge) et qu’on la compare heure par heure ou jour par jour à la production nationale également publiée par RTE, on évite l’écueil des échanges contractuels et on regarde en temps réel comment est assuré l’équilibre physique du réseau, qui au-delà des contrats, est le juge en dernier ressort qui décide de la poursuite des livraisons ou de l’écroulement. Là, j’ai 96 jours où l’équilibre ne peut pas être assuré par la production des centrales françaises car la consommation est supérieure à la production. Le contenu en CO2 moyen est de 109 g/kWh avec un maximum à 166 grammes le 19 novembre. Si je raisonne en quantité globale de CO2, au total, sur l’année, il manquera 9,2 TWh qu’il faudra importer à 650 g de CO2/kWh. Si je me limite à la période chauffage, je n’ai plus besoin que de 7,8 TWh qui représente alors un surcroît de 5 millions de tonnes de CO2. Si j’ajoute cela au 20 millions de tonnes de CO2 émis par la production française d’octobre à avril, j’atteints 25 millions de tonnes. En chargeant à 100 % le chauffage électrique, ses 45 TWh auront émis 555 grammes de CO2 par kWh. Pas de chance, là encore, il est impossible d’atteindre les 600 grammes annoncés. Je rappelle encore qu’en faisant cela j’admets que tous les autres usages sont à 0 (zéro) grammes de CO2, ce qui est un comble pour des usages qui consomment tout de même environ 400 TWh ! Si je ne leur affecte que la moyenne de 109 g/kWh pendant la période de chauffage (donc environ 264 TWh à 109 g), je retire 28,8 millions de tonnes au chauffage électrique qui devra se contenter d’au maximum 9,2 millions de tonnes, soit 204 g de CO2/kWh (20 grammes de moins que le gaz).   Il ne faut toutefois pas accorder trop d’importance à la précision des calculs, car les données ne sont pas forcément exhaustives. Par exemple, dans le bilan 2007 pour la production, il manque 3 jours (28 avril, les 01 et 03 juin). Cela dit, les ordres de grandeur restent valables.  Maintenant, on peut se demander pourquoi, il est si difficile de trouver 600g de CO2/kWh pour le chauffage électrique. La réponse est simple et je l’ai déjà donnée dans d’autres commentaires, la méthode qui préconise les 600 g est une méthode prospective pour estimer ce qui adviendrait pour les installations nouvelles de chauffage et en faisant les hypothèses que l’augmentation du parc serait thermique et que le contenu en CO2 du kWh européen n’évoluerait pas à la baisse (vision de défaitiste !). On voit donc que cette méthode ne peut en aucun s’appliquer au passé et au présent. Ceux qui le font sciemment, entretiennent donc un mensonge.

Django

Mais  cela  concernent  ce genre  d’ Ong  à  la   Greenpeace , réseau  SDN , etc…Qui  truquent  au  profit  de leurs  idéologies  politico-économiques  un  débat  important sur les choix énergétiques  de la  France  et de l ‘ europe .  Regardez  comme  ils  ont bienréussi  à  infiltrer  les  grands  médias  comme  Télé  , radio , presse  écrite  ou  il est du  “plus  grand  chic”  d’ être   Antinucléaire  …  ou  les  rares  pronucléaires  en sont presque  à  raser  les murs :  Cela  n ‘ a   rien de démocratique  ,cette  situation là ,honteusement  truquée  par  infiltration  progressive  du milieu médiatique , c ‘ est  mêmehorripilant (enfin  moi  je  déteste …) .  Le  pire  c’ est  que ces gens là vont  finir par provoquer artificiellement  une pénurie  réelle  d ‘ électricité  et qu ‘ en plus ils  nous   ferontencore  la morale , ces  sinistres  escrocs  intellectuels  qui  emboucanne  le pays  depuis environ  35-40  ans …  Alors  évidement   c’ est peu dire que  je leur  sois  hostile  … 

christian

Cher Marius,Vous dites :”Je m’étonne d’ailleurs que les nucléophiles français ne manient pas davantage cet argument”Certes, je profondément suis d’accord avec vous sur le fait de considérer l’Europe comme l’horizon pertinent, car je suis viscéralement européen.Il n’empêche que les règles communautaires ignorent cette logique, que les émissions sont comptabilisées “sur le sol” et pas “sur la ligne électrique”, que la France même moins émettrice est assujettie aux mêmes efforts que ses voisins…Ah, si l’intégration européenne était allée plus vite…Par ailleurs, si EDF est certainement contente de vendre de l’électricité nucléaire à nos voisins, ne croyez-vous pas qu’Areva serait contente de leur vendre directement les réacteurs ? PS : en chimie, nucléophile se dit d’un réactif susceptible de se lier à une molécule là où elle possède un déficit de charge électronique, par opposition à réactif électrophile, qui réagit là où il y a excès de charge électronique… 😉

Dan1

Pour marius76 :  1ière objection : les systèmes européens d’électricité sont certes interdépendants… selon les limites des lignes actuelles de transport THT qui peuvent absorber aux alentours de 10 % de la production nationale. Le raisonnement national est donc encore majoritairement valable et on peut lui adjoindre la valeur des échanges physiques qui est connue et notamment publiée par l’UCTE. Pour rendre les systèmes électriques européens encore plus interdépendants et ainsi s’approcher de la théorie des marchés, il suffit… de construire beaucoup de lignes à très haute tension !   2ième objection : je trouve que c’est très-très fort de culpabiliser le consommateur français pour des problèmes qui sont chez ses voisins ! Il faudrait que l’on se chauffe au gaz pour que les allemands bénéficie plus de nos kWh nucléaires que certains d’entre eux refusent obstinément. Pendant ce temps là, on applique des lois pour limiter la production des centrales nucléaires allemandes (encore 25 % de la production ceci dit). Cela s’appelle marcher sur la tête. Si au lieu de tout le temps tourner autour du pot avec le CO2, on s’attaquait au vrai problème en faisant les vrais constats en Europe, on traiterait les problèmes d’émission là où ils se trouvent. Pour la production électrique, plus personne ne peut ignorer où sont les vrais très gros problèmes. Je redonne le lien vers la base de données CARMA : Dans l’ordre, je donne les huit centrales à charbon-lignite européennes qui, chacune d’elle, émet plus de CO2 que la totalité des centrales thermiques d’EDF en France : Belchatow (Pologne), Niederaussem, Janschwalde et Frimmersdorf (Allemagne), Drax (Royaume Uni), Neurath, Weisweiler (Allemagne). Ces 8 centrales émettent au total 183,3 Millions de tonnes (US) de CO2 par an, ce qui fait quand même 166 millions de tonnes métriques (multiplier par 0,907). Si je fais le classement des pays, je trouve : Allemagne, Royaume Uni, Pologne, Italie, Espagne, République tchèque et Pays Bas et enfin la France. Les 5 premiers pays cités émettent au total un peu plus d’un milliard de tonnes de CO2 par an pour produire leur électricité.  Si l’Europe veut faire quelque chose, là il y a de la matière !           3ième objection : Si vous enlevez le chauffage électrique en France, il vous restera une quantité non négligeable de MW thermiques, car même en été, il y en a ! Je rappelle que l’absorption des pointes horaires, journalières et hebdomadaires s’effectue avec tous les moyens disponibles (nucléaire, variation lente mais importante, hydraulique variation très importante et très rapide, thermique à flamme lent ou très rapide). Tout cela est parfaitement visible et quantifié sur le site de RTE. D’autre part, le chauffage électrique, n’est pas le seul usage à être saisonnalisé, l’éclairage et dans une moindre mesure l’eau chaude sanitaire le sont aussi. Si vous enlevez 50 TWh de chauffage électrique, en aucun cas vous n’enlèverez 40 TWh de centrales thermiques, pour la bonne et simple raison que les 55 TWh disponible sont répartis sur la totalité de l’année et que la différence entre l’été et l’hiver (qui serait attribuable éventuellement en totalité au chauffage électrique) est égale à environ 30 TWh en 2007. Même si vous chargez à 100 % le chauffage électrique, ça ne passe pas !   En conclusion : Qu’est-ce qui peut bien motiver cet acharnement contre le chauffage électrique en France ? Est-ce véritablement une préoccupation légitime contre les émissions de CO2 ??Est-ce que vous ne pensez pas que ceux qui sont sincèrement préoccupés par les émissions de CO2 et autres GES devrait élargir rapidement leur champ de vision et effectivement penser et agir dans un cadre européen.

christian

Cher Dan1,J’aurai quelques questions personnelles à vous poser, et, en fonction des réponses peut-être une proposition (honnête) à vous faire. Pouvez-vous me contacter hors-forum ?Merci d’avance,

marius76

Je reprends point par point les 3 objections de Dan1 :1) sur les capacités d’export françaises : la France a exporté 47 TWh l’an dernier, elle en avait exporté 77 en 2002 ; faire 30 TWh de plus que l’an dernier comme je le suggère n’a rien d’irréaliste, surtout que les capacités sont supérieures maintenant à ce qu’elles étaient il y a 5 ans (vers la Belgique notamment), et qu’elles devraient augmenter vers l’Espagne.2) sur où sont les vrais problèmes : là, je suis bien d’accord avec Dan1 (et Christian), ils sont bien en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Espagne (les anglais semblent décidés à en sortir) où les productions sont trop carbonées ; mais à la “jouer perso” avec le chauffage électrique en France, on ne fait malheureusement qu’aggraver les dits problèmes. La cacophonie européenne en matière de politique énergétique est une vraie catastrophe. Quant à la culpabilisation des consommateurs français, j’avais déjà pris soin dans ma première intervention de les dédouaner ; à culpabiliser quelqu’un, je viserais plutot ceux qui (même si ça part d’un bon sentiment) encouragent le développement du chauffage électrique sur la base d’idées simples, mais malheureusement fausses. 3) sur l’utilisation du thermique classique en été : on en voit, c’est vrai, et le plus souvent pour une puissance inférieure aux exportations ; c’est dire que les centrales thermiques françaises sont parmi les plus performantes en Europe (suffisamment en tous cas pour être appelées avant les moins bonnes allemandes, belges, italiennes, etc…). Mais si aujourd’hui, on arrive à les faire tourner sans dépasser les capacités d’exportation, c’est parce qu’il n’y a pas beaucoup de nucléaire disponible en été ; et pour cause : comme EDF a besoin de tout le nucléaire en hiver, il concentre les arrets pour entretien en été. Sans chauffage électrique, EDF pourrait mieux répartir cet entretien, et exporter autant, voire plus, en été, avec moins de thermique classique. Il me semble même avoir lu quelque part (mais je n’arrive plus à retrouver où : commission Syrotta, documentation EDF ? si quelqu’un peut me renseigner, merci d’avance) qu’EDF ne pouvait pas passer l’ensemble des groupes nucléaires en campagnes de 18 mois parce qu’il y aurait trop d’arrêts en période de chauffage, ce qui fait perdre 1% de disponibilité (5 TWh par an) : merci le chauffage électrique ! Mon analyse peut sembler curieuse à certains : elle est certainement hors de la “ligne du parti” et dérangeante à ce titre. Mais dissidence et erreur sont-elles nécessairement synonymes ?  

lion

Ce débat est curieux. En hiver, lorsqu’il fait froid et nuit très tôt, nous assistons toujours à des pics de consommation énergétiques. Pics de consommation de gaz, pic de consommation de fioul domestique, pics de consommation de bois, pics de consommation de chauffage urbain et pics de consommation électrique. pourquoi chaque fois se focalise-t-on sur l’électricité. Pour moi c’est un mystère. Diabolise-t-on l’électricité en tant que telle ou à cause de ses modes de production. Si c’est cette dernière hypothèse qu’on le dise et qu’on ne se casse pas la tête avec le CO2 par kWh. Pourquoi n’ouvre-t-on pas un débat insensé sur le pic de consommation de gaz et de fioul domestique?

christian

Merci lion, sincèrement : c’est la première fois que j’éclate de rire en lisant les débats… J’adore “le débat insensé sur le pic de consommation de gaz”.

Enthalpie

je vois que mon point de vue est largement partagé. Juste un points qui n’a pas été cité. Le chauffage électrique c’est à vie et interdit tout autre forme d’énergie primaire. imaginé les travaux dans un immeuble pour repasser des tuyaux d’eau… Avoir un chauffage gaz par exemple c’est demain du solaire (renouvelable et sans C02) ou du bois qui est le combustible de demain renouvelable et à faible co2.. ou un mixte, avec par exemple pour les immeubles un réseau de chauffage urbain

Francois2

Ce qui est certain et connu, c’est que la France est sous-consommatrice de gaz par rapport aux pays voisins, notamment en raison de la proactivité d’EDF dans le chauffage électrique ( et d’investisseurs immobiliers peu scrupuleux) depuis la fin des années 70. Ce qui est sûr aussi, c’est que le chauffage explique pour grande partie le différentiel de consommation entre l’été et l’hiver sur la courbe de consommation élec totale de la france. Et l’écart s’est réduit avec le développement de la clim. Tout le monde sait que le RTE fait des prévisions très précises en fonction des prévisions de température. Donc OUI le paramètre N°1 non prévisible qui joue sur la consommation électrique est la température extérieure. Après concernant concernant le pic de 19H00, il est assez étonnant qu’il n’y ait pas une étude indépendante ( du style le rapport Charpin de 2000 sur le nucléaire) qui une fois pour toute décortique la courbe de charge de consommation. Le RTE devrait jouer la transparence là dessus dans son propre intérêt. C’est quand même une institution publique. Et il y a qu’à faire un tarif de pointe spécial lors de ce pic, tout le monde se régulera ! On a bien vu comment on a fini par réduire la consommation de carburant : avec un baril à 150 $, avant tout le monde en parlait, mais tout le monde s’achetait des 4×4.

Francois2

Du fait de son fort équipement en chauffage électrique(30%), la France a une très forte sensibilité aux baisses de température. Ce taux de 30% est totalement atypique en Europe. Il faut quand même savoir que la publicité pour le chauffage électrique est interdite en Belgique ! Il faut quand même savoir qu’EDF a donné des aides sonnantes et trébuchantes aux installateurs, aux promoteurs immobiliers. et à ses clients pendant des années pour développer le chauffage électrique face au chauffage au Gaz. Près de 30% des logements étaient équipés de chauffage électrique en 2006, contre environ 2% trente ans plus tôt, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La plupart des logements neufs optent pour ce mode de chauffage. La raison de cet emballement de la consommation après 19H00 ? Les habitudes de consommation. En rentrant chez eux après le travail, les Français allument leur plaque de cuisson, leur télévision et surtout, augmentent le thermostat de leurs radiateurs. Ainsi, en hiver, une baisse de 1°C de la température entraîne une augmentation de la consommation d’électricité d’environ 2.100 MW, soit deux fois celle de la ville de Marseille. Peut-on avoir tout fait et continuer à tout faire pour développer le chauffage électrique (EDF) et en même temps expliquer aux français mettre des pullovers et des moufles en hiver (RTE groupe EDF) ? Comment expliquer qu’on cherche à développer en France le nucléaire qui est un moyen nucléaire de base avec 3 nouveaux EPRs, alors qu’on voit bien que ce qui manque à la France, c’est des moyens de production de pointe ? Poser ces 2 questions, c’est explicitement reconnaître que le lobbying de l’électricité et du nucléaire écrase tous les autres en France. Et cela, c’est pas nouveau.

Francois2

Sensibilité aux températures extérieures Du fait de son fort équipement en chauffage électrique(30%), la France a une très forte sensibilité aux baisses de température. Ce taux de 30% est totalement atypique en Europe. Il faut quand même savoir que la publicité pour le chauffage électrique est interdite en Belgique ! Il faut quand même savoir qu’EDF a donné des aides sonnantes et trébuchantes aux installateurs, aux promoteurs immobiliers. et à ses clients pendant des années pour développer le chauffage électrique face au chauffage au Gaz. Près de 30% des logements étaient équipés de chauffage électrique en 2006, contre environ 2% trente ans plus tôt, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La plupart des logements neufs optent pour ce mode de chauffage. La raison de cet emballement de la consommation après 19H00 ? Les habitudes de consommation. En rentrant chez eux après le travail, les Français allument leur plaque de cuisson, leur télévision et surtout, augmentent le thermostat de leurs radiateurs. Ainsi, enhiver, une baisse de 1°C de la température entraîne une augmentation dela consommation d’électricité d’environ 2.100 MW, soit deux fois cellede la ville de Marseille.                                                                                                     Peut-on avoir tout fait et continuer à tout faire pour développer le chauffage électrique (EDF) et en même temps expliquer aux français mettre des pullovers et des moufles en hiver (RTE groupe EDF) ?                                 Comment expliquer qu’on cherche à développer en France le nucléaire qui est un moyen nucléaire de base avec 3 nouveaux EPRs, alors qu’on voit bien que ce qui manque à la France, c’est des moyens de production de pointe ? Poser ces 2 questions, c’est explicitement reconnaître que le lobbying de l’électricité et du nucléaire écrase tous les autres en France. Et cela, c’est pas nouveau.

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