Selon une étude NielsenIQ pour Réseau Vrac, 60% des Français achètent désormais en vrac et 40% utilisent la consigne pour réemploi. Ces pratiques connaissent une croissance soutenue, portée par la volonté de réduire les déchets et par l’évolution réglementaire, malgré des freins persistants liés à l’offre et à la logistique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : six Français sur dix remplissent désormais leurs bocaux et sacs en tissu directement aux rayons vrac, tandis que quatre sur dix rapportent consciencieusement leurs bouteilles et pots pour qu’ils retrouvent une seconde vie. La double progression, révélée par une étude NielsenIQ commandée par Réseau Vrac, dessine les contours d’une transformation silencieuse des modes de consommation. Loin d’être anecdotiques, ces pratiques s’inscrivent dans un mouvement plus large de remise en question du tout-jetable.
Le vrac, de l’alternative à la norme
L’achat en vrac n’est plus l’apanage d’une niche écologique. Avec 60% d’adeptes, il s’est imposé comme une pratique courante dans les foyers français. La démocratisation s’explique par une convergence de motivations. Pour les trois quarts des consommateurs, la réduction des déchets constitue le moteur principal. La possibilité d’ajuster les quantités achetées à ses besoins réels séduit 65% d’entre eux, répondant à une quête d’anti-gaspillage. Enfin, près de la moitié des acheteurs associent le vrac à une qualité supérieure des produits, perçus comme plus frais ou moins transformés.
La consigne sort de l’ombre
Le système de consigne pour réemploi, longtemps cantonné à quelques initiatives locales, connaît une expansion notable. Quatre Français sur dix déclarent y recourir, un chiffre qui masque des réalités sectorielles contrastées. Le secteur des boissons – bières, sodas, eaux – constitue le fer de lance de cette renaissance. Les produits laitiers, avec leurs pots de yaourt et de crème, ainsi que les flacons d’hygiène et d’entretien, emboîtent le pas. Ce retour en grâce s’appuie sur des boucles logistiques de plus en plus rodées et sur une acceptation renouvelée par les consommateurs, prêts à rapporter leurs emballages contre quelques centimes.
Les obstacles sur la route du réemploi
Malgré cet élan, le chemin vers une généralisation de ces pratiques n’est pas sans embûches. L’étude pointe plusieurs freins de taille. Près de la moitié des non-utilisateurs du vrac invoquent un manque d’offre dans leur magasin habituel. La logistique, qu’il s’agisse de transporter ses propres contenants ou de rapporter les emballages consignés, reste perçue comme une contrainte. Un déficit d’information sur les systèmes existants et, pour le vrac, des inquiétudes persistantes quant à l’hygiène complètent la liste des barrières à franchir.
Ces freins révèlent une tension entre l’intention et l’action. La volonté des consommateurs, bien réelle, se heurte encore à des limites infrastructurelles et à des habitudes ancrées. Le succès de ces modèles dépendra de leur capacité à s’intégrer de manière fluide dans le quotidien, sans exiger un effort disproportionné.
Un avenir porté par la réglementation et l’innovation
Les perspectives de croissance semblent solides, soutenues par plusieurs leviers. La loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) joue un rôle d’accélérateur réglementaire, imposant aux acteurs économiques de développer ces alternatives. La sensibilité environnementale des citoyens, désormais largement partagée, crée un terreau favorable. En parallèle, distributeurs et marques étoffent progressivement leur offre, tandis que les innovations – qu’il s’agisse de systèmes de consigne digitaux ou de nouveaux matériaux pour le vrac – cherchent à simplifier l’expérience utilisateur.
L’étude, réalisée en décembre 2025 auprès de 5 000 panélistes, confirme que la transition vers une consommation plus sobre en ressources et en emballages est en marche. Elle n’est plus portée par une minorité militante mais par une majorité de Français qui, à leur rythme et selon leurs moyens, réinventent leur manière d’acheter. La généralisation de ces pratiques passera cependant par une collaboration étroite entre pouvoirs publics, entreprises et consommateurs pour lever les derniers obstacles et faire du réemploi une évidence plutôt qu’une exception.
Consulter l’étude NielsenIQ : Vrac et Réemploi (.PDF)

















