Vivre à proximité d'une ligne à très haute tension (THT) pourrait être à l'origine de problèmes de santé : maux de tête, trouble du sommeil, irritabilité... Plus grave, ces lignes de 400 000 Volts pourraient être responsables d'une augmentation des risques de maladies graves : leucémie, cancers du sein et de la thyroïde.
C'est ce qui ressort des premiers résultats d'une enquête réalisée par le Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements ElectroMagnétiques (CRIIREM), sur demande du collectif Anti-THT Cotentin Maine.
Ont été comparés deux groupes de population (8 000 foyers en tout), exposés et non-exposés à une ligne THT ( 2x400 000 Volts, à Flamanville-Domloup). Les premiers résultats, partiels (350 dossiers examinés), font apparaîtres certaines tendances :
"Des dysfonctionnements observés sur les appareils électriques et électroniques chez les riverains exposés, deux fois plus importants que chez les riverains non exposés" ont été observés. Pour Pierre Le Ruz, Docteur en physiologie, il s'agit d'un signe de "problèmes de compatibilité électromagnétique", qui pourrait avoir des conséquences directes sur la santé des populations riveraines.
Ainsi, "des problèmes de santé focalisés sur des troubles du sommeil, de la mémoire, de l’audition, mais aussi des maux de tête, de l’irritabilité et des états dépressifs sont significativement plus fréquents chez les riverains exposés que chez les riverains non exposés", relève l'étude, ajoutant que "les symptômes décrits ci-dessus disparaissent significativement lorsque les riverains quittent la zone affectée par la ligne THT".
Plus inquiétant, "des maladies graves ayant fait l’objet de traitements lourds, d’actes chirurgicaux et des cancers (leucémie, cancers du sein et de la thyroïde, …) sont détectés significativement en plus grand nombre chez les riverains exposés."
Le Criirem précise que les facteurs de confusions (tabac, alcool, drogue) ont été pris en compte par l'étude, et n’influent pas sur les autres données de l’étude.
Concernant les élevages situés à proximité d'une ligne THT, l'étude montre que celle-ci "peut être à l’origine de courants parasites dans les structures métalliques (portails, abreuvoirs, cornadis…) générés par des phénomènes d’induction", ce qui s'avère "nuisible aux animaux et à la production des exploitations."
Les conclusions définitives de la CRIIREM seront publiées en juin 2008.
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