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Un rapport sur la gestion de la pointe électrique
  
Un rapport sur la gestion de la pointe électriqueSerge Poignant (en photo), député de Loire-Atlantique et Bruno Sido, sénateur de la Haute-Marne ont remis la semaine dernière à Jean-Louis Borloo un rapport sur la gestion de la pointe de consommation électrique.

Ce rapport avait été demandé par le ministre à la suite de l’élaboration de la feuille de route énergétique de la France, présentée le 3 juin 2009.

"Les pointes de consommation d'électricité sont par définition les  consommations les plus élevées. Il existe plusieurs pointes de consommation d'électricité, car la notion de pointe dépend avant tout de la période et de la zone observée".

Le parc de production français est d'une puissance installée de 117 GW qui se décomposent en 63,3 GW pour le parc nucléaire, 25,4 GW pour le parc hydroélectrique, 4,3 GW pour le parc de production à partir des autres énergies renouvelables et 24,1 GW pour le parc thermique.

Le graphique ci-dessous, qui détaille la puissance appelée par type de moyen de production au cours de l'hiver 2008-2009, met en évidence la sollicitation très variable du parc installé en fonction de la filière :

- le recours au parc nucléaire en base avec modulation saisonnière ;
- l'utilisation du parc hydraulique à la fois en base (installations au fil de l'eau) et en pointe (lac et STEP1) ;
- l'exploitation des filières charbon et gaz en période de pointe ;
- le recours à la filière fioul uniquement en extrême pointe.

Un rapport sur la gestion de la pointe électrique


Conformément à la méthode du Grenelle Environnement, le rapport a été élaboré dans le cadre d'un groupe de travail multipartite rassemblant des producteurs, des fournisseurs, des agrégateurs d'effacement, des associations de consommateurs, des ONG, les syndicats, les gestionnaires de réseaux, les collectivités concédantes et les représentants des pouvoirs publics. Il vise à proposer des mesures pour maîtriser la demande d'électricité en période de pointe, et notamment favoriser l'effacement de consommation.

Le rapport contient une vingtaine de mesures ou de pistes de travail. Sur la base de ces propositions, Jean-Louis Borloo annoncera un plan d'actions opérationnel à l'occasion du prochain lancement officiel du projet d'expérimentation Linky d'ERDF (déploiement de 300 000 compteurs évolués à Lyon et en Indre-et-Loire).

Le projet de loi NOME ("Nouvelle Organisation du Marché Électrique") qui sera prochainement présenté en Conseil des Ministres prévoit la mise en place, sur le marché électrique, d'une obligation de capacité, afin de remédier à la situation actuelle qui veut que la mise à disposition de capacités d'effacement (voire même de pointe ou de base) ne soit pas reconnue et donc pas valorisée.

D'autres dispositions seront définies et proposées au Parlement dans le cadre de l’examen du projet de loi NOME.

 

Le rapport POIGNANT - SIDO est disponible ICI

 

En juillet 2009, le député S. Poignant avait également remis un rapport sur l'énergie photovoltaïque, voir l'article sur enerzine.

 

(src : MEDDEEM)

 Lu 2306 fois 
 Publié le 06/04/2010 à 07:42 
© Enerzine.com
 
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marius76


Membre
depuis le 06-09-2008
le 06-04-2010 14:06:40
  Bas de page     Répondre  

Un rapport plutot bien ficelé,

précis et sans grosse erreur ni approximation sur le plan technique : nos parlementaires s'améliorent, bravo ! (à moins que, contrairement à d'autres rapports récents, ce ne soient pas les dits parlementaires ou leurs attachés qui l'aient écrit eux-mêmes, mais qu'ils aient laissé la plume aux professionnels de l'électricité ; si tel est le cas, ce serait la preuve que pour obtenir des rapports de qualité, il vaut mieux que les parlementaires encadrent le travail de professionnels, plutôt que de prendre leur place).

Et on commence enfin à cerner les vrais problèmes : "la semi-base et la pointe sont les enjeux en investissement des prochaines années" (dernier encadré de la page 11) ; parce que les sur-consommations liées au chauffage sont de trop courte durée pour justifier le développement d'un nucléaire trop coûteux pour cela. Au passage, j'ai relevé une petite inexactitude en bas de page 10 : le niveau maximal de consommation réalisé à ce jour n'est pas de 92.4 GW le 7 janvier 2009, mais 93.1 GW atteints le 11 février 2010 (cf.  http://www.rte-france.com/uploads/media ? 010_02.pdf ). Record qui a été battu sans tambour ni trompette, il est vrai, pour une température de l'ordre de -2°C seulement, alorsque le précédent un an plus tôt avait eu besoin d'une température de l'ordre de -3°C (je laisse à ceux qui ont de meilleurs yeux que moi le soin de préciser...) : c'est dire comme la sensibilité à la température continue d'augmenter, et qu'à poursuivre le développement du chauffage électrique, on n'en a pas fini des problèmes de pointe...

Et on commence aussi à envisager de vraies solutions, notamment côté tarifs :
- proposition 12 : la fin des tarifs sans horo-saisonnalité ; aujourd'hui, pour les particuliers, il n'y a que Tempo qui soit horo-saisonnalisé, les options "base" ou "heures creuses" ayant des prix identiques tous les jours de l'année ; à terme (dès que les moyens de comptage le permettront), les kWh vendus en hiver aux particuliers seront plus chers, comme c'est déjà le cas pour les industriels ou les gros clients tertiaires aux tarifs jaune et vert : enfin une incohérence qui disparaîtra
- proposition 11 : mettre aussi de l'horo-saisonnalité dans le tarif de transport-distribution (TURPE) ; ce n'est pas nouveau, le ministère avait déjà tancé la CRE pour ne pas avoir mis de différenciation entre heures et saisons au moment de la révision tarifaire TURPE 3 fin 2008 ; mais l'écart de prix hiver/été pour les consommateurs finaux en sera encore accentué.

Tout cela permettra plus d'équité et d'efficacité, comme il est écrit dans l'Annexe 2 (pages 28 à 34 ; au passage : chapeau à celui qui a écrit cette annexe, c'est un remarquable exercice de vulgarisation*) : "L'efficacité économique de la tarification de l'électricité suppose que chacun adapte son comportement aux coûts complets qu'il induit pour le système électrique. Il convient donc de facturer à l'ensemble des consommateurs un même prix pour un même service : c'est le principe d'équité. S'écarter de cette logique conduit inévitablement à ce que certains consommateurs en subventionnent d'autres".
----------------------

* la forme est remarquable, mais sur le fond, il y a quand même des choses à redire : juger l'équité sur le "ruban implicite" annuel (p.29) est un peu court, il faudrait aussi regarder des "rubans implicites" été et hiver ; on sent un plaidoyer justifiant l'évolution tarifaire d'août 2009 (grace à la quelle ceux qui consomment le plus ont vu leur facture baisser, alors que pour l'ensemble des consommateurs particuliers, en moyenne, il y a eu hausse de 1,9% !)

pamina


Membre
depuis le 23-05-2009
le 08-04-2010 07:53:55
  Bas de page     Répondre  

On voit très bien dans ce rapport que le chauffage électrique n'est en rien responsable des pointes intra-journalières. Il suffit de regarder la figure 2 page 6, qui détaille selon trois catégories d'usages (éclairage, chauffage, usages réguliers) leur contribution à une courbe de charge type en hiver. On peut toutefois regretter que le poste nommé "usages réguliers" (qui en fait devrait s'appeler "autres usages") ne soit pas plus détaillé, en séparant au moins les usages domestiques des autres.
 
On peut également critiquer la présentation du graphique lui-même. Lorsqu'il y a, comme dans un tel cas, des catégories relativement constantes, - telle ici le chauffage - il est plus clair de les représenter "en base" : si vous échangez mentalement les deux catégories "chauffage" et "usages réguliers", vous obtenez un "fond de panier" orange (chauffage) à peu près stable dans la journée (environ 20 GW dans l'exemple), et la partie bleue (usages réguliers) simplement décalée vers le haut. Mais la contribution de chaque catégorie aux fluctuations du total est beaucoup plus claire.
 
Tout cela pour dire qu'un hiver plus ou moins rigoureux nécessite la mobilisation plus ou moins grande de moyens de production en semi-base, mais que cela n'a pas d'influence sur la gestion de la pointe journalière. Pour en être convaincu, il suffit de regarder les profils de consommation type de la figure 1 page 5, pour voir que, hiver comme été, la différence entre heures pleines et heures creuses ne varie guère.
 
Donc, non seulement le chauffage n'influe pas sur la gestion de la pointe journalière, mais il pourrait même tendre à la réduire, en particulier contribuer à l'effacement de la pointe de 19 h, comme le rapport le suggère page 7 :
 
"Le chauffage électrique, dont le taux de pénétration explique l?amplitude de la pointe saisonnière, peut toutefois être exploité pour traiter la question de la pointe journalière, à travers des effacements de consommation, puisque le fait d'éteindre le chauffage électrique pendant 15 à 30 minutes dans un logement bien isolé ne modifie pas la température ressentie par le consommateur."
 
J'ai soigneusement évité de parler de CO2 (d'ailleurs, le rapport est très discret sur ce point ce n'est pas son sujet), considérant, comme nombre d'intervenants ici, que le contenu CO2 du chauffage électrique en France n'était vraiment pas le problème environnemental le plus urgent à traiter. Qu'on arrête alors de nous bassiner avec ces soi-disant 600g de CO2.

marius76


Membre
depuis le 06-09-2008
le 08-04-2010 11:59:31
  Bas de page     Répondre  

@ pamina
Oui, quand on regarde une seule journée (et c'est ce que tout nous incite à faire : les courbes de charge en direct de RTE, et même de tous les GRT d'Europe et du monde, sont présentées par intervalles de 24 heures), la pointe, "ce qui dépasse", c'est bien 19 heures en hiver. Mais si on veut bien se donner la peine de regarder "plus large", on voit des choses différentes.
Je vous propose le petit exercice suivant : vous prenez les données de consommation du 15 au 26 janvier 2007 (données à pas demi-horaires pour toute l'année téléchargeables depuis :   http://clients.rte-france.com/lang/fr/v ? o_inst.jsp ), vous les mettez bout à bout, vous tracez le graphe (il suffit d'avoir un tableur, et un peu de patience), ... et vous regardez ce qui dépasse (la pointe)...

pamina


Membre
depuis le 23-05-2009
le 08-04-2010 13:18:14
  Bas de page     Répondre  

[marius76]
Puisque vous voyez des choses "différentes" (différentes de quoi ?), ce serait beaucoup mieux de les dire explicitement. Ce que je vois (et j'avais pas besoin de votre exemple pour le savoir), c'est que les courbes journalières sont quasiment décalées les unes par rapport aux autres ( sauf celles du 20 et 21, qui tombent un WE). Et alors ? En quoi cela contredit mes remarques ?

marius76


Membre
depuis le 06-09-2008
le 08-04-2010 14:34:02
  Bas de page     Répondre  

@ pamina
Donc, vous avez vu que le creux de nuit du vendredi 26 janvier 2007 était plus haut que les pointes de 19h des jeudi 18 et vendredi 19. Tous les jours de la première semaine ont bien eu une pointe locale à 19h, mais est-ce que les pointes journalières de cette semaine-là étaient susceptibles de poser le moindre problème ?

Notez, la pointe du jeudi 25 n'en a pas posé non plus : il faisait un peu froid, mais pas trop, on était juste à 6 ou 7°C sous les normales (cf. http://clients.rte-france.com/lang/fr/v … _histo.jsp ) ; si on avit eu 8 ou 9°C sous les normales, comme en janvier 2009, ou plusieurs fois en 2010, on aurait 4 GW de consommation de plus, et là, on aurait pu être plus tangents...

pamina


Membre
depuis le 23-05-2009
le 09-04-2010 15:30:48
  Bas de page     Répondre  

Sur le site de Sauvons le climat, vous trouverez une analyse du rapport Poignant qui prolonge la mienne :
 
http://sauvonsleclimat.org/new/spip/IMG … t-Sido.pdf

Sicetaitsimple


Invité



le 09-04-2010 21:33:29
  Bas de page     Répondre  

Du grand art!
Votre presentation est redoutable! Que le chauffage electrique ne soit pas responsable de la pointe journalière en hiver est un fait, j'en suis bien d'accord car c'est en hiver un quasi ruban à l'échelle journalière, mais quand même.. La courbe de charge saisonnière francaise, comparée à celle de ses voisins, est très marquée par la pénétration du chauffage electrique..Si EDF est obligé de construire des moyens de pointe , c'est bien du fait de cette pénétration.
Je n'ai rien et je l'ai déjà dit contre un usage de l'electricité en chauffage notamment avec les normes d'isolation actuelles, mais bon, ne faisons pas dire à ce rapport ce qu'il ne dit pas....

Sicetaitsimple


Invité



le 09-04-2010 21:52:09
  Bas de page     Répondre  

A pamina
le post précédent lui était destiné, j'ai oublié de le préciser

pamina


Membre
depuis le 23-05-2009
le 10-04-2010 08:01:49
  Bas de page     Répondre  

[Sicetaitsimple]
 
Mais nous sommes bien d'accord sur le fait qu'il y a deux types de pointes - journalière et saisonnière - et qu'il y a même un type intrasaisonnier dû aux vagues de froid. C'est d'une totale évidence. Il n'est pas moins vrai que l'augmentation du parc de logements équipés de chauffage électrique n'a d'influence que sur le dimensionnement des moyens de production capables de faire du suivi de charge en semi-base. Elle n'en a aucune sur la gestion de pointe journalière. 
 
En effet, quel que soit le niveau de l'équipement en chauffage électrique, il reste à satisfaire la demande responsable à 100% des pointes journalières. Or c'est le même problème quantitatif qu'on soit en hiver ou en été, il faut passer d'une demande de X GW à X+20 GW (environ) en quelques heures (X variant selon la saison).
 
Et surtout ce qui est dit dans le rapport, et dans le communiqué de SLC, c'est que le chauffage électrique peut fort bien contribuer à effacer cette pointe, notamment celle de 19 h. Et j'ajputerai même que plus il y a d'installations de chauffage électrique effaçables, plus cette gestion de pointe sera efficace.
 
Si EDF construit des moyens de pointe, c'est pas pour cette raison.

marius76


Membre
depuis le 06-09-2008
le 10-04-2010 14:16:00
  Bas de page     Répondre  

@ pamina
La modulation journalière se fait principalement avec l'hydraulique (les lacs, les éclusées, les STEP), et un peu en modulant un peu la production thermique (baisse la nuit, parfois en creux d'après-midi) - voir les données de production à pas horaire agrégées par filières sur le site de RTE  http://clients.rte-france.com/lang/fr/v … uction.jsp . Le passage de la pointe de 19 heures en hiver ne pose pas de gros problème, parce qu'elle est de courte durée - et que s'il devait y avoir problème, ils pourraient être résolus par les "moyens exceptionnels" dont dispose RTE, comme les baisses de tension en distribution. D'ailleurs, quand on regarde le solde d'échanges au cours des journées d'hiver ( http://clients.rte-france.com/lang/fr/v … _bilan.jsp ), on voit que très souvent, les exportations sont plus élevées (ou les importations moins élevées) à 19 h qu'à la pointe du matin, bien que la consommation nationale soit généralement 3 à 4 GW plus haut - preuve qu'une pointe étroite n'effraie pas outre mesure les exploitants du système électrique.

Sur les capacités d'effacement du chauffage électrique : D'après Voltalis (http://www.voltalis.com/communiques/200 … r_bleu.pdf ), il est possible de "suspendre quelque 15 à 30 minutes la consommation des radiateurs électriques". Mais :
1) déjà une première question : quelle durée à quelle température ? Au mois de juin, quand il fait 18 ou 20°C à l'extérieur, on peut effacer le chauffage 24 heures par jour sans le moindre inconfort, c'est une certitude, tout le monde le fait ; peut-être qu'une coupure de 30 mn n'a aucune incidence sensible quand il fait 6 ou 8°C dehors ; mais quand il fait -4 ou -5°C, est-ce qu'on peut tenir aussi longtemps ?
2) même en admettant l'ordre de grandeur de 30 mn aux températures très basses (les seules qui posent problème pour l'équilibre offre - demande d'électricité), couper le chauffage serait une solution efficace pour la pointe étroite du soir, mais elle le serait beaucoup moins pour la pointe étalée du matin. Manque de chance, c'est plutot pour la pointe étalée du matin qu'on recherche des solutions...

Si je reviens sur l'exemple de janvier 2007 que je vous avais proposé il y a quelques jours, en supposant que l'offre disponible en janvier ait été limitée à 80 GW : il n'y aurait pas eu le moindre problème tous les jours de la première semaine, ni le lundi 22 janvier ; les mardi 23 et mercredi 24, il aurait manqué quelques centaines de MW de 18:30 à 19:30, qu'on aurait pu récupérer par des baisses de tension distribution, ou des effacements de chauffage ; mais les jeudi 25 et vendredi 26, outre le soir, on aurait déjà eu des problèmes de 7:30 à 13:30. Combien de convecteurs aurait-il fallu couper en séquence sur ces plages, si on n'avait que cette solution (sans compter que si on coupe un convecteur 30 mn, il y a rattrapage au moins partiel de consommation après la remise en service) ? Les "moyens exceptionnels" ne sont pas efficaces 6 h d'affilée non plus. Conclusion : le seul moyen d'éviter le délestage brutal et aveugle, c'est de construire davantage de moyens de production, ou d'avoir des effacements de consommation volontaires supplémentaires, qui ne servent que pour ces plages 7:30 - 13:30 des 2 jours où il a fait très froid (et qui pourront servir aussi le soir, puisqu'ils sont là). Et c'est bien principalement à cause du chauffage électrique et des surconsommations qu'il induit les jours très froids, qu'il faut ces moyens de production et / ou ces effacements supplémentaires.

Quelques mots maintenant sur les positions de vos maîtres à penser de SLC (point par point du doc que vous avez mis en lien hier) :
1) signal prix : où est-il écrit, ou qu'est-ce qui laisse suggérer, dans le rapport Sido-Poignant, que la tarification horo-saisonnière doit être considérée comme "punitive" ? Comme je l'ai dit dans mon premier post, il s'agit d'avoir simplement des tarifs bleus (pour les particuliers) cohérents avec les jaunes et verts (pour les services et les industriels).
2) le CO2 : "C?est oublier que les performances « émissions de CO2 » de la France sont largement dues à son électricité peu carbonée..." oui "... et à l?usage de celle-ci pour le chauffage" non. Vous avez participé aux fils où cette question a été abordée, vous connaissez ma position, aucun élément nouveau n'est intervenu depuis qui m'aurait amené à l'infléchir. Je n'ai pas trouvé trace non plus dans le rapport Sido-Poignant de déclaration en faveur du chauffage au gaz...
3) responsabilité du chauffage électrique sur la pointe : cf. ce qui précède en réponse à votre post d'hier
4) l'éolien : là, j'ai 2 petits problèmes de compréhension. Primo, avec les fluctuations de l'éolien, on aborde la question du suivi de charge par le thermique, qui n'a qu'un rapport vraiment lointain avec la question des pointes (mais c'est le même genre de confusion que l'on retrouve dans votre post d'hier). Deuxio, il me semble que les fins connaisseurs de la conception et du fonctionnement des réacteurs nucléaires de SLC ont maintes fois montré que les REP étaient capables de moduler leur production facilement et dans de grandes plages ; maintenant, parcequ'on rajouterait des éoliennes, ils ne le pourraient plus, et il faudrait des TAC ????
5) les échanges : "les capacités de transfert d?énergie électrique entre les pays membres de l?UE sont et resteront encore longtemps très limitées" ; on a observé 13 746 MW d'export le 11 novembre 2008, et 7 794 MW d'import le 6 janvier 2010, soit un débattement de 21,5 GW. A partir de quel seuil SLC considère-t-il que les échanges ne sont plus "très limités" ?

Sicetaitsimple


Invité



le 10-04-2010 15:02:58
  Bas de page     Répondre  

A pamina
Désolé, mais pas d'accord...
Pas d'accord parce que l'éclairage reste , et depuis le début de l'électricité,son usage premier. La pointe journalière de 19h en hiver est simplement liée à cette fonction première, elle sera peut-être atténuée par le developpement des lampes basses consommations, mais comme le disait EDF dans les années 80, "nous vous devons plus que la lumière".
Désolé encore, mais le problème de la pointe d'hiver ne se pose réellement ( du moins avec cette accuité) qu'en France . Ce n'est pas ou très peu un débat chez nos voisins, il n'y a qu'à regarder leurs courbes de charges annuelles pour s'en convaincre.
Désolé enfin, si EDF construit ou maintient à des couts élevés des moyens thermiques de pointe, c'est complètement lié à cette saisonnalité extrème, qui impose de ne pas être défaillant quand tous les convecteurs sont à fond, en plus de tout le reste.
Mais d'accord sur le fait que le chauffage peut contribuer à lisser (pas effacer) cette pointe.

pamina


Membre
depuis le 23-05-2009
le 14-04-2010 07:51:35
  Bas de page     Répondre  

[marius76]
 
Pas très convaincant. Vous me dites que ce n'est pas la pointe du soir qui pose problème ? Habitant en région PACA, j'ai reçu cet hiver une bonne dizaine d'appels à la modération électrique, tous pour la tranche horaire 17h - 20h.
 
Avec sicétaitsimple, vous me parlez de convecteurs. C'est comme si, à propos de l'aviation, je vous répondait bimoteur 4 places. J'habite un immeuble collectif très bien isolé, avec un chauffage au sol basse température. C'est comme si on avait un grand chauffe-eau sous nos pieds. On peut très bien arrêter le chauffe-eau 1/2 heure, et même une heure, et même s'il fait -5°C dehors, sans perte de confort. Certes, il faudra plus chauffer l'eau un peu plus tard, mais c'est justement le but de l'opération.
 
Il y a des usages de l'électricité qui ne peuvent pas être différés : éclairage, plaques de cuisson, TV. Ce sont les vrais responsables des pointes journalières. D'autres peuvent l'être : eau chaude sanitaire, chauffage. Il faut exploiter ces caractéristiques.
 
Le chauffage électrique, ne vous en déplaise, a de très beaux jours devant lui. Quand il n'y aura plus d'énergie fossile, avec quoi allez vous vous chauffer ?
 

marius76


Membre
depuis le 06-09-2008
le 16-04-2010 14:59:48
  Bas de page     Répondre  

@ pamina

Vous habitez en PACA, je vous envie. Vous avez "reçu cet hiver une bonne dizaine d'appels à la modération électrique, tous pour la tranche horaire 17h - 20h", je ne le mets pas le moins du monde en doute. Mais ces alertes ont été émises par RTE pour des problèmes réseau, propres à cette région (ainsi qu'à la Bretagne).

Sur le réseau, le transit maximal admissible sur les lignes (en Ampères, ou en MW) est le même à 9:00 et à 19:00 ; comme les consommations sont plus élevées à 19:00, c'est à ce moment qu'on approche le plus du transit maximal admissible, et c'est naturellement à ce moment que RTE a le plus de chances de lancer ses alertes.

Pour la production, il en va différemment, notamment pour la production hydraulique. Quand les apports à une usine d'éclusée permettent un fonctionnement de 4 heures à puissance maximale dans une journée, on pourra turbiner 1 heure à puissance maximale autour de 19:00, et 6 heures à mi-puissance, de 7:00 à 13:00 ; mais on ne pourra pas turbiner à puissance maximale pendant toute la pointe du matin. En plus, les marges de puissance requises pour la pointe du matin sont plus grandes que celles pour la pointe du soir (regardez les batons orange pour les jours ouvrables d'hiver sur http://clients.rte-france.com/lang/fr/v … marges.jsp ) ; or, 1 MW de plus requis pour la réserve, c'est 1 MW en moins de puissance disponible pour la production. C'est cet ensemble de considérations qui fait que, du point de vue de la production, et contrairement aux idées reçues, la pointe du soir en hiver n'est pas plus difficile à passer que celle du matin, même si elle est plus haute.

Vos interventions ont au moins le mérite de montrer clairement l'origine du quiproquo : vous (avec SLC) interprétez la question posée à Sido-Poignant comme "Comment passer la pointe de 19:00 en hiver ?". En fait, la question n'est pas du tout celle-là ; c'est : "Comment passer la vague de froid décennale ?" Et c'est bien à cette dernière question que répondent la plupart des propositions du rapport Sido-Poignant (susciter des effacements, obligation de capacité, structure horo-saisonière des tarifs réglementés,...).

Dan1


Invité



le 16-04-2010 18:46:37
  Bas de page     Répondre  

A lire
Les questions que se pose RTE :
http://www.audeladeslignes.com/hiver-co … eures-1290

marius76


Membre
depuis le 06-09-2008
le 20-04-2010 13:36:41
  Bas de page     Répondre  

du nouveau dans les publications RTE

Les aperçus mensuels évoluent :
 http://www.rte-france.com/uploads/media … 010_03.pdf

Il y a notamment une nouvelle page 3, avec :
- les puissances horaires de consommation -  voilà enfin de quoi visualiser les pointes de consommation ! en l'occurence, en mars, les dépassements du seuil de 80 GW se sont produits du lundi 8 au vendredi 12, et il y en a eu aussi bien le matin que le soir ; si on les met en regard des températures journalières (fournies, comme traditionnellement, en première page), on voit qu'ils correspondent très exactement à une vague de froid et aux besoins de chauffage associés. Dommage que cette publication n'ait commencé que ce mois ci, mais les données téléchargeables depuis http://clients.rte-france.com/lang/fr/v … o_inst.jsp  permettent de construire les mêmes courbes depuis plus de 10 ans.
- la puissance éolienne heure par heure au cours du mois : là encore, dommage qu'il faille attendre le milieu du mois M+1 pour connaître les puissances du mois M (quand les allemands, les espagnols, les irlandais...) le font en direct. Mais c'est déjà un premier pas ; et c'est aussi plus frais (et certainement plus fiable) que les données de suivi.eolien.verite (qui est encore aujourd'hui arrêté à décembre 2009 ; pourquoi ne nous dit-on plus la vérité depuis plus de 3 mois ???)
 
 

 
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