La rémunération du Livret A va augmenter dès le 1er août 2026, une annonce officialisée ce mardi par le ministre de l’Économie Roland Lescure. La décision semble avoir été motivée par une inflation plus forte que prévu. Le taux actuel de 1,50 % devrait passer entre 1,70 % et 1,80 %, offrant un bol d’air bienvenu à des millions de Français.
Une annonce surprise qui fait du bien au moral
Il n’en fallait pas plus pour mobiliser les épargnants. Ce mardi, en confirmant une revalorisation estivale du taux du Livret A, Roland Lescure a déclenché une note de satisfaction dans les foyers français. « C’est une décision logique, dictée par les réalités économiques », a sobrement commenté le ministre, tout en rappelant que l’État reste garant du pouvoir d’achat des épargnants.
L’annonce intervient dans un contexte bien particulier. L’inflation, qui avait semblé s’apaiser ces derniers mois, a rebondi à 2,40 % en mai, dépassant les prévisions des économistes de près d’un demi-point. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, conjuguées à la hausse du prix du pétrole, ont réveillé le spectre d’une inflation plus persistante qu’anticipé. C’est précisément cette hausse des prix qui active la formule de révision du taux réglementé.
De 1,50 % à 1,80 % : combien ça rapporte ?
Le Livret A, plafonné à 22 950 euros, offre aujourd’hui un rendement de 1,50 % depuis le 1er février 2026, après avoir culminé à 1,70 % entre août 2025 et janvier dernier. La baisse du début d’année avait déçu, mais la donne change radicalement.
Selon les projections établies à partir des chiffres de l’inflation du premier semestre (proche de 1,60 %), le nouveau taux devrait se situer entre 1,70 % et 1,80 %. Ce n’est pas une révolution toutefois, il y a encore peu, les épargnants bénéficiaient de 3 % en 2023 mais c’est une amélioration notable. Par exemple, avec un taux à 1,80% le montant cumulé des intérêts annuels passe à 411 euros à condition que le livret soit rempli à son maximum.
Mieux encore, le Livret d’Épargne Populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, devrait suivre la même trajectoire. Estimé aujourd’hui à 2,50 %, son taux pourrait grimper entre 2,70 % et 2,80 %, afin de maintenir l’écart d’un point avec le Livret A, comme le prévoit la réglementation.
Une révision qui fait quand même débat
Mais cette hausse n’est pas sans susciter quelques interrogations. Certains économistes pointent du doigt le décalage entre la formule de calcul et la réalité économique. Il faut savoir que le taux du Livret A est révisé deux fois par an (janvier et août), à partir d’une moyenne de l’inflation et des taux du marché monétaire. Or, l’inflation est volatile tandis que la formule peut donner des résultats inattendus.
De fait, l’inflation de mai à 2,40 % ne sera pas directement répercutée car c’est la moyenne du premier semestre, proche de 1,60 %, qui servira de base. Le taux obtenu pourrait donc sembler modeste au regard de la flambée des prix de l’énergie. Pour autant, ce mécanisme protège les épargnants contre les excès. En effet, le taux ne peut pas descendre en dessous de 0,50 %, ni dépasser le taux d’inflation observé. Une double sécurité qui explique pourquoi le livret rouge et blanc reste aussi populaire.
Un été sous le signe de l’épargne
Alors que les Français s’apprêtent à boucler leurs vacances, cette annonce rappelle que l’épargne est toujours un sujet de préoccupation majeur. La révision officielle interviendra le 1er août 2026, date à laquelle le nouveau taux sera appliqué à tous les livrets, sans démarche particulière pour les titulaires.
La hausse suffira t-elle à redonner confiance à des épargnants confrontés à une inflation encore élevée ? Si les taux du livret A ont doublé en deux ans, ils restent pourtant inférieurs à l’inflation réelle pour beaucoup.
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