Centrale thermique du Havre : 1ère tonne de CO2 captée sur l’unité 4

Une douzaine d’ingénieurs issus des équipes de Recherche et Développement d’EDF et d’Alstom ont conduit les premiers tests concernant le démonstrateur sélectionné par l’ADEME en 2010, avec la première tonne de CO2 captée le 11 juillet 2013.

Cet investissement de 22 millions d’euros, financé à 25% par le fonds « démonstrateur de recherche » de l’ADEME, s’inscrit dans la volonté du Groupe EDF d’investir dans la recherche et l’innovation pour réduire l’impact environnemental des centrales alimentées par des énergies fossiles.

Ces derniers ont pour objectif de confirmer la prévision de consommation d’énergie et de solution à base d’amines nécessaires au fonctionnement du dispositif, et ainsi vérifier la viabilité économique et environnementale du procédé. La performance en milieu industriel ainsi que la flexibilité d’utilisation sur une centrale de production en exploitation seront aussi étudiées. Ces tests constituent une étape indispensable dans la recherche de solutions industrielles performantes appliquées au captage du CO2 .

Ce démonstrateur est situé sur l’unité 4 de la centrale thermique EDF du Havre. La technologie proposée par Alstom, en partenariat avec Dow Chemical Co. et retenue par EDF, consiste à laver les fumées avec une solution à base d’amines développée par Dow (UCARSOLTM FGC-300), les amines étant la base du réactif qui permet d’extraire le CO2 des fumées. Sur cette installation, Alstom et Dow ont implanté une configuration évoluée du procédé, spécifiquement développée pour minimiser la consommation d’énergie.

A terme, ce prototype de recherche devrait capter environ 1 tonne de CO2 par heure. Le CO2 sera évacué dans les cheminées, le but de ce projet étant de tester le captage et non pas le stockage. En fonction des résultats techniques, EDF étudiera l’équation économique du dispositif.

Alstom s’est engagé, en coopération avec les plus importants énergéticiens et industriels mondiaux, dans 13 projets pilotes de captage et stockage de CO2. Parallèlement, le Groupe participe à plusieurs projets démonstrateurs de grande taille en cours de développement.

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fredo

à aucun moment il n’est mentionné qu’il s’agit d’une centrale charbon, appelons un chat un chat. Edf veut-il développer la production d’électricité au charbon? Y a-t-il des jalons, dates butoirs et objectifs de déploiement ? Tout ça intervient comme par hasard dans un contexte où le prix du charbon a bien baissé, Au fait, Est-il prévu à terme de valoriser la tonne de CO2 ? la stocker?

Fra

Mais, euh ! j’comprends pas bien . On purifie le CO2 ; on le capte . Et puis après ? On fabrique des bulles pour le coca ou le champagne? Et plus on rejette des gaz à effet de serrs , plus on peut boire de champagne

Nicias

Qu’ils vont pas capter l’inoffensif CO2 et continuer à rejeter du souffre et autres saloperies dans l’atmosphère.

papi12

Bonjour à tous, Si je comprends bien on arriverait à capter le CO2 sous forme gazeuse au débit d’une tonne/heure. Quelles pourraient en être les applications ? Est-ce uniquement du CO2 ou y-a-t-il d’autres éléments chimiques ? D’avance merci

papi12

Bonjour à tous, Si je comprends bien on arriverait à capter le CO2 sous forme gazeuse au débit d’une tonne/heure. Quelles pourraient en être les applications ? Est-ce uniquement du CO2 ou y-a-t-il d’autres éléments chimiques ? D’avance merci

Guydegif(91)

Il doit s’agir de l’Unité R4C au charbon, d’EDF Le Havre, mise en service au début des années 90! J’ai connu ! Capter le CO2: Très Bien ! Valoriser le CO2, c’est encore mieux, car il parait un peu con de le relâcher, après l’avoir capté par la technique des amines. En technique de valorisation, je propose d’utiliser un PhotoBioRéacteur, soit: 1) en environnement de serre sèche, avec des plantes à grandes feuilles et ramures, recevant en fluide intrant, une forte concentration de CO2. Attention, faudra couper cette arrivée CO2 qd des gens ont à rentrer dans la serre. 2) en environnement de serre humide, à cheval sur un bassin-piscine, avec des µ-algues, spiruline ou autres, recevant en intrant-bullé-dans -fluide, une forte concentration de CO2. Voilà ma suggestion ! N’a-t-on pas chez EDF, Alstom, INRA, CNRS ou autre, de pistes testées pour cette valorisation du CO2 ? ça parait gros qu’on n’ait pas ! Merci Enerzine de nous dire ! A+ Salutations Guydegif(91)

Luis

¤ La température moyenne du globe est restée à peu près stable depuis 10 ou 15 ans selon diverses sources officielles (NOAA, Met Office …), ce que même le patron du GIEC a dû reconnaître (avec réticence). Mais la concentration de CO2 a continué d’augmenter à ce qu’on nous dit, à la différence de la température globale. Et si le CO2 anthropique n’avait rien à voir (ou très peu) dans cette affaire ? – Les CFC : chlorofluorocarbures, gaz fluorés, pourraient être la véritable cause du réchauffement enregistré entre 1970 et 2000. A vous de vous faire une opinion.

laurent44

Nicias, pour ton information, en cherchant un peu sur le net… la centrale du Havre possède: un dépoussiereur une désulfurisation (90% de dioxyde de souffre capté) une dénitrification les liens ici a bon entendeur

Nicias

Très bien, mais ne peut-on mieux faire ? on a recement parlé sur Enerzine de la pollution des centrales françaises suite à la parution d’une étude de GP. Pour les particules fines, c’est pas brillant ! Alors je m’irrite un peu que l’on se focalise sur le CO2 alors que nos poumons souffrent.

francois g

A chaque semaine, il s’ouvre une nouvelle centrale au charbon quelque part. Il se dépense beaucoup d’argent pour nous faire croire que la production d’électricité au charbon pourrait un jour être propre, mais c’est un mythe, de la propagande. Jamais nous ne pourrons enterrer ou faire disparaître tout le CO2 produit par les centrales au charbon et au gaz. La solution est ailleurs.

climax1891

Il faut être pragmatique. La modernisation des centrales avec de meilleurs rendements et le remplacement du charbon par de la biomasse ou par la chaleur du soleil. Aujourd’hui, le rendement moyen des centrales européennes est de 36% soit 930 g de CO2/kWh. Il est résonnable de

Devoirdereserve

Concernant la valorisation du CO2, je vous invite à prendre connaissance des travaux de M. Cantat, au CEA… Concernant la stratégie d’EDF, ce qui est certain c’est qu’il y a un marché pour la capture. Dans l’énergie, ou dans l’industrie. EDF et Alstom prennent le parti de développer ces technologies. Peut-être pour s’en servir ailleurs qu’en France : ce sont des groupes mondiaux, avec des implantations dans des pays très fortement utilisateurs de charbon. Pour Fra, après capture, on peut valoriser (molécules pour la chimie ou carburants), ou imaginer de séquestrer en couche géologique profonde… Personnellement, je ne suis pas fan de tout ça.

nabla

Voici un intéressant document qui en dit plus sur comment capter le CO2… Je pense qu’il n’est pas surprenant que le système soit associé à des sous-systèmes de purification pour filtrer les composés divers, puisque capter le CO2 sous-entend implicitement de le concentrer. C’est quasi-obligatoire car les sources anthropiques majeures (et fixe, pouvant se voir adjoindre une installation massive) de CO2 sont industrielles, fumées de combustion des centrales thermoélectriques ou industries lourdes diverses. De plus, dans l’optique de la valorisation ultérieure du CO2, en ne parlant que de la voie de son hydrogénation, il se trouve que les catalyseurs sont généralement sensibles et perdent en efficacité en présence de soufre et certains autres composés à l’origine présents dans ces fumées de combustion… Je trouve aussi qu’utiliser du CO2 concentré pour alimenter des bioréacteurs à algues est une solution intéressante, probablement que cela rend plus efficace le labeur des petites algues, tout comme l’hydrogénation du carbone qui doit elle aussi être mise en avant et développée. Ces technologies font d’une pierre plusieurs coups: -Elles permettent de prolonger le cycle de vie du carbone fossile pour que celui-ci ne serve pas seulement à produire de l’électricité puis être émis (un peu pour le Charbon, bcp pour le GN, selon le rapport H/C du feedstock) mais également pour contribuer à valoriser l’énergie solaire sous la forme de matière première servant à la production d’un vecteur énergétique final (méthanol, DME, huile végétale, etc..) pouvant être conditionné facilement ce qui ouvre la voie aux applications de transport. Les carburant fossiles carbonés sont intéressants à plus d’un titre (PCI élevé, liquide à l’ambiante, peu corrosifs) -Reduisent la dépendance à des zones instables géopolitiquement en substituant, dilluant, une part des carburants fossiles carbonés actuels, qui autrement dit plombent notre balance économique en faveur des pays de l’OPEP, par des carburants carbonés dont l’hydrogène adjoint provient d’électricité à priori renouvelable. -Délocaliser les lieux de production de vecteurs énergétiques pour le transport le plus possible, là ou il y a des émissions concentrées à valoriser. -Presenter des réponses face à nos enjeux énergétiques de demain, contrairement à la séquestration. -Encourager à moyen/long terme un shift du carbone fossile vers le carbone biomasse, l’excedent devra quitter l’atmosphère, être solidifié pour nos besoin ou séquestré. Théoriquement, il y a un cycle vertueux la dedans. Aussi, Le charbon demeure, contrairement au GN le feedstock le plus propice pour mettre à disposition des fumées bien dégueulasses et éprouver les systèmes de concentration du CO2. De plus, des centrales charbon, il y en a plein dans le monde et elles ne vont pas disparaitre demain, par contre seront bel et bien une source de matière première aux carburants carbonés ou oxygéné de demain. Seule fait peur l’ampleur colossale des investissements des ER ou de façon plus imagée la surface totale de panneaux solaires qu’il faudra installer pour recycler tout le carbone émis (hydrogénation). Je m’interroge si ces solutions ont réellement été considérés dans les scénarios de transition énergétique étudiés ces derniers mois, d’un point de vue économique, cela tient-il selon vous?

Fra

Ce que je voulais dire : Pour le moment , ce qu’ils savent faire c’est capter et puis … REJETER ! Dans la vraie vie , le CO2 se retrouve en milieu aqueux et puis :CO3H- H+ va dissoudre le calcaire , actuellement celui des coraux , mais on peut certainement faire ça à bien plus grande échelle dans les sous-sols des nappes phréatiques . Actuellement , il n’ y a pas de solution applicable industriellement pour se débarrasser de tout ce CO2.

thermo

@Guydegif(91) L’unité R4C était la tranche 1. La tranche 4 du Havre fait partie du palier appelé Q600 à circulation forcée qui comprend également les tranches 5 et 6 de Cordemais et la tranche 6 de Carling. Cette tranche a une puissance de 620 MW bruts maximum ce qui donne en fait 580 MW nets à cause de la consommation des auxiliaires qui est devenue plus importante lors de la mise en place de la désulfuration. @Fra L’intéret du pilote est d’expérimenter ce procédé de captage de C02 afin de l’optimiser. Nous sommes sortis de l’échelle du laboratoire mais ne sommes pas encore à l’échelle industrielle car cette tonne de C02 captée ne représente que 1% du C02 produit. Donc non seulement on n’est pas capable de se débarasser du CO2 produit mais on n’est ps encore vraiment capable de le capter. @climax1891 Tout a fait d’accord, le charbon est incontournable à moyen terme. Si on devait capter 100% du co2, il faudrait consacrer 25% de la producton élecrique au fonctionnement de l’installation de captage. Il faut donc travailler à la fois l’augmentation des rendements et à l’optimisation du captage. Pour ma part, je considère, comme vous, qu’une piste à creuser est celle de la gazéification du charbon qui permet d’obtenir le meilleur rendement thermodynamique. En conclusion, il ne faut pas se faire d’illusions, le chemin est encore long avant d’amener les technologies de captage à l’échelle industrielle. d’ici là, on peut espérer que les solutions de stockage ou de valorisation du C02 seront également matures.

Fra

Excellent exposé de la vraie situation , professeur Thermo . je repense à une vieille nouvelle de SF de Robert Sheckley ,où le habitants d’une lointaine planète n’arrivent pas à arreter les machines qui fabriquent leur aliment de base et sont submergés par une désolante substance grisâtre

Sicetaitsimple

C’est “g” comme “gourou”? Parce que la dernière phrase un peu enigmatique de votre post “La solution est ailleurs.” pourrait le laisser penser…

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