En bref :
- La technologie de fusion à cible magnétisée (« MTF ») de General Fusion est conçue pour surmonter les obstacles majeurs à la commercialisation de l’énergie de fusion, à un moment où la demande en électricité est en forte hausse et où les nations du monde entier se livrent à une course effrénée pour commercialiser l’énergie de fusion.
- En tant que technologie, la MTF vise à réaliser la fusion de manière pratique, en évitant le recours à des aimants supraconducteurs et à des lasers de haute puissance, tout en permettant l’utilisation de matériaux existants pour construire des machines durables capables de produire une énergie rentable.
- Début 2025, General Fusion a annoncé avoir conçu, construit et mis en service, en moins de deux ans, sa machine de démonstration de fusion Lawson Machine 26 (« LM26 »), une première mondiale. La LM26 est la première machine de démonstration MTF à être construite à une échelle commercialement viable. Elle comprime mécaniquement le plasma à l’aide d’une gaine en lithium dont le diamètre correspond à 50 % de celui d’une machine à échelle commerciale, selon les paramètres de conception actuels.
- La LM26 vise à franchir des étapes techniques clés de la fusion : le chauffage du plasma à 1 keV (10 millions de degrés Celsius), puis à 10 keV (100 millions de degrés Celsius), et enfin le critère de Lawson, c’est-à-dire la combinaison de paramètres de fusion permettant de produire une énergie de fusion nette dans le plasma.
- Les membres du comité consultatif de développement du marché de General Fusion proviennent d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie et orientent la conception et le développement d’une centrale MTF opérationnelle qui répondra aux besoins des utilisateurs.
Le canadien General Fusion et l’italien Renexia S.p.A. ont annoncé un accord-cadre pour implanter des centrales électriques à fusion magnétisée sur cible en Italie. Les études de faisabilité démarrent sans attendre, tandis que l’entreprise de Vancouver prépare son entrée au Nasdaq.
Un développeur canadien de fusion nucléaire et un énergéticien italien viennent de poser les fondations d’un projet qui pourrait accélérer l’arrivée de l’énergie de fusion sur le Vieux Continent. Mardi, General Fusion et Renexia S.p.A. ont officialisé un accord-cadre destiné à déployer des centrales électriques à fusion magnétisée sur cible en Italie, ouvrant la voie à une première implantation commerciale en Europe.
L’annonce intervient dans un calendrier chargé pour le secteur, où plusieurs acteurs privés accélèrent leurs programmes respectifs dans l’espoir de connecter au réseau des installations opérationnelles d’ici le milieu des années 2030. General Fusion, fondée en 2002 à Vancouver, figure parmi les pionniers de la course technologique mondiale à la maîtrise de cette source d’électricité sans émission directe de carbone.
Un déploiement progressif, jalon par jalon
L’accord négocié entre les deux partenaires couvre l’ensemble du cycle de développement : sélection et étude de faisabilité du site, montage financier, obtention des autorisations réglementaires, construction et mise en service. Les études de faisabilité doivent débuter immédiatement, tandis que les autres activités de la première phase sont attendues pour le second semestre 2026, une fois les termes contractuels définitifs arrêtés.
Le partenariat est découpé en plusieurs phases, chacune encadrée par des accords définitifs distincts. L’architecture contractuelle retenue permet aux deux parties de progresser par étapes, en validant chaque jalon avant d’engager la suivante. Renexia, filiale du groupe italien Toto spécialisée dans les énergies renouvelables, siège déjà au Conseil consultatif de développement de General Fusion, preuve de relations nouées en amont de l’annonce publique.
Greg Twinney, PDG de General Fusion, a qualifié l’accord d’« avancée supplémentaire vers la mise sur le marché mondial d’une technologie de fusion pratique issue du Canada ». Riccardo Toto, son homologue chez Renexia, a évoqué l’enthousiasme de ses équipes à prospecter, développer et construire une installation de fusion sur le territoire italien.
Une approche technique singulière
General Fusion se distingue par sa technologie propriétaire : la fusion à cible magnétisée, ou MTF. La méthode comprime un plasma confiné magnétiquement pour déclencher des réactions de fusion, en utilisant un dispositif mécanique de compression. Début 2025, l’entreprise a franchi un cap technique avec la construction et la mise en service de sa machine Lawson Machine 26, premier démonstrateur MTF réalisé à une échelle jugée pertinente pour une exploitation commerciale.
La feuille de route de General Fusion ambitionne une première centrale opérationnelle dans le courant des années 2030, un horizon partagé par plusieurs autres acteurs du secteur. Les défis d’ingénierie à surmonter restent toutefois considérables, qu’il s’agisse de la tenue des matériaux exposés au plasma, de la régularité des réactions ou du maintien d’un bilan énergétique positif sur la durée.
Le Nasdaq en ligne de mire
Parallèlement à ce développement industriel, General Fusion prépare son introduction sur les marchés financiers. L’entreprise canadienne a engagé un processus de fusion avec Spring Valley Acquisition Corp. III, une société d’acquisition à vocation spécifique cotée au Nasdaq. L’opération, estimée à environ un milliard de dollars, devrait aboutir vers le milieu de l’année 2026.
Si le calendrier est respecté, General Fusion deviendrait la première société cotée intégralement consacrée à la fusion nucléaire, sous le symbole boursier « GFUZ ». L’entrée sur les marchés fournirait des ressources financières supplémentaires pour soutenir les phases de développement à venir, y compris le projet italien qui requerra des investissements substantiels.
Fondée en 2011, Renexia opère dans la conception et la gestion de centrales renouvelables, avec un portefeuille couvrant le photovoltaïque, l’éolien terrestre et offshore, en Italie comme aux États-Unis. L’ajout de la fusion à son spectre d’activités traduit une volonté de diversification vers une technologie encore en développement, mais dont le potentiel de production électrique massive et pilotable suscite un intérêt croissant chez les énergéticiens européens.
Source : generalFusion
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