Le 10 février 2026, le Tzen 4 entre en service dans le sud de l’Île-de-France. La ligne de bus à haut niveau de service relie Viry-Châtillon à Corbeil-Essonnes sur 14 kilomètres, avec une flotte entièrement électrique et une infrastructure repensée. Conçue pour répondre aux besoins croissants de mobilité d’un territoire en développement, elle devrait transporter plus de 50 000 voyageurs quotidiennement.
Le sud de l’Île-de-France s’apprête à tourner une page dans son histoire des transports. À partir du 10 février 2026, le Tzen 4, ligne de bus à haut niveau de service, va structurer les déplacements de cinq communes essonniennes, de Viry-Châtillon à Corbeil-Essonnes en passant par Grigny, Ris-Orangis et Évry-Courcouronnes. Avec ses 14 kilomètres d’infrastructure entièrement repensée et ses 30 stations neuves, cette réalisation représente bien plus qu’une simple amélioration du réseau existant : elle constitue un changement de paradigme pour un territoire confronté à une croissance démographique soutenue et à des besoins de mobilité en constante évolution.
Une réponse structurelle à la saturation du réseau
Le Tzen 4 ne naît pas ex nihilo. Il vient progressivement remplacer la ligne 4206, actuellement la plus fréquentée de grande couronne et arrivée à saturation. Cette dernière continuera de circuler toutes les quinze minutes du lundi au vendredi, en complément du nouveau service, le temps que les usagers s’approprient le matériel roulant. La transition s’effectuera ainsi en douceur, sur le même site propre aménagé pour l’occasion.
L’infrastructure a été conçue pour offrir une régularité et une rapidité inédites dans le secteur. La circulation en site propre sur la majeure partie du tracé, couplée à des priorités aux carrefours, garantit des temps de parcours optimisés. L’objectif affiché est ambitieux : un bus toutes les cinq minutes en heure de pointe, avec un service continu de 5 heures à 1 heure du matin, sept jours sur sept. La cadence soutenue répond à la demande croissante d’une population qui a augmenté de 18 % dans la zone, tandis que les emplois progressaient de 3 %.

Des stations conçues comme des interfaces urbaines
Les trente stations qui jalonnent le parcours ont été pensées comme de véritables pôles d’échange et d’information. Loin des simples arrêts de bus traditionnels, elles intègrent des quais allongés pour accueillir les véhicules bi-articulés de 24 mètres, des abris modernes, des distributeurs de titres de transport et des écrans d’information en temps réel. La sécurité n’a pas été négligée, avec la mise en place de systèmes de vidéoprotection. L’accessibilité universelle constitue un axe majeur du projet, avec des équipements adaptés aux personnes à mobilité réduite, des bandes podotactiles et des annonces sonores et visuelles.
L’attention portée au détail s’inscrit dans une logique plus large d’aménagement du territoire. Le Tzen 4 dessert directement des quartiers en renouvellement urbain, comme la ZAC Centre-ville de Grigny, le quartier de la Grande Borne ou l’Agora à Évry-Courcouronnes. Il facilite également l’accès aux principaux pôles d’activité, notamment le Centre hospitalier Sud Francilien, et renforce les connexions avec le réseau ferré régional via des correspondances avec le RER D, le T12 et le Tzen 1.
Une flotte électrique aux technologies innovantes
La singularité du Tzen 4 réside également dans son matériel roulant. Les trente bus bi-articulés, développés spécialement pour Île-de-France Mobilités par l’entreprise Hess, sont intégralement électriques. Leur conception permet de transporter jusqu’à 140 passagers, soit une capacité augmentée de 40 % par rapport aux véhicules classiques. À bord, le confort des usagers a été privilégié : climatisation, éclairage adapté, espaces généreux et larges portes coulissantes facilitant les flux. Des ports USB, un système d’information dynamique et la vidéoprotection complètent l’équipement.
La technologie de recharge constitue l’un des aspects les plus novateurs du projet. Les batteries haute puissance, fournies par Kiepe Electric, sont alimentées par un système de recharge statique par contact au sol (SRS) développé par Alstom. La solution, qui évite les infrastructures lourdes et les impacts visuels, permet une recharge complète en moins de cinq minutes aux terminus. Le plancher bas intégral et les rampes pour fauteuils roulants assurent une accessibilité totale dès la conception.
Un financement partenarial à grande échelle
La réalisation du Tzen 4 représente un investissement total de près de 123 millions d’euros pour l’infrastructure, financé selon un schéma partenarial complexe :
- 49 % par la Région Île-de-France (60 millions d’euros)
- 30 % par le Département de l’Essonne (37 millions d’euros)
- 6 % par l’Union européenne (7 millions d’euros)
- 15 % par l’État (19 millions d’euros)
Le matériel roulant et le fonctionnement de la ligne sont quant à eux intégralement pris en charge par Île-de-France Mobilités. L’exploitation est confiée à Keolis Tisse dans le cadre de la DSP 23.

Au-delà des chiffres et des technologies, le Tzen 4 s’impose comme un révélateur des tensions qui traversent la politique des transports en Île-de-France. Son déploiement dans l’Essonne, territoire périphérique en forte croissance, illustre la difficulté à équilibrer développement urbain et offre de mobilité durable. Le choix du bus à haut niveau de service, moins coûteux qu’un tramway mais nécessitant des aménagements spécifiques, témoigne d’une recherche d’efficacité dans l’utilisation des fonds publics. Le succès de la ligne, qui promet de transporter plus de 50 000 voyageurs par jour, dépendra de sa capacité à s’intégrer harmonieusement dans le tissu urbain existant et à répondre aux attentes concrètes des usagers, au-delà des promesses techniques.
Source : IDF Mobilités



















