Les centrales nucléaires flottantes sont-elles la voie à suivre ?

L’énergie nucléaire flottante promet de fournir une source d’énergie stable pour les endroits difficiles d’accès.

Cependant, les dangers inhérents à l’énergie nucléaire font que l’on peut se demander si elle est suffisamment sûre pour les régions où l’aide est difficile à trouver. L’énergie nucléaire flottante est-elle vraiment une bonne idée ? Yoana Cholteeva, rédactrice de GlobalData spécialisée dans les technologies de l’énergie, se penche sur ces questions.

La société nucléaire russe Rosatom a annoncé l’arrivée de la première centrale nucléaire flottante du monde, Akademik Lomonosov, en septembre 2019, lorsque la technologie a été transportée dans le port de son emplacement permanent en Extrême-Orient russe. Le navire de 144 m de long et 30 m de large est maintenant à quai au port de Pevek, au large de la côte de Tchoukotka, où il restera avant sa mise en service plus tard cette année.

Akademik Lomonosov utilisera la technologie des petits réacteurs modulaires et est équipé de deux systèmes de réacteurs KLT-40C d’une capacité de 35MW chacun. Il a été conçu pour accéder à des zones difficiles d’accès où il peut fonctionner pendant trois à cinq ans sans avoir besoin d’être rechargé. Il a également un cycle de vie global de 40 ans, qui peut être prolongé jusqu’à 50 ans.

La centrale sert de projet pilote pour un futur parc de centrales nucléaires flottantes et d’installations terrestres basées sur de petits réacteurs modulaires fabriqués en Russie. Bien qu’il ne s’agisse pas du premier navire à propulsion nucléaire, les sous-marins à propulsion nucléaire et autres navires à propulsion nucléaire (dans certains cas d’une capacité supérieure à 35 MW) existent depuis les années 1950, il s’agit de la première installation conçue spécifiquement pour alimenter un réseau électrique.

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Selon Rosatom, l’un des principaux avantages de la construction est économique car, après avoir été amarrée, la barge de 21 000 tonnes remplacera une centrale nucléaire terrestre vieillissante pour alimenter en électricité 50 000 personnes dans la région. Le Lomonosov consiste en une unité énergétique équipée des dernières technologies de sécurité nucléaire et utilise la même technologie de construction que les brise-glaces nucléaires et les navires, ce qui le rend adapté aux conditions difficiles.

Malgré les effets positifs mis en évidence par le gouvernement russe et Rosatom, les experts nucléaires ont mis en évidence des points négatifs cruciaux qui mettent en doute l’utopie nucléaire flottante.

Bien que ce réacteur nucléaire puisse sembler plus écologique que les combustibles fossiles, le plan de l’Akademik Lomonosov prévoit que le réacteur reste en mer pendant 12 ans.”

Jan Haverkamp, expert principal de Greenpeace Pays-Bas en matière d’énergie nucléaire et de politique énergétique, met en garde : “Cela signifie que le combustible doit être changé environ quatre fois, pendant ce temps le combustible usagé qui est très, très toxique restera à bord avant d’être expédié et remplacé par du combustible neuf.

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[ Communiqué ]
Lien principal : www.globaldata.com

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Pavek

Il aura donc fallu plus de douze ans pour construire ces deux petits réacteurs de 32 MW net (pas 35). La construction a commencé le 15 avril 2007, pour un raccordement le 19 décembre 2019. Mais l’installation n’est pas encore en service commercial. D’un autre côté, c’est plus rapide, si l’on peut dire, que la construction de l’EPR de Olkiluoto en Finlande, avec une construction commencée le 12 août 2005 et dont la mise en service commercial est sans cesse repoussée, à mars 2021 aux dernières nouvelles. Plus rapide aussi que l’EPR de Flamanville, commencé le 3 décembre 2007, qui… Lire plus »