La popularité croissante de l’intelligence artificielle (IA), des services cloud et des applications numériques entraîne une demande sans précédent en puissance de calcul, ce qui exerce une pression énorme sur les centres de données terrestres traditionnels. Pour alléger cette pression et répondre aux besoins de charges de travail IA de plus en plus complexes, il faut explorer d’autres environnements. Selon GlobalData, les océans et l’espace offrent une flexibilité abondante en matière de refroidissement, d’énergie et de déploiement, ce qui en fait la prochaine frontière pour l’infrastructure des centres de données.
Le rapport Strategic Intelligence de GlobalData, intitulé « Deep Dive into Data Centers’ Next Frontier: Oceans and Space » (Plongée dans la prochaine frontière des centres de données : les océans et l’espace), révèle que la construction d’infrastructures de centres de données dans l’océan et l’espace pourrait potentiellement permettre de faire face à la crise énergétique à venir.
Martina Raveni, analyste en intelligence stratégique chez GlobalData, commente : « Les centres de données flottants et sous-marins offrent des solutions évolutives et efficaces en utilisant l’eau de mer pour le refroidissement et en accédant à des énergies renouvelables près des côtes. Ces installations modulaires réduisent la dépendance à l’égard des terres et de l’eau potable, améliorent la latence pour les populations côtières et atténuent certains des risques climatiques posés par les centres de données terrestres. »
Des projets pilotes menés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie ont démontré la viabilité des déploiements en mer. Ces installations peuvent fonctionner à l’échelle du mégawatt, avec une densité de racks élevée et un potentiel d’utilisation à long terme.
En juin 2025, la Chine a récemment franchi une étape importante dans cette direction avec le lancement de son premier centre de données sous-marin (UDC) à échelle commerciale alimenté par l’énergie éolienne offshore au large de Shanghai, en Chine. Le projet prévoit d’augmenter la capacité à 24 mégawatts (MW) en deux phases, pour atteindre une efficacité énergétique (PUE) inférieure à 1,15, référence en matière d’efficacité énergétique. L’UDC sera composé de groupes d’unités de données modulaires, qui seront refroidies par l’eau de mer et tireront 97 % de leur énergie de parcs éoliens offshore.
M. Raveni ajoute : « Les centres de données spatiaux poussent ces innovations encore plus loin, en utilisant le froid extrême de l’espace et l’énergie solaire illimitée pour alimenter des ordinateurs haute performance. La baisse des coûts de lancement et les progrès réalisés dans le domaine des fusées réutilisables, des réseaux en orbite et de la sélection d’orbites optimales rendent les centres de données spatiaux de plus en plus viables. Ils offrent des capacités de traitement et de stockage à faible latence directement aux satellites et aux engins spatiaux, tout en complétant les infrastructures terrestres. »
L’utilisation des centres océaniques est actuellement limitée, mais à mesure que la technologie s’améliore et que les avantages de ces installations sont de plus en plus reconnus, leur présence va se développer au cours de la prochaine décennie.
M. Raveni conclut : « Les centres de données orbitaux ou lunaires pleinement opérationnels restent largement expérimentaux, mais il existe de nombreuses possibilités de partenariats, de financement et de recherche dans le domaine de l’informatique spatiale. »
Source : GlobalData











