Île-de-France Mobilités a reçu la certification HQE Infrastructures Durables pour le Câble C1, premier téléphérique urbain de la région. Long de 4,5 km entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges, l’ouvrage 100 % électrique a été distingué pour sa sobriété énergétique et son intégration territoriale par l’organisme CERTIVEA.
Trois années de travaux ont suffi. Le Câble C1, premier téléphérique urbain d’Île-de-France, a reçu le 2 juin dernier la certification Haute Qualité Environnementale (HQE) Infrastructures Durables des mains de Claire Tikhonoff, directrice du développement de CERTIVEA. Arnaud Crolais, directeur des infrastructures, et Christophe Surowiec, chargé de projets chez Île-de-France Mobilités, ont accepté la distinction lors du salon de l’Association des maires de France. Un ouvrage de 4,5 kilomètres qui relie Créteil à Villeneuve-Saint-Georges en survolant coupures routières, voies TGV et gare de triage.
Une infrastructure sobre par conception
Le téléphérique francilien affiche des performances énergétiques rares pour un transport collectif. Entièrement électrique et raccordé au réseau Enedis, il n’émet aucun CO₂ en exploitation directe. Sa consommation, évaluée à environ 0,1 kWh par passager et par kilomètre, le place cinq fois en dessous d’un bus diesel et dix fois sous une voiture individuelle.
L’empreinte au sol a été réduite au strict nécessaire. Le tracé aérien limite les interventions terrassières aux pylônes et aux stations. Les gares mobilisent du béton bas carbone tandis que les pylônes intègrent de l’acier recyclé. L’ensemble s’insère le long de La Végétale, coulée verte dont la biodiversité a été préservée grâce à une implantation soignée.

Désenclaver sans artifice
Le Câble C1 franchit des obstacles qui fragmentaient jusqu’ici le territoire du Val-de-Marne. Routes, voies ferrées, zone de triage : autant de barrières que l’ouvrage aérien traverse sans infrastructures lourdes. Résultat, un parcours de 18 minutes là où le réseau de bus exigeait plus de 40 minutes. Les cabines, d’une capacité de dix places assises, défilent toutes les 22 à 30 secondes aux heures de pointe pour un débit de 1 600 personnes par heure, soit près de 11 000 passagers quotidiens.
L’accessibilité universelle guide la conception : embarquement de plain-pied, sièges rétractables pour fauteuils roulants, isolation phonétique. À 50 mètres, le niveau sonore ne dépasse pas 50 décibels. « Le Câble C1 illustre la capacité d’Île-de-France Mobilités à conjuguer ambition territoriale et exigence environnementale », résume Arnaud Crolais. « Les trois piliers du développement durable, social, environnemental et économique, ont guidé la conception de bout en bout. Le référentiel HQE Infrastructures Durables a permis de cadrer et d’accompagner la démarche environnementale, de la programmation jusqu’à la réalisation du chantier. »

Un référentiel exigeant porté par CERTIVEA
La certification HQE Infrastructures Durables, déclinaison de la famille HQE Territoire Durable, s’adresse à tout porteur de projet d’infrastructure, public ou privé. Transports de personnes ou de marchandises, infrastructures hydrauliques, énergétiques, télécoms, stations d’épuration ou équipements sportifs : le cadre s’adapte à chaque typologie via des guides dédiés.
Le dispositif repose sur deux piliers. D’une part, des objectifs d’amélioration des performances sociétales, économiques et environnementales, tenant compte des spécificités locales. D’autre part, un Système de Management d’Opération qui encadre la gouvernance (concertation avec les parties prenantes, maîtrise des coûts et des délais). Quatre audits jalonnent le parcours, aux phases d’études préalables, de conception, de réalisation et de mise en service.
Pour François Jallot, président de CERTIVEA, « une approche multicritère intégrée dès l’amont donne aux maîtres d’ouvrage les moyens de concevoir des projets plus performants et de contribuer concrètement aux objectifs de décarbonation des transports. »
Le Câble C1, développé en trois ans pour un coût optimisé par rapport à des ouvrages d’art classiques, apporte une réponse concrète aux besoins de mobilité du territoire tout en limitant l’empreinte des infrastructures.
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