Une tempête géomagnétique d’une intensité rare, l’une des plus fortes depuis plus de vingt ans, frappe actuellement la Terre. Provoquée par une éruption solaire survenue le 18 janvier, elle génère des aurores boréales spectaculaires visibles jusqu’à des latitudes inhabituelles, tout en faisant peser des risques de perturbations sur les infrastructures électriques et de communication.
Depuis le lundi, notre planète subit les assauts d’une tempête solaire majeure, classée au niveau 4 sur une échelle de 5 par le Centre américain de prévision de la météo spatiale (SWPC/NOAA). L’événement est à l’origine d’un double phénomène. D’un côté, il y a un spectacle céleste exceptionnel avec des aurores boréales observées bien au-delà de leurs zones habituelles ; De l’autre, des alertes sérieuses qui concernent la stabilité des réseaux électriques et des systèmes de navigation par satellite.
Le mécanisme d’un phénomène à double tranchant
Les aurores boréales, des voiles lumineux aux teintes vertes et roses qui dansent dans le ciel nocturne, sont la manifestation de l’activité solaire. Elles se produisent lorsque des particules chargées émises par le Soleil, projetées lors d’éruptions comme celle du 18 janvier, sont captées par le champ magnétique terrestre et interagissent avec les gaz de la haute atmosphère. « Typiquement visibles près des pôles, elles s’étendent à des latitudes plus basses lors de tempêtes solaires intenses comme celle en cours », explique-t-on dans les bulletins d’alerte.

Cependant, la même pluie de particules énergétiques qui illumine le ciel constitue une menace pour nos technologies. En perturbant le champ magnétique terrestre, elle reste en capacité d’induire des courants électriques intenses dans les lignes à haute tension et les câbles de communication sous-marins. Les systèmes GPS et les communications radio haute fréquence peuvent également être fortement dégradés, voire interrompus. Le SWPC a ainsi émis des avertissements spécifiques à l’intention des opérateurs de réseaux électriques et des secteurs de l’aviation et du spatial.
Un spectacle céleste visible jusqu’en Europe du Sud
L’aspect le plus immédiat de cet événement reste le spectacle offert aux observateurs du ciel. En raison de l’intensité extrême de la tempête géomagnétique, les aurores ont été rapportées dans des régions où elles sont extrêmement rares. Des témoignages et des photographies affluent ainsi non seulement du nord de l’Europe et du Canada, mais aussi du sud de l’Angleterre, de la Hongrie, et même, potentiellement, du sud de la France comme la Côte d’Azur. Aux États-Unis, des observations ont été signalées jusqu’en Alabama et au Kansas, des latitudes très basses pour ce type de phénomène.
Les agences spatiales et les médias ont relayé l’information en précisant les créneaux horaires et les conditions (un ciel parfaitement dégagé) pour tenter d’apercevoir le phénomène.
Prévisions pour les heures à venir
Selon les dernières prévisions du SWPC, la tempête, qui a atteint son pic d’intensité, devrait commencer à se calmer au cours de la journée du mardi 20 janvier. L’agence américaine indique que « la tempête se poursuit ce mardi 20 janvier mais perd en intensité dans la journée, avec vigilance recommandée pour les infrastructures critiques ». La possibilité d’observer des aurores persistera pour la nuit du 20 au 21 janvier, avant une dissipation progressive de l’activité.
Aucune autre éruption solaire majeure n’étant attendue dans l’immédiat, l’épisode devrait prendre fin sans nouvelle escalade. L’événement montre l’importance croissante des programmes de surveillance et de prévision comme ceux menés par la NOAA et l’Agence spatiale européenne, qui visent à protéger les infrastructures essentielles de la société moderne. Alors que les dernières lueurs colorées s’estompent dans le ciel, la question de la préparation à un événement encore plus intense, de niveau 5 comme celui de mai 2025, demeure un sujet de préoccupation pour les scientifiques et les gouvernements.












