Lasse de mener une lutte sans fin contre les nuisibles qui peuplent ses stations de métro, la municipalité de New York a décidé de changer de stratégie : plutôt que les combattre, elle compte bien mettre à contribution les quelques 60 millions de rats new yorkais pour le bien-être de tous et la lutte contre le réchauffement climatique.
"A cause des dégâts dont ils sont la cause, les rats ont leur part de responsabilité dans le réchauffement climatique, justifie Rody Beckstein, l'ingénieur à l'origine du projet 'Rat Run'. "Et eux aussi profitent du chauffage collectif en hiver, ajoute-t-il. Il n'est pas trop demander qu'ils fassent un petit effort supplémentaire."
Quel effort ? Courir : aux endroits où circulent habituellement des colonies entières de rongeurs, Rody Beckstein a eu l'idée d'installer une série de tapis roulants miniatures. En courant, le rat actionne le tapis, qui génère de l'électricité. Appliqués sur des centaines de mètres, ils forment un véritable réseau à travers les canalisations et les couloirs du métro.
Rody Beckstein espère ainsi générer suffisamment d'électricité pour réduire les dépenses de chauffage des stations de métro de 15%. "Ce serait une belle preuve de la possibilité des hommes et des animaux de vivre ensemble", souligne-il en réponse aux détracteurs du projet.
Car pour certains écologistes, ce projet s'inscrit dans une tendance inquiétante qui consiste à utiliser les animaux comme source d'énergie et d'effort. "Ce serait une retour en arrière, au lieu de constituer un projet", accuse l'association 'Rodent's Protect'. Plus inquiétant : "Ce que la mairie n'a pas pris en compte, c'est qu'en obligeant les rats à produire d'avantage d'efforts, on risque de créer des générations de rats de plus en plus musclés, et donc plus rapides, plus résistants et plus dangereux."
Malgré ces critiques, la ville de New York a décidé de poursuivre ses essais. Si les résultats sont concluants, elle envisage de se tourner ensuite vers les pigeons. Les volatiles pourraient facilement faire tourner des séries de mini-éoliennes judicieusement placées dans le plafond des gares, rêve Beckstein.