Montpellier : une centrale à bois produit chaleur, électricité et froid

A l’initiative de la Ville de Montpellier, la centrale de trigénération mise en service à Montpellier, dans le quartier Port Marianne, constitue une première en France : "elle produit simultanément, à partir du bois régional, trois énergies (chaleur, froid et électricité)."

Saluée par le label Ecocité-Ville de demain, reçu par Montpellier Méditerranée Métropole pour les opérations de son projet urbain de « Montpellier à la mer » qui s’étend sur les communes de Montpellier, Castelnau-le-Lez, Lattes et Pérols, la centrale dessert 6 quartiers et alimente plus d’un million de mètres carrés de logements, commerces, établissements scolaires, de santé et bureaux.

« Cet équipement remarquable témoigne de notre contribution à la transition énergétique en privilégiant les énergies renouvelables dans la construction ou la rénovation de la ville. Coordinatrice de l’EcoCité, la Métropole s’emploie à développer des équipements durables pour l’avenir de son territoire » a précisé Philippe Saurel, maire de la Ville de Montpellier, président de Montpellier Méditerranée Métropole.

La transition énergétique, une nécessité économique, un impératif écologique

Grâce à ce nouvel équipement d’un coût de 15,88 ME, et à la modernisation des centrales les plus anciennes, le réseau montpelliérain de chaleur et de froid, conçu et exploité depuis plus de 30 ans par la SERM, et qui dessert aujourd’hui plus de 7000 logements, dépassera largement le seuil des 50% d’énergies renouvelables dans la production.

La Ville de Montpellier et Montpellier Méditerranée Métropole se disent pleinement engagées dans la transition écologique. Leurs politiques énergétiques menées sur leurs territoires ont déjà produit des résultats assez significatifs, tant dans le domaine économique, par des baisses importantes des dépenses d’énergie des bâtiments communaux (- 57 ME en trente ans), des créations d’emplois, et aussi dans la préservation de l’environnement et de la qualité de l’air.

Montpellier : une centrale à bois produit chaleur, électricité et froid

Une rénovation énergétique en cours

A titre d’exemple, plusieurs écoles innovantes produisant plus d’énergie qu’elles n’en consomment (BEPOS) ont été construites à l’initiative de la Ville de Montpellier. Trois d’entre elles sont alimentées en énergie renouvelable par le réseau de chaleur de la Ville concédé à la SERM.

En début d’année, Montpellier Méditerranée Métropole a été labellisée par l’Etat comme collectivité en transition énergétique pour la croissante verte, avec notamment un Plan climat énergie territorial très ambitieux visant à initier sur plus de 1000 logements la rénovation énergétique des copropriétés.

Focus sur la trigénération au bois

La centrale de trigénération au bois permet de produire de façon centralisée (sur place), eau chaude et électricité, ainsi que de façon décentralisée, du froid grâce aux machines à absorption à eau installées dans les immeubles.

Le bois provient de la région Languedoc-Roussillon exclusivement. La chaleur renouvelable permet
d’assurer les besoins en eau chaude sanitaire et de chauffage des quartiers de Port Marianne, ainsi que les besoins de rafraichissement des programmes de bureaux et de commerces.

L’électricité verte produite est autoconsommée pour les besoins de la centrale et revendue à un fournisseur d’électricité verte.

La Centrale de trigénération est équipée d’une machine thermodynamique, le module ORC (module à Cycle Organique de Rankine) qui permet des performances exceptionnelles. Ce module ORC transforme la chaleur en électricité. Éprouvée depuis des décennies, la technologie ORC est particulièrement bien adaptée pour valoriser des sources de chaleur à basse température (< 300°C) au sein de petites ou moyennes unités de production.

Montpellier : une centrale à bois produit chaleur, électricité et froid

Contrairement à une cogénération classique, la production d’électricité suivra les évolutions des besoins de chaleur du réseau urbain garantissant un rendement de production exceptionnel :

• Chaufferie au bois de 8,5 MW,
• Production d’électricité de 700 kWe par turbine alimentée en chaleur renouvelable,
• Chaufferie au gaz naturel pour assurer l’appoint et le secours,
• Rendement de cogénération > 84 %,
• Une chaleur renouvelable à plus de 90 % toute l’année,
• Production de chaleur globalement sans impact carbone (impact faible compensé par l’électricité
produite),
• Économie de carbone de 6 200 t /an.

La chaleur produite est ensuite transportée jusqu’aux immeubles raccordés par un réseau de canalisations enterrées sous la voie publique et relié à des postes de livraison. Ce mode de transport est discret et les pertes thermiques sont très faibles.

Des postes de livraison dans les immeubles permettent :

• le transfert de la chaleur dans les circuits secondaires de l’immeuble ou de l’équipement concerné pour desservir chaque utilisateur,
• la production du froid dans les immeubles grâce à des machines à absorption alimentée par le réseau de chaleur,
• le transfert du froid créé par les machines à absorption à eau chaude.

Montpellier : une centrale à bois produit chaleur, électricité et froid

 

 

** en partenariat avec la SERM, Montpellier Méditerranée Métropole, l’Etat, la Caisse des dépôts et l’ADEME

Partagez l'article

 



Articles connexes

Poster un Commentaire

5 Commentaires sur "Montpellier : une centrale à bois produit chaleur, électricité et froid"

Me notifier des
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
climax1891
Invité

Le Centre hospitalier sud francilien, situé sur les communes de Corbeil-Essonnes et d’Evry (Essonne), utilise une chaudière de trigénération biomasse depuis 2012.

seb
Invité
Je suis un peu perplexe par rapport à ce projet… Quel est le rendement du système de production de froid à absorption ? Car autant j’applaudirais cette initiative si elle utilisait de la chaleur fatale (incinérateur par exemple), autant là, dans un contexte où l’on observe une tension sur le marché du bois énergie, plutôt que d’en bruler pour faire du froid avec de mauvais rendements, je mettrais bien quelque groupes froid électriques alimentés par du PV qui produit justement beaucoup quand on a besoin de Clim… Après, en plus, comme climax, la seule fois où j’ai visité une chaufferie… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Les schémas proposés ne permettent pas de comprendre les régimes de fonctionnement envisagés pour cette installation, mais ça sent l’optimisation des subventions plus que l’optimisation thermodynamique….

climax1891
Invité

La chaudière biomasse fournit 3 500 kW de chaleur au module à Cycle Organique de Rankine qui produit 528 kW d’électricité. Ensuite, la chaleur résiduelle, 2 914 kW, peut soit produire de l’eau chaude ou 2 000 kW de froid grâce à un groupe froid à absorption

Jfk
Invité

Si l’on suit se raisonnement l’EPR doit être interrompu immédiatement, puisqu’il est défaillant avant d’avoir démarré sa production. Mais la technique tri-génération est bien maitrisée et permet des économies substantielles, sur les installations opérationnelles.

wpDiscuz