Imprimante

L'obsolescence programmée, fléau de notre société de consommation ?

L'obsolescence programmée reflet de notre société de consommationDans les années 1920, des industriels américains ont trouvé la formule magique pour soutenir la consommation : l'obsolescence programmée. Fini les bas en nylon qui résistent à tout et les ampoules qui durent 1000 ans, "un bon produit est un produit jetable".

Tourné aux quatre coins du monde, Prêt à Jeter est une enquête sur les bases de notre économie moderne - consommation, gaspillage et pollution.

Dans une société où la croissance est tirée par la consommation, les produits durables sont une catastrophe ! Et c'est une constatation qui ne date pas d'hier. Dès 1928, on pouvait lire dans une revue spécialisée, "un produit qui ne s'use pas est une tragédie pour les affaires".

Pour rentabiliser les machines et soutenir la consommation, on a contraint les ingénieurs à réduire la durée de vie des produits.

Les consommateurs, à la fois victimes et complices, n'ont pas d'autres choix que d'entretenir ce système court-termiste et gaspilleur. La preuve, quand un produit tombe en panne, la réparation coûte plus cher que de racheter du neuf. Mais une fois hors d'usage, les produits ne se recyclent pas aussi facilement. Alors que deviennent-ils ?

"À l'époque, le développement durable n'était pas au centre des préoccupations", rappelle Warner Philips, arrière-petit-fils des fondateurs de la marque du même nom. Mais alors que les ressources de la planète s'épuisent, l'industrie semble engoncée dans ses principes. Pourtant d'autres modèles économiques existent, plus durables. Ils sont présentés dans Prêt à jeter- comme une invitation à la réflexion et au changement.

 

Le cas de l'ampoule électrique :

Le filament de l'ampoule à incandescence a été conçu par Adolphe Chaillet. Comment ce produit simple est 'il devenu la première victime de l'obsolescence programmée ?

Extraits :

"AL'obsolescence programmée, fléau de notre société de consommation ?u début, les fabricants cherchent à produire des ampoules de longue durée 'grâce à un filament particulièrement stable'... Les premières ampoules de Thomas Edison commercialisées en 1881 avaient une durée de vie de 1.500 heures. En 1924, quand le Cartel Phoebus fut fondé, les fabricants annonçaient déjà des durées de vie de 2.500 heures et insistaient sur la longévité de leurs ampoules."

C'est à partir de 1925, que le Cartel a pensé à limiter la durée de vie à 1.000 heures par des moyens techniques.

"En 1929, une liste indique les amendes (en Francs Suisses) payés par le cartel si par exemple leurs ampoules dépassaient 1500 heures."

"Avec la mise en place de l'obscolescence programmée, la durée des ampoules a chuté. En seulement 2 ans elle est passé de 2.500 h à moins de 1.500h. Dans les année 1940, le cartel a atteint son but. La durée standard d'une ampoule est désormais fixée à 1.000 heures."

"General electric a produit un film éducatif pour expliquer aux consommateurs que la durée en vigueur était la meilleure."

La publicité est assez explicite : "Regarder ce filament ; La durée de vie dune ampoule dépend grandement de la température du filament ; Des échantillons de toutes les usines sont testés dans un souci de qualité."

"En 1942, le Cartel est découvert et le gouvernement américain porte plainte contre GE et d'autres fabricants d'ampoules. On les accuse de fixer le prix, de concurrence déloyale et de limiter la durée de vie des ampoules à incandescente. Après 11 ans de procès, la cours prononce son jugement en 1953. GE et ses associés sont contraints en autres, de lever leur restriction sur la longévité des ampoules".

"En réalité, ce jugement n'a eu que trés peu d'effet, les ampoules ont continué à durer 1.000 heures". "Dans les décennies suivantes, des centaines de brevets de fabrication d'ampoules ont été déposés, dont une, pouvant durer 1000 heures. Aucune d'elle n'est jamais parvenue sur le marché."

Prêt à jeter, raconte également l'histoire de la Centennial Light. Installée en 1901 dans une caserne de pompiers en Californie, cette ampoule brille encore aujourd'hui. D'ailleurs vous pouvez la voir en direct à l'aide de la webcam (cliquez sur ce lien >>>> ici).

 

Interview de Philippe Frémeaux :

Philippe Frémeaux est éditorialiste et président d'"Alternatives Economiques". Dans un article consacré à l'obsolescence programmée, il est revenu sur le fonctionnement de notre économie moderne. Selon lui, les industriels sont tout à fait capables de créer des produits durables et réparables quand cela est dans leur intérêt. Mais tant qu'ils ne seront pas contraints d'assumer le gâchis entraîné par une production accrue de biens rapidement obsolètes, l'obsolescence programmée perdurera. Il étaye ici son propos, développant notamment la notion de recyclabilité, selon lui "au coeur du problème"

L'obsolescence programmée, fléau de notre société de consommation ?

[ Accéder à l'interview : ICI ]

 

A voir ou à revoir :

Le reportage "Prêt à jeter" a été diffusé ce mardi 24 janvier sur ARTE. Il est intégralement visualisable gratuitement via internet : http://www.arte.tv/fr/3714422.html

 

Bréve publiée le 27/01/2012 à 07:33 
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