Armor se lance dans l'énergie photovoltaïque organique
le 15-06-2010 10:30:52
Le Groupe Armor en partenariat avec un consortium français composé du CEA-INES***, d'Amcor, de Plasto et de l'université de Bordeaux 1 représentée par le Laboratoire de Chimie des Polymères Organiques investit dans la technologie des cellules photovoltaïques organiques.
Bonne nouvelle Enfin on se met à bouger. A noter le faible niveau d'investissement du secteur public comparé à l'effort consenti par Armor.
Ce qui fait douter du réel engagement de l'acteur public qui il est vrai supporte beaucoup de charges pour le Nucléaire.
Par contre envisager comme application le chauffage à partir de panneaux photovoltaîque me semble curieux . Quel besoin de passer par la conversion électrique pour récupérer de l'énergie thermique?
Simple argument marketing? Il laisse alors planer le doute sur le sérieux de l'argumentation
@meminick Pas de soucis pour l'argumentatio: une pompe à chaleur, ça fonctionne à l'électricité! (c'est juste qu'il en faut 3x moins qu'avec un convecteur "classique" pour une même quantité de "chaleur" produite)
Coup de pompe Vouloir chauffer un immeuble à la défense avec des panneaux photovoltaïques... ce n'est pas sérieux.
Outre le rendement, la production PV est en opposition de phase avec le besoin de chauffage. A la Défense nous aurions 4,6 fois plus d'électricité en juillet qu'en décembre :
A partir de ce logiciel on peut aussi regarder ce que cela donne pour une journée de décembre (daily irradiation) en paramétrant "show graphs". Lire "global real-sky"
Autant dire que ce n'est pas avec cette magnifique courbe de production que vous allez chauffer un bâtiment. Sinon vous restez au bureau de 09h00 à 15h00 !
Donc, pompe à chaleur ou pas, ce n'est pas la solution.
Hum... si on met du PV à la Défense ça m'étonnerait beaucoup qu'on le mette à 30° alors que la place disponible se trouve en façade à 90°... Bon après c'est pas comme si les réseaux de chaleur solaire avec stockage saisonnier ça existait depuis 40 ans en scandinavie...
Angle d'attaque A La Défense, sur une tour, on pourrait envisager de mettre les panneaux en façade car il y aurait plus de place qu'en terrasse.
Ceci dit, cela ne change rien au problème et l'aggrave même par rapport à l'optimum de 35°.
90° d'inclinaison au sud donne environ 650 kWh par kW installé sur une année contre environ 950 kWh à 35° (- 31 %).
L'ennui, c'est que cette solution n'est même pas meilleure en hiver. Si on prend la production de octobre à avril (7 mois de chauffage), on obtient 405 kWh/kW pour 35° et seulement 344 kWh pour 90° d'inclinaison.
Les minimums de décembre et janvier sont les mêmes (respectivement 26 et 32 kWh/mois soit grosso modo : 1 kWh par jour et par kWc installé).
En faisant l'hypothèse que les films OPV donne 100 W/m2, il faudra 10 m2 pour faire 1kWc et donc pour récupérer 1 kWh par jour.
Imaginons la façade sud de l'équivalent de la tour Montparnasse (200 x 50 mètres) recouverte à 50 % d'OPV. Nous aurions 5 000 mètres carrés donnant une puissance installée de 500 kWc générant 500 kWh par jour au coeur de l'hiver pour chauffer la tour.
J'en frémis déjà... de froid !
Bon et la consommation quotidienne de chauffage de l'ensemble de la tour Montparnasse, c'est combien de kWh actuellement ?
Le principe de l'organique c'est d'arrivée à une cellule qui ne coute rien alors... Sinon pour répondre à la question, la tour Montparnasse je ne sais pas mais la tour Elithis c'est 6 kWh/m²/an... Ceci dit, encore une fois c'est pas comme si ça fait plus de 40 ans qu'on sait faire du stockage de chaleur saisonnier... Il me semble même qu'ils sont en train de mettre ça en place sur le réseau de chaleur de Paris pour stocker la chaleur des incinérateurs en été...
Tour et tour Pour Montparnasse, la surface utile au sol est d'environ 90 000 m2.
J'ai lu quelque part que, en moyenne les tours parisienne consommaient 327 kWh/m2/an.
On en déduit donc que la tour Montparnasse consommerait environ 29 GWh par an.
Sachant que notre façade PV produirait 325 MWh (500 kWc x 650 kWh/kWc), le PV couvrirait 1,1 % de la consommation.
Evidemment, on peut faire nettement mieux car certains architecte pensent qu'on atteindre assez facilement 100 kWh/m2/an sur de grandes tours.
Il ne faudrait plus alors que 9 GWh et le PV couvrirait 3,6 % des besoins.
Ceci dit, je pense qu'il est illusoire de vouloir construire de grandes tours (plus de 100 mètres, voire plus de 200) en espérant descendre facilement en dessous 100 kWh/m/an et à un coût raisonnable.
Pour Elithis, il s'agit d'une expérience intéressante mais à une échelle réduite (10 étages sans ascenceurs et 5 000 m2). Les chiffres annoncés pour la consommation sont plutôt de 20 kWh/m2/an et à confirmer.
Je doute fort que cela soit transposable à des tours beaucoup plus hautes, où les ascenceurs sont indispensables, où le transport des fluides (l'eau par exemple) consomme de l'énergie, où la sécurité doit être renforcée...
Aujourd'hui un immeuble de bureau neuf doit être BBC et HQE pour trouver un locataire. Demain se sera de plus en plus le cas. De même les PLU mettant de plus en plus l'accent sur les transports doux et la mixité des activités ce qui est incompatible avec les immeubles de très grandes hauteurs qui ne permettent pas de densifier suffisamment les logements et l'activité (une tour est un gachis phénoménal d'espace...). Combien de personnes habitent encore dans des chateaux forts de nos jours ? Vous croyez vraiment qu'on va pouvoir encore pouvoir se permettre de gacher de l'argent là dedans... Et vous avez oublié le rendement de la pompe à chaleur... Je remarque également que vous avez glissé du seul besoin de chaleur au besoin de l'ensemble des consommations énergétiques...