Le groupe NGE vient d’achever à Angers la pose de 7,6 kilomètres de réseau de chaleur urbain pour le compte d’ALTER (Anjou Loire Territoire). Ce chantier technique, démarré en décembre 2024, a nécessité quatre forages dirigés sous le tramway et l’autoroute A11. Dès octobre 2025, il alimentera en énergie renouvelable l’Établissement Français du Sang, des établissements scolaires, des logements sociaux et divers bâtiments municipaux, réduisant ainsi les émissions de CO₂ et proposant une alternative économique au gaz.
Au cœur du centre-ville d’Angers, les derniers mètres de canalisation viennent d’être scellés, marquant l’aboutissement d’un chantier d’envergure qui transforme la manière dont la cité angevine se chauffe. Ce réseau de 7,6 kilomètres, désormais relié à une chaufferie biomasse, représente bien plus qu’une simple infrastructure : il s’agit d’un pivot dans la stratégie énergétique locale, conçu pour alimenter des bâtiments publics et collectifs avec une énergie produite à partir de ressources renouvelables.
Une prouesse technique en milieu urbain dense
La réalisation de ce réseau a constitué un défi d’ingénierie majeur. Les équipes de NGE, en co-traitance avec COURANT TP, ont dû poser 7 600 mètres linéaires de tuyaux pré-isolés, dont les diamètres varient entre 160 et 560 millimètres. Mais la complexité résidait surtout dans le franchissement d’infrastructures critiques. Quatre forages dirigés d’un diamètre de 900 millimètres ont été nécessaires : deux sous la ligne de tramway, chacun long de 176 mètres, et deux autres sous l’autoroute A11, mesurant 192 mètres chacun.
« Les quatre forages dirigés constituent une prouesse technique : chaque opération a été conduite avec un suivi rigoureux pour garantir la stabilité des infrastructures existantes, notamment par des contrôles sur les rails et poteaux du tram », souligne Nicolas Galbois, directeur régional Bretagne Pays de la Loire.
Une organisation millimétrée pour limiter les nuisances
Travailler en plein centre-ville a imposé une logistique exceptionnelle. Jusqu’à 45 collaborateurs ont été mobilisés simultanément pour les travaux de terrassement, tranchées, remblais et réfection de voirie. Le cabinet Bourgois, maître d’œuvre de l’opération, a joué un rôle déterminant dans l’ordonnancement, le pilotage et la coordination des interventions. « Poser 7,6 km de canalisations en plein centre-ville d’Angers a nécessité une organisation millimétrée pour limiter les nuisances et maintenir l’accessibilité des riverains », précise Nicolas Galbois. Des fermetures temporaires de voirie ont dû être gérées avec précision, tandis que des contrôles réguliers étaient effectués sur les rails et poteaux du tramway après chaque forage, avec un suivi programmé à six mois pour s’assurer de leur stabilité.
Un impact énergétique et environnemental significatif
À partir d’octobre 2025, ce réseau alimentera en chaleur plusieurs bâtiments emblématiques :
- L’Établissement Français du Sang (EFS)
- Plusieurs collèges et écoles
- Des immeubles sociaux équipés de chauffage collectif
- Divers bâtiments municipaux
L’énergie proviendra d’une chaufferie biomasse, utilisant des ressources locales et renouvelables. Ce changement de source énergétique permettra une réduction substantielle des émissions de CO₂, une limitation de la pollution atmosphérique et une offre énergétique plus économique que le gaz traditionnel.
« Relié à la chaufferie biomasse, ce réseau de chaleur urbain permettra non seulement de réduire les émissions de CO₂ mais aussi d’offrir une énergie locale et compétitive à des usagers », ajoute le directeur régional.
Un modèle pour la transition énergétique des territoires
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des réseaux de chaleur urbains en France. Porté par ALTER (Anjou Loire Territoire), l’organisme en charge du développement et de la gestion de ces réseaux pour Angers Loire Métropole, il montre la capacité des collectivités locales à mener des projets d’infrastructure complexes en partenariat avec des acteurs privés. Le savoir-faire déployé par NGE sur ce chantier témoigne quant à lui de l’évolution des compétences nécessaires pour réaliser des travaux en milieu urbain contraint, où la moindre erreur peut avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne des habitants et le fonctionnement des infrastructures existantes.
Au-delà des aspects techniques, ce réseau de chaleur représente un choix stratégique pour la collectivité. En optant pour la biomasse, Angers Loire Métropole sécurise son approvisionnement énergétique tout en développant une filière locale. La chaleur produite à partir de bois ou de déchets végétaux présente l’avantage d’être moins sensible aux fluctuations des marchés internationaux des énergies fossiles. Cette réalisation pourrait servir de référence pour d’autres villes de taille moyenne confrontées aux mêmes défis : réduire leur empreinte carbone tout en maîtrisant les coûts énergétiques pour leurs administrés et leurs équipements publics.











