Une équipe de recherche de l’Université d’aéronautique et d’astronautique de Nanjing (NUAA) a créé un métamatériau métallique actif pour aider à construire des ailes d’avion capables de changer de forme en douceur en vol. Ce matériau est conçu pour être léger, résistant et capable de se plier et de retrouver sa forme par lui-même, une combinaison difficile à réaliser dans les conceptions précédentes.
Ce travail, publié dans l’International Journal of Extreme Manufacturing, utilise un alliage à mémoire de forme nickel-titane façonné par fusion sur lit de poudre par laser (LPBF), une forme de fabrication additive métallique de haute précision. Cette méthode a permis à l’équipe de créer de minuscules structures ondulées d’à peine 0,3 millimètre de diamètre, beaucoup plus petites et plus contrôlées que ce qui est généralement possible dans les métamatériaux métalliques.
Les efforts actuels pour construire des avions à géométrie variable se heurtent souvent au même problème : les matériaux ne peuvent pas s’adapter facilement. De nombreuses conceptions reposent sur des structures passives qui ne peuvent pas changer de forme en temps réel, tandis que d’autres utilisent des matériaux à base de polymères trop fragiles pour une utilisation aérospatiale. Pour compenser, les ingénieurs ajoutent souvent des actionneurs mécaniques lourds, qui fonctionnent mais rendent les ailes plus volumineuses et moins efficaces.
Les chercheurs de la NUAA ont abordé le défi sous un nouvel angle. Au lieu de s’appuyer sur des matériaux souples ou des actionneurs externes, ils ont créé une structure métallique active qui peut résister aux forces aérodynamiques tout en se remodelant selon les besoins.
Leur idée s’est inspirée de l’enveloppe de la graine de Portulaca oleracea, dont les cellules épidermiques possèdent des structures intégrées et des interfaces ondulées qui aident à répartir les contraintes. En transposant ce motif naturel dans un nid d’abeille métallique, l’équipe a produit une structure à la fois flexible et robuste.
La famille de structures alvéolaires obtenue peut être ajustée en modifiant le nombre de parois cellulaires qui se rencontrent à chaque jonction. Cela permet de faire varier largement le comportement mécanique, avec un coefficient de Poisson qui passe de valeurs négatives à positives. Une conception, l’alvéole hexagonal, s’est démarquée. Elle pouvait s’étirer jusqu’à 38 % avant rupture et a retrouvé plus de 96 % de sa forme programmée lors du chauffage. De tels changements de forme importants et répétables sont rarement observés dans les métamatériaux métalliques d’une résistance comparable.
Pour démontrer l’utilisation possible du matériau, les chercheurs ont construit des prototypes de sections d’ailes. Ces ailes ont pu se déformer en douceur sur une plage angulaire de -25° à 25°, même à basses températures similaires à celles rencontrées en vol. Étant donné que l’alliage à mémoire de forme fournit sa propre actuation, les ailes n’ont pas nécessité les systèmes externes encombrants utilisés dans la plupart des conceptions actuelles d’ailes à géométrie variable.
Cette étude marque un changement net par rapport aux tentatives antérieures qui reposaient largement sur des polymères ou des matériaux passifs. En combinant une structure inspirée de la nature avec la réponse active d’un alliage à mémoire de forme, l’équipe a démontré un métamatériau métallique résistant, ajustable et capable de se remodeler à la demande.
Les chercheurs visent désormais à ajouter des capteurs et des composants électroniques pour que les futures versions du matériau puissent surveiller leur propre forme et s’ajuster automatiquement. Leur objectif à long terme est de soutenir le développement de surfaces d’aéronefs plus intelligentes et adaptables, capables de réagir en temps réel aux conditions de vol changeantes.
Article : Laser printed bio-inspired active flexible metallic metamaterials with reconfigurable deformation capability – Journal : International Journal of Extreme Manufacturing – DOI : Lien vers l’étude
Source : IJEM












