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La voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle
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Article publié le 04/10/2009 à 21:12 par René Tregouët
 
Depuis quelques mois la voiture électrique connaît un engouement croissant et il ne se passe pas une semaine sans qu’une annonce spectaculaire ne vienne confirmer cette nouvelle passion française : l’état ava ainsi commander 40 000 véhicules électriques et accorder un bonus de 5 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique (VE). Côté constructeurs, c’est également l’euphorie. Carlos Ghosn, le PDG de Renault ne jure plus que par la voiture électrique. Il vient de présenter au salon de l’automobile de Francfort quatre modèles Renault électriques et parie sur 10 % de véhicules électriques en 2020.

Peugeot Citroën s’est quant à lui allié au japonais Mitsubishi Motors pour lancer une voiture électrique en Europe fin 2010, construite par Mitsubishi sur le modèle de sa voiture électrique déjà existante la i-MiEV. L’iMiev, rechargeable sur prise secteur et équipée d’une batterie lithium-ion, est déjà en test au Japon et sera testée à Hong-Kong fin 2009, notamment pour évaluer les besoins en stations de recharge. Bolloré doit lancer sa voiture électrique de nouvelle génération, la "Bluecar (équipée de la fameuse batterie Lithium-Ion-Polymère) en 2010.

Face à cette euphorie ambiante, un récent rapport de l’ADEME est venu tempérer l’enthousiasme des partisans du "tout électrique" et semer le doute sur le scénario d’un basculement rapide de notre parc automobile vers la propulsion électrique. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, les batteries lithium-ion ne permettent pas de parcourir de longues distances. Personne ne sait comment vieilliront ces réservoirs d’énergie ni combien de cycles de recharge ils pourront supporter. Les batteries lithium-ion sont lourdes et nécessitent de l’entretien.

Une étude du cabinet Oliver Wyman estime que le surcoût lié à la batterie s’élève à 20 000 euros. Autre incertitude, l’autonomie, qui oscille entre 100 et 200 kilomètres et la destine surtout aux zones urbaines et péri-urbaines. En outre, les batteries ont une durée de vie limitée, de 10 000 à 50 000 km, selon les spécialistes. Un rapide calcul montre qu’à raison de 50 km par jour durant deux cent vingt jours, la batterie tiendra au mieux cinq ans, ce qui est insuffisant. Enfin, et surtout, le lithium, utilisé dans les batteries de nouvelle génération est certes recyclable mais ses réserves limitées (4 millions de tonnes extractables) sont concentrés dans quelques pays et permettent au mieux une production mondiale de 8 millions de voitures électriques par an. En outre, le prix du lithium est passé de 350 à 3 000 euros la tonne entre 2003 et 2008.

Ces contraintes limitent l’utilisation de la voiture électrique et la rendent surtout très chère à l’achat. Si les constructeurs la facturaient au coût réel, une petite voiture électrique coûterait bien plus de 40 000 euros. Naturellement, les prix devraient baisser et la capacité des batteries augmenter dès que la production en série sera lancée. Mais pour les constructeurs, le coût de fabrication d’un véhicule électrique reste sans commune mesure avec celui d’un véhicule thermique.

Mais le principal obstacle au développement massif de la voiture électrique est lié aux infrastructures et à l’augmentation considérable de la production électrique que suppose une telle mutation. Non seulement il faudra équiper nos villes de bornes électriques en nombre suffisant mais la circulation d’un nombre croissant de véhicules électriques nécessite un véritable saut qualitatif en matière de gestion intelligente du réseau, pour "lisser" la consommation totale et éviter les ruptures de charge. Enfin, il est absolument indispensable que l’augmentation considérable de la production électrique nécessaire dans la perspective d’un parc automobile majoritairement électrique se fasse sans impact sur l’environnement, c’est-à-dire sans augmenter d’un gramme nos émissions de carbone.

Or, au niveau européen, il faut savoir que le "bilan carbone" d’une voiture électrique est proche de celui des voitures thermiques récentes car la part des énergies fossiles dans la production électrique européenne reste très importante. Avec l’arrivée massive de voitures thermiques ou hybrides émettant moins de 100 grammes de CO2 par km à l’horizon 2015, ce "bilan carbone" des voitures électriques pourrait même devenir moins bon que celui des véhicules thermiques ou hybrides de dernière génération, au moins au niveau européen.

En France la situation est différente car 90 % de notre électricité est produite avec très peu d’émissions de CO2, principalement par le nucléaire, et l’hydraulique et marginalement par l’éolien (2 % de la consommation électrique en 2009). Mais la France produit et importe de l’électricité carbonée dès qu’elle doit faire face à des pics de consommation.

En 2007, par exemple, notre consommation nationale a dépassé pendant un mois et demi l’ensemble de notre production électrique à faible émissions de carbone et nous avons du avoir recours aux centrales thermiques et à l’électricité importée fortement carbonée. Si l’on fait l’hypothèse d’un parc automobile tout électrique, il faudrait augmenter de 50 % notre production totale d’électricité pour faire rouler nos 30 millions de voitures, ce qui représentent 270 TWh en plus par an, c’est à dire plus que la totalité de la production d’électricité nucléaire actuelle (241 TWh en 2008). Outre les investissements considérables que cela suppose, il n’est pas certain que notre société accepterait ce doublement de notre parc nucléaire.

Alors la voiture électrique est-elle condamnée à une marginalité éternelle ? Pas forcement mais à condition de rester réaliste et d’envisager l’équation énergétique dans toute sa complexité. Tout d’abord il faut intensifier les recherches pour mettre au point de nouvelles batteries.

Ensuite il est indispensable de développer l’utilisation de petits véhicules hybrides rechargeables de nouvelle génération.

Mais il faut surtout suivre avec attention le développement des futurs véhicules à hydrogène.


Au Japon, treize groupes pétroliers et compagnies de gaz japonais viennent d’annoncer qu’ils travaillaient ensemble à la création d’un réseau d’approvisionnement et de stations d’hydrogène pour les futurs véhicules à pile à combustible. Ces groupes prévoient de partager leurs techniques et leur savoir-faire et de travailler en concertation avec les constructeurs automobiles, afin d’étudier les conditions d’une offre d’hydrogène "stable, viable, sûre, économiquement rationnelle, compétitive et respectueuse de l’environnement".

Aux Etats-Unis mais aussi en Europe et au Japon, Honda, Hyundai, Nissan, Mercedes, General Motors, Ford ou encore BMW ont lancé des programmes de recherche. Mardi 23 juin, Toyota a même annoncé lors de l’assemblée générale des actionnaires le lancement en 2015 d’une voiture 100 % électrique dotée d’une pile à combustible. Ce mois-ci, Riversimple, une entreprise britannique, a dévoilé un concept car carburant à l’hydrogène, l’Urban Car, qu’elle espère commercialiser en 2013. En France l’hydrogène n’est pas la priorité des constructeurs qui misent plutôt sur la voiture électrique mais on peut se demander si, à terme, ce choix sera pertinent car les nanotechnologies pourraient bien permettre de résoudre plus vite que prévu le problème du stockage de l’hydrogène dans les voitures.

On voit donc qu’il n’existe pas de solution technologique "miracle" et unique pour développer la voiture propre et qu’un effort de recherche considérable est encore nécessaire dans ce domaine, sans exclure aucune voie. Mais nous devons également être bien conscients que la généralisation de véhicules plus propres et moins émetteurs de CO2 ne suffira pas à surmonter le défi majeur constitué par le réchauffement climatique et que nous devons également diminuer "à la source" nos besoins de déplacements et modifier l’organisation de nos sociétés en nous interrogeant sur l’étalement urbain et nos choix en matière d’urbanisme. Il faut notamment que nous réduisions l’immense décalage entre les potentialités des technologies de l’information et le faible recours au télétravail et aux télé activités.

Comme je l’imaginais déjà en 1999 dans un éditorial, les pouvoirs publics de tous les pays qui doivent affronter une circulation urbaine de plus en plus surchargée et polluante doivent tout mettre en œuvre avec les leaders technologiques qui en ont maintenant la capacité pour faire en sorte que dans toutes les grandes cités mondiales tous les déplacements soient entièrement automatisés et utilisent des petits modules (totalement automatiques) non polluants et non dangereux. Si les pouvoirs publics décident à l’échelle de la planète que dans 20 ans au plus, il n’y aura plus un seul moteur thermique dans nos villes, qu’il n’y aura plus un être humain qui conduira une voiture en ville, alors OUI, l’Humanité ressentira que l’Homme vient de faire un grand geste pour l’avenir de notre planète.

 
>La voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle

 
Mr Tregouet,
L'hydrogene, vous le produisez comment?
Le probleme a deja ete longuement discute ici. L'hydrogene necessite un certain nombre de miracles pour etre une solution valable: Une nouvelle infrastructure gratuite (stations service, pipelines...), une methode de production sans pollution, une capacite a le stocker decuple...

Votre article me parait donc biaise. Vous avez bien devellope les difficultes a passer a la voiture electrique, meme si certains des aspects que vous avez evoque ne seront plus valable a terme (lithium, duree de vie...), mais le fait d'avoir evoque l'hydrogene comme une alternative apres cela revient a demander a une ecole d'enseigner la creation de la terre par dieu comme une alternative a la theorie de l'evolution.

Il est evident que chaque solutions comporte des problemes a surmonter, mais il est important de faire la part entre ce qui est realisable (grace a des innovations en terme de services, de produits...) et ce qui est fondamentalement non devellopable.
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>La voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle

 
2 remarques,
-L'hydrogène même sous forme d'hydrure n'aura jamais une densité énergétique aussi grande que celle des dernières batteries.
- Le besoin d'électricité cité est farfelu: avec 10000km/an, 50km/h, 10 millions de véhicules consommant 10kW, on arrive à 16 TWh, loin des 250 indiqués.
L'aire des voitures électriques est là, si les lobbies du pétrole ne freinent pas trop fort.
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>La voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle

 
Un premier point avec des chiffres émanant de Nissan et authentifiés. Avec 4kg de lithium la LEAF stocke 24 kwh et parcours 160 km en parcours essentiellement urbain (donc bénéfice maximal de la récupération d'énergie au freinage). Une telle voiture consommerait de l'ordre de 2300 kwh/an pour faire 15000 km. En considérant que c'est une voiture "milieu de gamme" il faudrait 70 Twh/an pour alimenter un parc de 30 millions de véhicules (or notre solde net exportateur frôle en 2008 les 50 Twh). Il nous manquerait donc 20 Twh (une misère) pour un parc complet. Se tromper d'un facteur 10 change les conclusions.
Ensuite le coût du lithium est-il si préoccupant ? Les 4 kg de lithium métal de la batterie de la "LEAF" coûtent 12 euros (à 3000?/tonne). Manifestement pas un "show-stopper", même si le prix décuplait.
Les réserves de lithium semblent plutôt de 11 Mt en premier jet (2,75 milliard x 4 kg)et en fait elles sont très supérieures. Un moteur de recherche permet de s'en convaincre très vite. Par ailleurs toute augmentation de la densité énergétique (on vise un facteur 10) diminuerait le besoin
en lithium de façon substantielle. Le coût mentionné dépend du volume de production, or d'emblée on part dans les centaines de milliers et millions à échéance rapide.
Le bilan carbone a été discuté aux USA et il semble a minima égaler celui des meilleurs véhicules actuels. Au demeurant les renouvelables explosent là-bas comme ici en europe et en face on sait le peak-oil proche.
Vous donnez 241 Twh d'électronucléaire en France en 2008 quand RTE indique 418 Twh.
Bref, vous vous êtes pris les pieds dans le tapis en ne vérifiant pas les données de base du problème.
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>La voiture électrique au lithium-ion n'est pas la solution miracle

 
Je suis d'accord que l'utilisation viable de nouveaux véhicules, électriques ou autres, passe par une adaptation des infrastructures urbaines, avec forcément à la clé, un coût.

Mais combien serions-nous prêt à donner pour acheter des mètres-cubes d'air propre afin de respirer ?

Les calculs d'échelle sont intéressants. Mais le résultat est toujours le même: le système implose. C'est comme calculer le nombre d'éoliennes pour produire toute l'électricité française ou la surface de blé pour produire des biocarburants en remplacement intégral du pétrole.

Je pense qu'il faut être modeste et garder la tête froide.

Tout d'abord, toutes ces nouveautés éco-techniques demandent à être peaufiner, en même temps que les mentalités, comme les infrastructures, doivent évoluer. Cela doit commencer à une échelle raisonnable. Les surcoûts vont progressivement s'amortir.

Ensuite je pense qu'il n'y a PAS UNE solution miracle. Pour moi, il faut combiner les solutions en fonction de leurs points forts et faibles. Utiliser la voiture électrique pour emmener la famille à la mer le week-end quand on habite Paris me paraît être un mauvais choix. Plutôt utiliser une hybride. Si on fait 10Km aller et 10Km retour entre domicile et travail dans une zone urbaine ou péri-urbaine, le véhicule électrique me semble pertinent.

Chercher la solution pas chère, 100% propre, avec beaucoup d'autonomie et facile ? C'est la marche à pieds !
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René TREGOUET est Sénateur Honoraire, Président de "ALTIVIS" s.a.s.
Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat et Rédacteur en Chef des Lettres @RT Flash et @ALTI news

Courriel : tregouet@altivis.fr
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