Le constructeur toulousain de petits satellites U-Space a retenu Skynopy pour exploiter ses deux premiers engins, SOAP et PANDORE, lancés en mars 2025 à bord d’une mission SpaceX. Ce contrat inclut une collaboration au sein du programme PUSH de l’ESA visant à doter les futures plateformes de capacités de transmission en bande X.
Avec deux satellites opérationnels sur orbite héliosynchrone depuis le printemps 2025, U-Space ne pouvait plus se contenter d’infrastructures sol standardisées. Le fabricant toulousain a tranché en faveur de Skynopy, dont la plateforme de connectivité assurera désormais l’ensemble des liaisons montantes et descendantes pour les missions SOAP et PANDORE. La décision, officialisée cette semaine, couronne plusieurs mois d’évaluation comparative des prestataires disponibles sur le marché.
Deux missions complémentaires à 590 kilomètres d’altitude
SOAP et PANDORE constituent les premiers satellites intégralement conçus, assemblés et pilotés depuis les installations toulousaines de U-Space. Placés à 590 kilomètres d’altitude après un lancement groupé via une fusée Falcon 9 de SpaceX, ils recouvrent deux volets distincts de la stratégie du constructeur. SOAP se concentre sur la surveillance spatiale : sa mission consiste à démontrer la pertinence du suivi orbital des débris et à enrichir les catalogues existants, notamment pour les fragments de petite taille, mal répertoriés par les instruments terrestres. PANDORE embarque quant à lui la charge utile Synchrocube développée par Safran Space, destinée à valider des services de positionnement et de synchronisation capables de prendre le relais lorsque les signaux GNSS sont dégradés ou brouillés.
Les deux satellites requièrent une télémétrie continue d’une qualité irréprochable, condition sine qua non pour des missions aussi exigeantes en matière d’intégrité des données.
Fiabilité, métriques et réactivité : les arguments décisifs
U-Space, fort d’une expérience préalable avec d’autres opérateurs de stations sol, a mené une analyse méthodique des offres disponibles. Quatre critères ont fait pencher la balance. D’abord, une constance opérationnelle attestée : aucun décrochage, aucune perte de verrouillage, une régularité des contacts planifiés qui élimine les incertitudes au sol. Ensuite, la profondeur des indicateurs temps réel accessibles via la plateforme : puissance du signal, rapport signal sur bruit, qualité de démodulation, latence de livraison. Autant de paramètres qui permettent aux ingénieurs de U-Space d’intervenir sans délai, sans attendre les analyses post-passage.
Le troisième facteur tient à la qualité de l’interface de programmation et du tableau de supervision, dont la clarté a réduit les temps d’intégration avec le logiciel de contrôle mission. Enfin, la réactivité des équipes Skynopy durant la période critique de mise en orbite a achevé d’emporter la décision.
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« Skynopy est rapidement devenu un choix évident dès lors que nous avons comparé sérieusement les solutions disponibles sur le marché. La profondeur de leur interface, la qualité des métriques temps réel et surtout la capacité à adapter le débit de modulation pendant un passage changent fondamentalement la manière d’opérer un satellite en orbite basse. Avec la bande X et la modulation variable à l’horizon, nous positionnons nos futurs satellites pour offrir des performances de téléchargement que nos clients n’attendraient tout simplement pas d’un small satellite. », explique Antoine Ressouche, directeur général et cofondateur de U-Space.
La bande X, prochain palier technologique
Au-delà du service opérationnel en bande S, les deux partenaires collaborent dans le cadre du programme PUSH de l’ESA. Ce dispositif, cofinancé par l’agence et Skynopy, permet à U-Space de bénéficier sans coût direct du développement d’une modulation dynamique en bande X, exploitant les technologies de radio logicielle mises au point par Skynopy.
La portée industrielle dépasse le cadre bilatéral : il s’agit de démontrer qu’un opérateur de petits satellites peut atteindre des débits habituellement réservés à des plateformes bien plus lourdes. Cette capacité devient déterminante à mesure que U-Space accélère sa cadence productive, avec l’objectif affiché d’assembler un satellite par semaine d’ici 2027, pour répondre aux appels d’offres de constellations internationales gourmandes en volumes de données.
« Être choisi pour opérer simultanément deux satellites par un acteur qui a développé sa propre expertise segment sol en interne constitue une forte validation de notre approche. U-Space représente exactement le type d’opérateur pour lequel Skynopy a été conçu : des équipes ambitieuses, techniquement exigeantes, qui ont besoin d’un service de connectivité capable de grandir avec elles. Notre collaboration dans le cadre du programme ESA PUSH va encore plus loin : démontrer que la modulation variable en bande X est accessible aux small satellites constitue une avancée technologique pour toute l’industrie des petits satellites. », déclare Antonin Hirsch, CEO et cofondateur de Skynopy.


















