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Une loi pour bannir l'exploitation des gaz de schiste
  
Une loi pour bannir l'exploitation des gaz de schiste !"... l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels, par des forages verticaux comme par des forages horizontaux suivis de fracturation hydraulique de la roche, sont interdites sur le territoire national", tel est le contenu de l'article premier de la proposition de loi déposée la semaine dernière par Christian Jacob, Président du groupe UMP de l'Assemblée nationale.

En préambule de cette proposition de loi, il est rappelé la nature exacte des motifs exposés :

"Le gaz de schiste est un gaz naturel, de type non conventionnel, emprisonné dans du schiste, roche sédimentaire déposée sous forme d'argile et de limon. Dans le cas du gaz naturel classique, les molécules migrent naturellement jusqu'à des poches de forte concentration. Le schiste, lui, a pour propriété de conserver les plus petites quantités et de les empêcher de se rejoindre. L'extraction est longtemps demeurée impossible économiquement et physiquement.

La fracturation hydraulique est une technique développée aux États-unis pour extraire le gaz du schiste : elle consiste à injecter des millions de litres d'eau et des produits chimiques dans le sous-sol pour fracturer le schiste et autoriser l'extraction du gaz ainsi libéré.

L'exploitation n'a été réalisée qu'aux États-unis en raison de la dérogation aux lois environnementales dont bénéficie le secteur de l'énergie depuis 2005: le schiste y génère 15% de la production de gaz contre 1% en 2000 ; le prix du gaz naturel a été divisé par 3 en quatre ans ; les réserves mondiales estimées ont été multipliées par quatre pour atteindre 250 ans de consommation."

Il est intéressant de noter que le préambule de cette loi annonce sans ambiguïté, les effets néfastes de l'exploitation à outrance de gaz non conventionnel, en se basant sur l'expérience nord-américaine :


"L'exploration et l'exploitation des huiles et du gaz de schiste ne sont ni sans conséquence pour notre environnement ni sans risque pour notre santé."

"Les conséquences environnementales sont extrêmement néfastes : pollution des eaux, de l'air et des sols, consommation considérable d'eau pour la fracturation, émissions de gaz carbonique inférieures seulement à l'énergie charbonnière, destruction du paysage pour installer les puits de forage. Les nappes phréatiques à proximité des puits sont contaminées par les rejets de produits chimiques et par le gaz libéré. Le prélèvement des masses d'eau nécessaires à la fracturation est tout aussi problématique."

Une loi pour bannir l'exploitation des gaz de schiste !


"Or, à la lumière des expériences nord-américaines, cette technique de fracturation hydraulique présente un double inconvénient : d'une part, elle impose de réaliser des forages à plusieurs endroits sur le sol, laissant apparaître des puits sur nos territoires qui défigurent nos paysages. D'autre part, les produits utilisés, mais également les hydrocarbures récupérés, risquent de s'infiltrer dans la terre et dans les nappes phréatiques, contaminant ainsi notre eau potable, nos cultures, nos vignes."

En cas d'adoption de la proposition de loi, l'article 2 permettra d'abroger "les permis exclusifs de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels."

Des permis d'exploration ont d'ores et déjà été délivrés, notamment pour les départements du sud-est de la France et du bassin parisien. Pour Christian Jacob : "Il est à craindre que ces permis, et les travaux qu'ils vont entraîner, causent des dommages irréversibles à l'environnement et portent préjudice aux habitants."

Il convient de rappeler, en outre, qu'en février 2005, le Parlement a donné valeur constitutionnelle à la Charte de l'environnement, et par conséquent au principe de précaution prévu à l'article 5 :

« Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »



Face aux risques et à l'inquiétude de la population et des élus, le Gouvernement a annoncé, en février dernier, un moratoire jusqu'à la remise des conclusions de la mission conjointe du Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) et du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD).

Selon Christian Jacob, le moratoire, par définition limité dans le temps, "n'apporte pas de solution pérenne". Pour lui, "il est de la responsabilité de la représentation nationale d'interdire l'exploration et l'exploitation des huiles et gaz de schiste", d'annuler les permis en cours et enfin d'assurer l'information du public avant l'octroi de tout permis exclusif de recherches d'hydrocarbures et de concession d'exploitation.

[ Credit photo : Gasland // du gaz sortant du robinet d'eau ]


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 Publié le 11/04/2011 à 07:58 
© Enerzine.com
 
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Le film gasland sur les effets de l'exploitation des gaz de schiste
 
Pour


Invité



le 11-04-2011 09:07:38
  Bas de page     Répondre  

Pour une recherche sur le gaz et le pétrole non conventionnel
pourquoi se priver encore une foi en france de la possibilité de trouver une énergie tant nécessaire au développement économique,encore cette idée régressive du zéro risque, il faut abroger le principe de précaution
voila la loi a prendre d'urgence afin de remettre la prise de risque au centre de l’évolution humaine faute de quoi la France va disparaitre des nations développé pour devenir un vaste musée

Samivel51


Invité



le 11-04-2011 09:32:28
  Bas de page     Répondre  

@pour
On se prive de rien. Le petrole et le gaz restent là, sous nos pieds. Dans 10 ou 20 ans, si les techniques evoluent ou si l'approvisionnement en gaz devient critique, on pourra toujours abroger la loi.
Par ailleurs, l'humanite est elle condamnee à bruler tous les carburants fossiles possibles et imaginables, jusqu'à la derniere goutte? Il est vrai que dans 10, 20 ou 30 ans, si le prix du gaz a ete multiplie par 10, et que les energies renouvellables ont peu progresse, la pression sera forte...

Dromae


Invité



le 11-04-2011 09:32:28
  Bas de page     Répondre  

Principe de...protection
L'exploitation du gaz des chiste eux Etats-Unis est un désastre écologique avéré. On n'est donc plus dans le risque de précaution mais dans la protection contre une menace réelle touchant les habitants des zones concernées, sans compter la pollution au méthane, gaz à effet de serre dont les effets ne sont plus à démontrer. Par ailleurs, la France est la première destination touristique au monde (peut-être devancée par la Chine cette année pour la première fois) ; sans vouloir en faire un musée, il serait inconséquent de se priver de cette ressource en détruisant un de nos atouts majeurs.

Redsquare


Invité



le 11-04-2011 09:37:32
  Bas de page     Répondre  

Pas croyable de lire ça...
Quand des constatations graves ont été mises en évidence de façon mathématique et scientifique dans d'autres pays, il devrait sembler logique à toute personne intelligente de ne pas utiliser les mêmes procédés afin de ne pas obtenir les mêmes conséquences.
Allez donc vivre aux Etats Unis, patrie avouée de l'évolution humaine, et tenez les mêmes propos aux citoyens américains qui ne peuvent plus, aujourd'hui, allumer une clope à proximité de leur robinet !

filvert


Membre
depuis le 16-04-2008
le 11-04-2011 09:38:27
  Bas de page     Répondre  

Oui pour être un vaste musée !
Lorsque tous les pays seront pollués les zones encore protégées auront une valeur inestimable, le tourisme est aussi une activité économique importante à développer en créant un "vaste musée" comme le dit le précédant commentaire !

gp


Membre
depuis le 04-11-2008
le 11-04-2011 09:56:31
  Bas de page     Répondre  

ça progresse
comme quoi, à force de leur expliquer, ils arrivent à comprendre!
Bravo pour cette marche arrière. Et merci et la mobilisation citoyenne qui en est sans nulle doute à l'origine!
La démocratie, c'est encore plus beau lorsque ca nous tire collectivement vers le haut, y compris dame nature!
"le grand livre toujours ouvert qu'il faut s'efforcer de lire est celui de la nature" A. Gaudi
= dame nature ne balancerait pas spontanément des milliers de litre de flotte additivée de centaines de produits chimiques pour récupérer des molécules de gaz piègées depuis la nuit des temps dans des roches et qui, une fois brulées, aggravent encore un peu plus l'effet de serre...

Grizou


Invité



le 11-04-2011 10:05:44
  Bas de page     Répondre  

Avez-vous vu les dégâts générés au canada par l’ex
Cette exploitation est très couteuse et au niveau environement et au niveau énergie. Rapelons qu'il y a 5 ans, le seuil de rentabilité pour exploité les schistes bitumeux n'était pas atteint ! Il faudrait donc penser à trouver d'autres énergies plus rentables.

Nico1234


Invité



le 11-04-2011 10:27:20
  Bas de page     Répondre  

Emission sur canal
Je suis tombé la-dessus par hasard, il y a deux semaines ... je ne saurais en retrouver le titre.
Je ne savais pas que ça parlait de gaz de schiste mais ils parlaient de la fracture hydrolique. En effet, C'est un désastre monstrueux pour les populations (à l'exception des dirigeants qui se sont éloignés du site)

Rice


Invité



le 11-04-2011 11:17:20
  Bas de page     Répondre  

Non, non et non !

"On" dit qu'il faudrait environ 10.000.000 de litres d'eau, chargée de sable et de presque 600 additifs chimique pour 1 seul puits.

"On" dit que seulement 55 % de cette eau est récupérée et que 45 percole doucement dans le sous-sol (vers les nappes phréatiques ?).

"On" dit que l'on peut fracturer jusqu'à 3 fois un même puits (avec à chaque fois la même quantité d'eau moins celle récupérée des précédentes fracturations ?).

"On" dit que les américains auraient déjà forés 550.000 puits chez eux...

"On" dit que les réserves ne vont guère au delà de 10 ans.

"On" dit que l'eau sera polluée pour des milliers d'années.

"Je" pense qu'il y a sur ce site des gens suffisamment capables pour nous indiquer quelle est la quantité d'eau nécessaire et quelle part sera irrémédiablement souillée.

Alors si dans ces conditions "pour" (aujourd'hui à 9h07) reste pour... c'est vraiment à désespérer, sauf à ce que "pour" ne soit qu'un gentil agitateur....

Nono44


Invité



le 11-04-2011 11:55:51
  Bas de page     Répondre  

Science sans conscience n'est que ruine de l'âme
@pour
Je suis pour les recherches  et l'exploitation du gaz de schiste dans votre jardin !!! Trop facile d'inciter à "prendre des risques" en sachant qu'on n'en subit pas les conséquences.
 

Ds


Invité



le 11-04-2011 13:27:07
  Bas de page     Répondre  

Le gaz, le pétrole
vous en consommez tous en grande quantitée, sans vous occupez d'ou il vient ni même de son coût exhorbitant pour l'économie. Mais vous ne voulez pas de forages chez nous.
On ne peut refuser une telle opportunité sans une analyse complète de la situation (forages d'exploration), ni sans etudes des propositions concrètes et détaillées d'exploitation présentées ensuite par les sociétés pétrolières (enquêtes publiques et autorisations prévues par la legislation actuelle).
C'est une chance unique pour l'économie et la technique française, il faut l'étudier sérieusement et non sur des on-dits propagés par des activistes.

Fred13


Invité



le 11-04-2011 13:27:07
  Bas de page     Répondre  

Un "pour" dix contre ! c'est ça qui compte !!!
Ce n'est pas encore gagné , mais croisons les doigts face a cette folie industrielle.

traction0


Membre
depuis le 02-01-2009
le 11-04-2011 14:20:26
  Bas de page     Répondre  

A "Pour" !
Ben mon gars, tu prends une fameuse dégelée, si tu es "Pour", je te souhaite d'habiter près d'un de ces puits, tu ne seras plus "Pour" très longtemps, un raisonnement comme le tien, n'a pu être induit que par la proximité de personnages qui y ont gros à gagner d'y être "Pour", dis moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es !!

Contre


Invité



le 11-04-2011 14:47:33
  Bas de page     Répondre  

A "pour"
Voici une vidéo qui explique bien les conséquences du gaz de schiste.
http://www.youtube.com/watch?v=IOIxesWknk0
Je me demande comment on peut être "pour" même si l'abrogation nous coûtera cher ...

jl06


Membre
depuis le 11-04-2011
le 11-04-2011 15:15:04
  Bas de page     Répondre  

Pour une règlementation des gaz de schiste

Le débat sur les gaz de schiste me paraît biaisé. Les géosciences et l'industrie pétrolière ne font pas partie de la culture nationale. On se met vite à niveau en se fiant à un film et aux échos largement repris sur les forums et quelques sites. Je schématise, mais ce n'est pas loin de la vérité. Pourtant, il faut faire le tri. Même la proposition de loi n'est pas tout à fait exacte ou objective. Je vous donne quelques pistes, puis une proposition.

1. La fracturation hydraulique ne vient pas d'être inventée aux USA pour extraire le gaz du schiste. La technique est opérationnelle depuis des décennies et est largement utilisée dans des puits de pétrole et de gaz (pourtant considérés comme "conventionnels") qui alimentent donc tous les jours nos circuits de distribution habituels.

2. L'exemple des USA est utile et nous met en garde contre les dérives d'une industrie mal encadrée. Mais cet exemple n'est pas directement transposable à la France tant sur le plan technique que légal.

3. L'ordre de grandeur de la consommation d'eau par puits de gaz de schiste aux USA est effectivement d'environ 8000 à 14000 m3 pour les fracturations, soit 10000 à 15000 m3 en tout (il faut aussi de l'eau pour forer le puits).

Voir l'article de IFP Energies Nouvelles et le document attaché http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/espa … shale-gas. Et pourtant, le forage de tous les puits dits "conventionnels" dans le monde consomme bien plus d'eau que les puits de gaz de schiste .

4. L'image du robinet d'eau qui prend feu continuera d'illustrer les risques du gaz de schiste. C'est regrettable puisque le Bureau des Ressources Naturelles du Colorado a démontré que le méthane (bien réel) contenu dans les réseaux de distribution d'eau de certaines communes est d'origine biogénique et non thermogénique. Ça reste un problème, mais il n'a pas son origine dans les gaz de schiste (l'auteur de Gasland n'a pas souhaité inclure ces informations dans le film) - voir http://cogcc.state.co.us/library/GASLAND%20DOC.pdf.

On pourrait continuer. Mais formons-nous notre opinion sur de bonnes bases? Nous sommes tous (j'espère) opposés à des développements tels que ceux que l'on nous décrit aux USA. Nous sommes soucieux de l'utilisation des terres, de nos paysages, de l'environnement et des aspects économiques et sociaux de telles activités. Il semblerait plus constructif d'établir des règles claires définissant les conditions dans lesquelles nous accepterions que l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste se réalisent. Si l'industrie trouve ces règles trop contraignantes, on remet tout programme à plus tard, sans regrets. Mais pourquoi ne pas autoriser des opérateurs qui se montreraient capables de respecter la loi opérer? La règlementation pourrait utilement inclure un droit de regard sur les opérations pour en assurer un suivi continu et indépendant. Les collectivités locales et ONG pourraient y participer.

En pratique, nous ne sauront jamais l'impact potentiel que ce type de développement pourrait avoir si l'on incite pas les opérateurs potentiels à proposer des plans de développement se conformant à nos standards. Pour les établir, il faut en particulier des données techniques (fournie par un programme d'exploration) et un cadre règlementaire. C'est ce qui guidera le développement des technologies et des méthodes vers des solutions acceptables ou qui mettra un terme à la piste des gaz de schiste. En attendant, "oui" ou "non" ne répondent pas à la question: serait-il possible d'exploiter les gaz de schiste en France dans des conditions acceptables?

Reste à bien comprendre pourquoi il serait souhaitable de produire des ressources fossiles génératrices de gaz à effet de serre. Je laisse ça à une autre débat, mais on voit bien que l'on ne devrait pas décider "pour" ou "contre" une source d'énergie sans se mettre dans le cadre d'une politique énergétique plus complète.

Samfoot


Invité



le 11-04-2011 19:53:04
  Bas de page     Répondre  

[ pour pour ]
tu devrai te renseigner un peu mieux sur la methode employeé pour extraire ce fameux gaz!!!apres on en reparle .....
Si le prix a payer pour extraire le gaz est de retrouver des paysages completement detruit et des nappes poluées ,des millions de metres cube d'eau gaspillés....alors nous ne devons pas laisser faire.
quel terre est ce que tu veut laisser a nos enfants ?
tes paroles font peur!!!

Aurel


Invité



le 12-04-2011 10:34:08
  Bas de page     Répondre  

@jl06
"Mais pourquoi ne pas autoriser des opérateurs qui se montreraient
capables de respecter la loi opérer? La règlementation pourrait
utilement inclure un droit de regard sur les opérations pour en assurer
un suivi continu et indépendant. Les collectivités locales et ONG
pourraient y participer."

Ben voyons...
Il faut arrêter de rêver, la reglementation sera faite dans les sens des opérateurs, pour leur limiter les coûts au maximum. Ce qui signifiera une fois de plus ne pas prendre en compte les dégats environnementaux.
Regarde ce qui se passe avec le nucléaire: les taux de rejet autorisés en mer par la centrale de la Hague ne reposent sur aucune considération environnementale. Ils sont uniquement établis qu'en fonction de ce que l'exploitant à besoin de rejeter.

Et pour le droit de regard des collectivités locales et des ONG... parles-en aux maires qui ont des convois castors qui passent sur leur commune.

benkebab


Membre
depuis le 08-05-2008
le 12-04-2011 10:54:53
  Bas de page     Répondre  

[à jl06]

"1. La fracturation hydraulique ne vient pas d'être inventée aux USA
pour extraire le gaz du schiste. La technique est opérationnelle depuis
des décennies et est largement utilisée dans des puits de pétrole et de
gaz (pourtant considérés comme "conventionnels") qui alimentent donc
tous les jours nos circuits de distribution habituels."

FAUX.
Les ressources de gaz dites "conventionnelles" proviennent en grande majorité de réservoirs. On fore (vertical, éventuellement horizontal) jusqu'au réservoir (une poche de gaz), mais nul besoin de "fracturer" tous les quelques mètres comme pour l'exploitation des gaz de schistes, qui ne sont pas sous forme de poche de gaz mais emprisonnés dans les sols.

Le gaz qui alimente nos circuits de distribution (GDF par exemple)  provient (pour l'instant) de réserves conventionnelles (Algérie avec Sonatrach, Russie avec Gazprom, Norvège avec Statoil). Ces contrats d'approvisionnement à long terme sont indexés sur le prix du pétrole, d'où la hausse repercutée sur le consommateur, alors qu'il est vrai que le développement des ressources non-conventionelles (ex: gaz de schiste aux Etats-Unis) tendent à faire baisser le prix du gaz sur les marchés courants.

"2.
L'exemple des USA est utile et nous met en garde contre les dérives
d'une industrie mal encadrée. Mais cet exemple n'est pas directement
transposable à la France tant sur le plan technique que légal."

FAUX (en partie).
Les pétroliers français qui ont obtenus des permis d'exploration (Total E&P, Toreador) se sont alliés à des partenaires américains qui disposent de technologies brevetées pour la fracturation hydraulique (en particulier pour le mélange de produits chimiques utilisé). Chesapeake avec Total, Hess avec Toreador. Même causes, même conséquences qu'aux Etats-Unis.

Reste la partie légale, où, j'ose le croire, nous sommes plus sensible en France aux questions environnementales que nos voisins d'outre-Atlantique. Dans tous les cas, les citoyens ont toutes les raisons du monde de rester extrêmement vigileants, car l'appât du gain est conséquent sur ce dossier...

jl06


Membre
depuis le 11-04-2011
le 12-04-2011 11:27:16
  Bas de page     Répondre  

@aurel
Je suis bien d'accord: si il n'y a pas d'espoir de faire respecter la loi, ou si la loi n'est pas à la hauteur des attentes et des besoins, pourquoi continuer? Et c'est vrai que l'histoire, même récente, n'est ni satisfaisante, ni encourageante! Alors on laisse tomber? C'est à dire qu'on continue dans ce cas à profiter d'une énergie à bas prix en fermant les yeux sur les "petits" inconvénients environnementaux tant qu'ils ne se produisent pas directement chez nous?

Je ne crois pas à cette échappatoire. Si moi aussi je me mets à rêver, je rêve que nous consommons tous la moitié de ce que nous consommons actuellement (pour commencer!). Je n'entends pas ces offres dans l'opposition aux gaz de schiste, au nucléaire, aux subventions pour les énergies renouvelables. Ce que j'entends, c'est les mille et une façon de continuer à consommer autant sinon plus sans avoir à subir les conséquences environnementales. Tu y crois toi? Alors je cherche ailleurs.

Je prends exemple sur des cas isolés où le public, ses représentants légaux, des ONG, des universitaires et l'industrie ont appris à gérer ensemble les dilemmes énergétiques. Suivant la culture et le système politique, ces cas prennent une forme variable. C'est vrai, ces exemples sont rares, et loin d'être parfaits. Ils ne sont pas forcément applicables "tel quel" chez nous, c'est vrai, mais on peut s'en inspirer non? Ils indiquent une autre voie où le public prend une part active et constructive au débat et aux décisions. A nous de franchir le pas et d'obtenir une autre équilibre où l'environnement a une vraie place.

Je ne considère pas cette approche comme une panacée non plus. Je me dis simplement que si on ne commence pas à proposer des façons différentes de gérer les ressources naturelles, on sait où on va: il n'y a qu'à extrapoler les dernières décennies...

Pour finir sur les gaz de schiste, je pense que l'enjeu est ailleurs en vérité. Quand nous aurons passé au crible la liste des filières dont non ne voulons pas sans assumer les conséquences de ces refus, que restera-t-il? J'aimerais bien qu'un "oui" au gaz de schiste définisse clairement les solutions environnementales qui vont avec et qu'un "non" détaille les conséquences à plus long terme sur notre approvisionnement énergétique. Il me semble qu'un nouveau cadre règlementaire pourrait aller dans ce sens. Appliqué tout d'abord à une phase d'exploration, il serait finalisé avant toute décision d'exploitation. Si ce n'est pas envisageable, peut-être y-a-t-il d'autres solutions?

jl06


Membre
depuis le 11-04-2011
le 12-04-2011 11:27:16
  Bas de page     Répondre  

@benkebab

1. Les "poches" de gaz n'existent pratiquement pas (je prends mes précautions, il y en a quelques unes au monde). Les réservoirs d'hydrocarbures en exploitation sont formés des roches sédimentaires imprégnées d'eau et d'hydrocarbures. Les fluides mobiles du réservoir se déplacent dans les pores de la roche par différentiel de pression vers le puits. Si la perméabilité du réservoir est faible, on peut avoir recours au puits horizontaux ou à des méthodes dites de "stimulation" du réservoir, comme la fracturation hydraulique. Les deux procédés sont très largement appliqués au développement de réservoirs considérés depuis des dizaines d'années comme conventionnels (mais qui auraient été qualifiés de non-conventionnels auparavant - on disait simplement "tight", c'est à dire pratiquement imperméables). Je te suggère la librairie de spe.org où tu trouveras quantités d'articles et d'ouvrages sur le sujet - certains très anciens. Les "Monograph" et de nombreux ouvrages de référence sur la fracturation hydraulique ont été publiés dans les années 80.

Les schistes ont des perméabilités extrêmement faibles comparés aux réservoirs dits conventionnels. La combinaison du forage horizontal et de la fracturation hydraulique permet de les développer économiquement.

2. "Mêmes causes, mêmes conséquences"
Pas vraiment, puisque cela dépend en premier lieu de la règlementation en place. C'est bien pour cela que je propose de définir un nouveau cadre qui représente nos attentes environnementales. Et comme nous sommes tous soucieux des conditions d'applications de règlements parfois inadaptés ou incontrôlables, je suggère aussi une piste pour assurer le suivi de la règlementation et les performances des opérateurs.

Aurel


Invité



le 12-04-2011 12:50:59
  Bas de page     Répondre  

@jl06
J'admire votre optimisme.
Pour ma part, je n'ai aucune confiance dans:
- la capacité des consommateurs à limiter le gaspillage énergétique (tant que le prix des ànergies ne deviendra pas un frein)
- l'intégrité de politiques lorsqu'ils prennent des décisionc. Ils sont essentiellement à la solde des industriels, ne serait-ce que pour les emplois au'ils peuvent créer (quelles qu'en soit les conséquences environnementales). Ils ne se font pas élire pour réduire notre impact sur l'enmvironnement, mais simplement pour créer des emplois (ou au moins contenir le chômage) et assurer une croissance économique suffisante pour que nous ne soyons pas ratrappé (trop tôt) par les conséquences de nos excès.
- l'intérêt autre que financier des grands groupes industriels.Leur seul intérêt est de faire un maximum de profit, peu importe l'impact économique des leurs actions. ET pour celà, le lobbying permet de faire plier les lois en leur faveur

Donc toute boîte de Pandore que nous ouvrons (les gaz de schiste en sont une, comme le nucléaire qui permet de planquer les déchets) est un appel aux industriels à s'engouffrer dedans pour y faire de juteuses affaires (avec l'aval, voire la connivence de nos dirigeants).
La pression ne doit donc pas retomber pour laisser cette boite fermée.

Fred 13


Invité



le 12-04-2011 13:39:59
  Bas de page     Répondre  

Arnaque..
Il me semble qu'un nouveau cadre règlementaire pourrait aller dans ce
sens. Appliqué tout d'abord à une phase d'exploration, il serait
finalisé avant toute décision d'exploitation.

Il faut savoir que cette phase "d'exploration" utilise les mêmes procedés techniques que pour "l'exploitation" Elle peut durer des années et extraire d'importante quantité de gaz trés rentable.
En fait les sociétés jouent sur les mots pour mieux pouvoir faire passer la pillule car dans la réalité il n'y a aucune différence
Il faut bien comprendre que permis d'exploration = permis d'exploitation



Invité
le 12-04-2011 13:41:42

Bonjour jl06,
L'argument"on peut le faire sans problèmes environnementaux" doit toujours être suivi de la question de l'acceptation des problèmes environnementaux... parce que si on part du principe qu'on refuse des le voir, c'est juste de la manipulation d'opinion...

L'argument que le gaz qui sort des robinets ne serait pas une conséquence de la fracturation hydraulique c'est quand même de la stratégie de communication sur le coup "plus c'est gros, plus ça passe".

Déjà, on pourra émettre un sérieux doute sur l'idée que le "Bureau des Ressources Naturelles du Colorado" a démontré quoi que ce soit puisque le document qui est cité est une simple lettre de l'association des producteurs de pétrole et de gaz du Colorado adressé au bureau des ressources naturelles du Colorado et non une quelconque prise de position... Je ne sais pas d'où cet argument vient mais le fait d'utiliser l'hébergement de cette lettre sur le site web pour la faire passer pour ce qu'elle n'est pas est un peu limite...

Pour le debunkage voir :

http://owni.fr/2011/04/06/gaz-de-schist … -josh-fox/

On ne va quand même pas nous refaire systématiquement le coup de la "sound science" (discours de communicants habillés de termes pseudo scientifique inventé par l'industrie du tabac) de  à chaque nouveau problème environnemental !

Aux Etats Unis, la "révolution des gaz de schiste" c'est surtout un pompage d'argent publique phénoménal : les subventions sous forme de défiscalisation sont calés sur des puits exploitables sur le long terme (défiscalisation sur la base d'un pourcentage du CA de l'entreprise et non sur la valeur du puit de gaz) alors qu'avec les gaz de schiste on ouvre et on ferme sans arrêt des nouveaux puits, auquel s'ajoute toutes les subventions locales...

benkebab


Membre
depuis le 08-05-2008
le 12-04-2011 14:39:01
  Bas de page     Répondre  

@ jl06 et aux autres, qui souhaitent y voir plus clair sur les définitions des ressources "conventionelles et non conventionelles", je conseille ce document du laboratoire de Géosciences et Hydrosciences de Montpellier:
http://www.hydrosciences.org/IMG/pdf/ra ? r_2011.pdf

Par ailleurs, les chercheurs détaillent également dans ce document les risques environnementaux (et sur la santé) associés à l'exploitation des gaz de schistes:
- La contamination des eaux
- L'usage excessif de la ressource en eau
- L'utilisation du terrain et la dégradation liée à l'emprise au sol du périmètre de forage
- Eventuelle pollution de l'air.

Françoise Elbaz, une des chercheuses de ce pôle "hydro-science", se dit
rassurée par le projet de loi et sa possible application (cf. article EurActiv).

A mon humble avis, c'est une très bonne chose de faire valoir le principe de précaution sur ce dossier. Même une simple phase d'exploration peut être la porte ouverte à de futurs dérapages. Bien entendu, les pétroliers montreraient patte blanche dans un premier temps, en renforçant peut-être leurs puits, en choisissant des zones moins acquifères (moisn de risques de pollution), en réduisant le nombre de produits chimiques utilisés au départ. Puis une fois la machine lancée, adieu les bonnes intentions, bonjour la recherche de profits (cf. la situation aux USA).

Jihemnet


Invité



le 12-04-2011 16:04:56
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Il ne s'agit même pas du principe de précaution...
Le principe de précaution s'applique au risque éventuel, ici il s'agit d'un fait avéré et d'effets bien réels. Il y aura toujours des fanatiques dont les motivations, quand elles ne sont pas purement économiques, relèvent de l'idéologie conservatrice et de l'affabulation. 
"Jl06" le méthane (bien réel) contenu dans les réseaux de distribution d'eau de certaines communes est d'origine biogénique et non thermogénique.
Qui tente de nous faire croire que la présence de gaz serait d'origine naturelle et pas liée aux techniques d'exploitation, mais la technique de fracturation chimique à toujours eu les mêmes effets depuis qu'elle est exploitée.

 
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