Le groupe automobile, leader sur ce segment, annonce l’arrêt progressif de ses modèles PHEV, dont les Jeep Wrangler et Grand Cherokee. Cette décision stratégique, motivée par un changement de la demande et des problèmes de qualité, marque un virage vers les hybrides simples et les prolongateurs d’autonomie sur le continent américain.
Dans un revirement stratégique, Stellantis a confirmé l’arrêt de la production et de la commercialisation de ses véhicules hybrides rechargeables (PHEV) en Amérique du Nord. La décision, effective à partir de l’année-modèle 2026, concerne des modèles phares comme les Jeep Wrangler 4xe et Grand Cherokee 4xe, ainsi que la Chrysler Pacifica Hybride et la Dodge Hornet PHEV. Alors que le groupe visait plus de 40% du marché américain des PHEV avec près de 170 000 ventes annuelles, ce retrait brutal interroge sur l’avenir de cette technologie dans la transition électrique.
Un retrait brutal pour un leader du segment
L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans l’industrie car Stellantis n’était pas un simple acteur sur le marché des hybrides rechargeables, il en était le pilier aux États-Unis. L’arrêt concerne des modèles emblématiques, notamment les Jeep 4xe qui ont largement contribué à populariser l’hybride rechargeable dans les segments des SUV et des véhicules tout-terrain.
Les raisons de ce retrait sont multiples. Un porte-parole de Stellantis Canada a évoqué un « changement de demande des consommateurs » pour justifier la décision. Dans les faits, le groupe semble répondre à une baisse d’intérêt pour les PHEV, perçus comme plus complexes et chers, au profit de solutions hybrides plus simples (HEV) ne nécessitant pas de branchement. Comme le rapporte Le Quotidien, cette décision vise à « privilégier des solutions plus compétitives comme les hybrides non rechargeables (HEV) et les véhicules à prolongateur d’autonomie ».
Des problèmes de qualité et un contexte politique défavorable
Au-delà des préférences des consommateurs, l’ombre de problèmes techniques pèse lourdement sur cette décision. En 2025, Stellantis a dû procéder au rappel d’environ 320 000 Jeep hybrides rechargeables aux États-Unis en raison de risques d’incendie liés à des défaillances de batterie. L’épisode, coûteux et nuisible à l’image, a certainement refroidi l’enthousiasme du constructeur pour cette technologie.
Le contexte réglementaire et politique américain joue également un rôle clé. Dans un environnement où la pression pour faire baisser les émissions de CO2 est moins forte, les hybrides non rechargeables, moins onéreux à développer et à produire, deviennent une option plus attractive pour les constructeurs. Comme l’analyse un article relayé par Investing.com, cette stratégie «s’aligne sur le ralentissement [du marché] des véhicules électriques et les politiques Trump ».
Quelle stratégie pour l’après-PHEV ?
Stellantis ne se retire pas du véhicule électrique pour autant. Le groupe opère un pivot net vers deux technologies alternatives pour le marché nord-américain. D’une part, les hybrides non rechargeables (HEV) seront privilégiés. Le futur Jeep Cherokee 2026 en est la parfaite illustration car elle promet une motorisation hybride simple associant un moteur thermique 1.6 turbo à deux moteurs électriques et une transmission CVT.
D’autre part, Stellantis mise sur les véhicules à prolongateur d’autonomie (REEV), une technologie où un petit moteur thermique sert uniquement à recharger la batterie qui alimente les moteurs électriques de traction. L’architecture, déjà prévue pour les futurs Jeep Grand Wagoneer et Ram 1500 REV, offre l’autonomie et la flexibilité d’un véhicule essence sans émissions locales lors des trajets quotidiens. « Stellantis pivote vers le HEV et le REEV », confirme une analyse, précisant que pour les modèles à prolongateur d’autonomie, « le thermique recharge la batterie sans traction ».
Il est important de noter que cette stratégie est spécifique à l’Amérique du Nord. En Europe, où les normes CO2 sont bien plus strictes, Stellantis maintiendra très probablement son offre PHEV, indispensable pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions. Le plan industriel détaillé du PDG d’Amérique du Nord, Antonio Filosa, est attendu pour clarifier les impacts sur les usines et les gammes de modèles.
Le retrait de Stellantis du marché des hybrides rechargeables en Amérique du Nord reste néanmoins un signal fort envoyé à toute l’industrie. Il révèle les limites d’une technologie de transition, tiraillée entre sa complexité, son coût et les attentes changeantes des consommateurs et des régulateurs. Si l’Europe reste pour l’instant un bastion des PHEV pour des raisons environnementales, le virage de Stellantis vers les HEV et les REEV aux États-Unis pourrait préfigurer une nouvelle phase dans le véhicule électrique, où la simplicité et l’autonomie prennent le pas sur la capacité de recharge sur prise.











