Biocarburants : 27% des besoins mondiaux en 2050 ?

Dans un rapport rendu public mercredi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué que les biocarburants pourraient représenter dans le domaine des transports 27% des besoins mondiaux en carburants à l’horizon 2050, contre 2% à peine, aujourd’hui.

Le rapport précise que le taux prévu ne devrait pas compromettre la sécurité alimentaire mondiale et concernerait plus particulièrement les remplacements du diesel, du kérosène et du jetfuel.

La production de biocarburants contribuerait ainsi à réduire de 2,1 milliards de tonnes les émissions de CO2 dans le secteur du transport, en passant de 55 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) actuellement à 750 Mtep en 2050 a déclaré Bo Diczfalusy, le directeur des politiques énergétiques durables.

Mais, "avec une population mondiale en croissance de plus de 30%, à 9 milliards d’habitants en 2050, et avec des besoins alimentaires supplémentaires en hausse d’environ 70%, le problème de l’utilisation des terres agricoles doit être abordé avec précaution pour éviter tout impact négatif d’une expansion des biocarburants sur la sécurité alimentaire" a t’il ajouté.

Toujours selon l’AIE, le rendement des biocarburants pourrait être multiplié par 10 (contre un facteur 3 actuellement) grâce notamment à l’utilisation des déchets et des résidus de biomasses ainsi qu’à travers une gestion des cultures et des processus plus efficaces.

Environ 3 milliards de tonnes de biomasse par an seront nécessaires en 2050 pour produire la quantité de biocarburants prévue par la feuille de route de l’AIE consultable en ligne. Le rapport évalue à 1 milliard de tonnes la quantité de résidus et de déchets biomasses nécessaires pour y parvenir, ce qui sous entend un complément d’espace estimé à 100 millions d’hectares, soit environ 2% du total des terres agricoles disponibles sur la planète.

"Un soutien additionnel dans les recherches de pointe, le développement des biocarburants et les unités de démonstration sont encore nécessaires pour améliorer l’efficacité de conversion et en réduire les coûts. En outre, les investissements dans les unités de production à l’échelle commerciale seront un élément clé pour permettre aux biocarburants d’atteindre une maturité complète sur le marché" a aussi déclaré M. Diczfalusy pour l’occasion, à Washington.

Biocarburants : 27% des besoins mondiaux en 2050 ?

Grâce à des investissements substantiels, la plupart des technologies de biocarburants pourrait se rapprocher des coûts des combustibles fossiles, ou même être produit à moindre coût à plus long terme.

Au total, le rapport évalue les investissements nécessaires entre 11 milliards et 13 milliards de dollars pour atteindre les objectifs de la feuille de route sur les 40 prochaines années, selon les coûts de production actuels.

"Ce chiffre peut sembler élevé mais, dans le pire des scénarios, il augmenterait le coût total des carburants de seulement 1% environ sur 40 ans, et pourrait en fait mener à une réduction des coûts sur cette période", estime pour finir l’AIE.

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13 Commentaires sur "Biocarburants : 27% des besoins mondiaux en 2050 ?"

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Samivel51
Invité

Actuellement, les dechets agricoles restent (ou retournent) sur la parcelle. Ils y apportent un engrais naturel (en se biodegradant) et protegent les sols de l’erosion pluviale et eolienne. Si desormais ces dechets agricoles sont transformes en carburant, il y a aura davantage d’erosion des sols, et il faudra mettre davantage de fertilisants chimiques, qui sont produits a partir du…petrole!

oeildecain
Invité
Engrais vert = restitution de l’export …… Mais revenons à nos moutons : La France compte environ 154 000 Km² de forêts ……… Rien qu’en souches et cimes, non utilisées jusqu’ici, chaque km² produit 5 000 tonnes de biomasse ……. Cela nous donne déjà 0,7 Milliards de tonnes qui étaient inutilisées jusqu’ à nos jours …. Ceci est déjà l’équivalent de 10 tranches nucléaires de 1000 MGW ………… Avec l’Allemagne rajoutée, cela donne déjà la moitié des 3 Milliards ……… Extrapolé rien qu’à l’Europe, cela donne déjà beaucoup plus que 3 Milliards de tonnes, sans toucher une once des potentiels… Lire plus »
Samivel51
Invité

L’article et mon commentaire ne parlent pas de biomasse forestiere mais des carburants agricoles.

Sicetaitsimple
Invité

Les souches et les cimes de nos forêts pourraient quasiment sauver le monde , en vous écoutant… Je pense que vous devriez vérifier vos chiffres… 700Mt (par an,j’imagine)?

gp
Invité
des biocarburants liquides ou gazeux qui couchent assez chers à l’environnement, qui ne rapportent quasiment pas de taxe à l’Etat, et dont 2/3 de la valeur énergétique après transformation sera inexorablement perdu sous forme de chaleur dans des gaz d’échappement ou le radiateur de la voiture. en voilà, une solution d’avenir… y en a vraiment qui ne doute de rien!!! C’est sans compter sur la “révolution électrique” chers experts de l’AIE… certes le VE ne remplacera jamais les véhicules thermiques tels qu’on les utilisent aujourd’hui, mais ca tombe bien, car l’usage de nos chers bagnoles est amené à être fortement… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Tant que vous y êtes , si vous pouvez nous expliquer, s’agissant d’un article sur les biocarburants, l’équivalence entre 700Mt de souches et de cimes et 10 tranches nucléaires de 1000MGW (sic)?

oeildecain
Invité

1 tonne de bois = 3 MWH 1 ha/60ans = 100 tonnes de rémanents (souches et cimes) 1 km² = 100 has = 10 000 tonnes de rémanents/60ans = 170t/an Forêt Française = 550 000 km² X 28% = 154 000 km² 154 000 km² X 170 tonnes X 3 MWH = 78 540 000 MWH 1 Tranche 1000 MW X 7 800heures = 7 800 000 MWH

Sicetaitsimple
Invité
alors, à 14h20, chaque km2 produit 5000t de souches et rémanents (tous les combien, ce n’est pas dit), aujourd’hui à 3h00 c’est 10000t tous les 60 ans soit 170t/an. Avec 154000km2 de forêts supposées exploitées à 100%, ca fait donc 26Mt/an…La France (et même l’Europe) ne sauvera donc pas le monde et son besoin de 3 milliards de tonnes par an, d’autant que ce n’est pas vraiment ce type de biomasse qui permet de faire des biocarburants. Pour les centrales; 26MT/an, de bois humide, je pense. Je vous le fais à une t/m3 pour simplifier. 1M3 de bois humide ,… Lire plus »
bmd
Invité
les évaluations qui ont été faites de la disponibilité de la biomasse hors cultures en Europe à l’Ouest de l’Ukraine ( y compris la Scandinavie) tournent autour de l’équivalent de 300 Mtep d’énergie primaire en net (après déduction de l’énergie nécessaire à la production), dont 30 Mtep net pour la France. A partir de là, on peut faire du carburant, du gaz, de la chaleur,de l’électricité. Si l’on choisit de n’en faire que du carburant, le rendement de la transformation en carburant sera au mieux d’un tiers. Restera donc au mieux 10 Mtep de carburant, à comparer à notre consommation… Lire plus »
Sicetaisimple
Invité

Ca s’adresse à moi? Peut-être.. Si c’est le cas , citez nous donc les sources des évaluations que vous citez. Moi, je cite à priori des gens dont c’est le boulot (l’Inventaire Forestier National), qui ont conclu qu’environ 4,3Mtep suplémentaires étaient accessibles en France, moyennant un certain nombre de réserves notamment relatives à la gestion de la forêt privée. Alors expliquez nous d’où viennent vos 30Mtep?

Fleurent
Invité
En écoutant les agronomes – je nesuis pas specialiste, j’écoute non pas un expert mais des communautés scientifiques – nous n’aurons pas assez de terres pour nourrir la planète en 2050. Il suffit d’observer ce qui se passe avec la location de terres agricoles entre pays puissants et pays pauvres pour se rendre compte de l’importance a venir des terres. Aujourd’hui le carburant agricole se fait au detriment de l’alimentation demain il se fera peut etre plus (avec quel rendement ??) à partir  de cellulose mais dès qu’il y aura des quantités ce ne seront plus des dechets mais de… Lire plus »
jihemnet
Invité
Certainement pas, les engrais verts ont pour objectifs d’immobiliser les éléments nutritifs, voir, selon le choix de puiser ces éléments en profondeur adin de les restituer lors de l’enfouissement a la culture suivante, le seul import proviendrait des apports éventuels de fumure chimique ou organique. Mais il est vrai que ne pas restituer les résidus de récolte, crée un déficit en matière organique, indispensable à la vie biologique et à la structuration du sol. En plus de l’augmentations du lessivage de l’azote et des éléments nutritifs, de l’érosion, il y a augmentation du risque d’innondation, le sol compacté n’absorbe plus… Lire plus »
jihemnet
Invité

Entre les piles à hydrogéne, les algocarburants ou des solutions de biogaz, il y aura bien des solutions durables qui emmergeront. De toute façon ce n’est pas un choix, vous le comprendrez très vite, quand la crise économique sera résorbée, que la croissance mondiale reviendra à son rythme de 5% et que le baril atteindra les 200$. Car là, même si vous trouvez de l’essence, vous hésiterez à faire le plein et toute les solutions alternatives vous sembleront attractives.

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