Climat social tempéré ?

La question a été posée par la Commission européenne ; une récente étude, réalisée par un consortium dirigé par la Social development agency (SDA) et la Confédération européenne des syndicats (CES), apporte des éléments de réponse pour ce qui concerne l’UE. [1]

Le rapport examine tout d’abord les implications potentielles pour l’emploi en Europe du changement climatique lui-même – qui a déjà commencé et qui va se poursuivre. La principale conclusion est que même un changement climatique modéré affectera l’activité économique et l’emploi en Europe, certaines régions et secteurs économiques étant particulièrement vulnérables. Un réchauffement plus intense aura probablement des conséquences très néfastes.

La deuxième partie du rapport étudie quels sont les enjeux pour l’emploi de la transition vers une économie européenne plus sobre en CO2 à l’horizon 2030, dans quatre secteurs économiques clefs : la production d’énergie, les transports, les industries de l’acier et du ciment et le logement / construction. L’étude considère plusieurs scénarios pour réduire les émissions de CO2 d’environ 40% à l’horizon 2030 et ses effets sur l’emploi et les qualifications. Des études de cas de onze pays européens sont aussi analysées.

L’étude montre que « le changement climatique est vu comme une question scientifique et, dans une certaine mesure, politique et économique. L’idée selon laquelle il s’agit aussi d’une question sociale, impliquant chacun, non seulement en tant que citoyen, mais aussi en tant que salarié, n’est pas encore suffisamment partagée »

Elle indique qu’« une politique climatique bien conçue peut contribuer au maintien de l’emploi dans les industries intensives en énergie en Europe. Cela exige toutefois une redéfinition de la politique climatique actuelle de l’Union européenne ».

Elle précise que si « le transport recèle un énorme potentiel de création d’emplois dans les modes de transport alternatifs aux véhicules routiers, mais porte des risques pour la filière automobile et le fret routier […] le secteur du bâtiment / construction constitue un gisement très important d’emplois, mais doit relever les défis de la formation au "bâtiment durable" et de l’innovation. »

Dans ses recommandations, l’étude indique les options de politiques les plus efficaces pour réaliser le double dividende de la lutte contre le changement climatique et de la création d’emplois. De nouvelles compétences devront être acquises, ce qui suppose des efforts dans les domaines de la recherches et de l’innovation, ainsi que de la formation. Elle recommande aussi les dispositifs à développer pour accompagner socialement les mutations nécessaires et faire des travailleurs les acteurs de ce changement.

[1] On trouvera sur le site de la Confédération européenne des syndicats (CES) des liens vers l’étude (222 pages), sa synthèse (20 pages), ainsi que sur des données concernant 11 pays de L’UE.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Citron Vert

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