La Russie a-t-elle atteint son Peak Oil ?

Le vice-président de Lukoil jette un pavé dans la nappe de pétrole : pour lui, le coup d’arrêt que connaît actuellement la croissance de la production pétrolière russe est le signe d’un déclin inéluctable de la production sibérienne.

Le mois dernier, la Russie n’est pas parvenue à maintenir la croissance de sa production, et ce, pour le troisième mois d’affilé. Le pays a clôturé le mois avec une baisse de 1%.

Il y a 5 ans, rappelle le Financial Times, la Russie était encore considérée comme l’espoir d’une alternative face à la dépendance occidentale vis-à-vis du Moyen-Orient, et au gonflement de la demande énergétique chinoise. Mais la remarquable croissance de la production russe marque aujourd’hui le pas, pour la première fois depuis 10 ans et peut-être définitivement.

L’année dernière, la croissance de la production atteignait 2,3% avec un niveau maximal de 9,87 millions de barils par jour (b/j), selon les chiffres diffusés par le ministère de l’énergie. Pour Leonid Fedun, cette croissance est terminée.

Le vice-Président de Lukoil, la première compagnie pétrolière russe, a en effet confié au Financial Times qu’il ne pensait pas revoir dans sa vie un niveau de production tel que celui qu’il avait connu ces deux dernières années.

Selon lui, si la Russie veut maintenir un niveau de production situé autour de 8,5-9 millions de b/j pour les 20  prochaines années, les investissement nécessaires atteindraient 1 000 milliards de dollars. Des investissements en Sibérie orientale, en Mer Caspienne, et dans les mers arctiques seraient indispensables, pour compenser le déclin de la Sibérie occidentale.

M. Fedun compare la Russie au Mexique et à la Mer du Nord, où la production est en fort recul, expliquant que dans la région riche en pétrole de Sibérie occidentale, pilier de la production russe, "la période d’intense (croissance) de la production est terminée"

L’Agence Internationale de l’Energie, AIE, observe bien un coup d’arrêt dans la hausse des productions cette année, mais dit qu’il est trop tôt pour savoir si le pays a atteint le peak oil.

"Vous avez beaucoup d’espaces en Russie qui sont totalement sous-explorés, mais pour trouver ce pétrole et le mettre sur le marché, le pays a besoin d’investissements considérables" a déclaré Lawrence Eagles, chef de la division pétrole et marché de l’AIE.

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15 Commentaires sur "La Russie a-t-elle atteint son Peak Oil ?"

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Geo
Invité

Il est assez étonnant, voire intrigant, que le pays qui clame le 1er au monde avoir franchi le fameux P.O. est celui qui avait pris le plus de retard en exploitation durant ces 30 dernières années…….!!!!!!!!!……..Il se pourrait tout aussi bien que tout cela ne soit qu’intox pour faire monter les prix en évitant la critique d’une ” entente cordiale anti-concurrentielle “……….Mais dans tous les cas, l’hydrogène est notre seul espoir à très court terme……….

Changaco
Invité

Sur l’hydrogène voir les commentaires laissés ici :

Benkebab
Invité

La Russie n’est certainement pas le premier pays a avoir atteint son peak oil!Vous pouvez voir ici  que de nombreux pays comme la Norvège ou le Brésil l’ont déjà dépassé.Cependant grâce aux pays du moyen-orient et a la Russie le peak oil mondial n’est pas encore atteint. Reste a savoir pour combien de temps…

Dan
Invité

Pour les Etats Unis, il me semble que le pic était en 1971 et en 1999 pour la mer du nord. Si l’hydrogène est l’une des solutions, j’imagine très mal comment cela pourrait être à très court terme. faut-il craquer massivement du gaz naturel venant de… Russie ? et mettre à la ferraille les 30 millions de véhicule français ?

Filvert
Invité
Selon des économistes le Peak oil du monde s’est produit entre mai 2005 et juin 2007.En général les compagnie pétrolières gonflent leur stock pour trouver plus facilement des fonds (si tu as un gros potentiel on te prête de l’argent). Ce n’est pas très bon d’annoncer une baisse de production pour trouver des fonds.Pour les pays de l’Opep ils ont tous doublés leurs réserves car ils avaient l’autorisation de produire en fonction des chiffres donnés. Ce chiffres sont les mêmes depuis 30 ans. Ils possèdent aujourd’hui au maximum 1/4 des chiffres officiels.Pour le gaz la baisse de production est plus… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

A 100£/bl ou 30$/bl, la date du peak oil change..Et il est sur que compte tenu des investissements necessaires pour exploiter de nouveaux champs, tout celà est un peu confus.Ca fait au moins 30 ans que les réserves de pétrole sont estimées à environ 50 ans… J’en profite, pour ceux que ça interesse ( c’est à dire vous tous!) pour vous signaler au cas ou vous ne l’auriez pas aperçu un rapport assez décapant du WWF “plugged in” disponible sur http://WWW.panda.org/climate.

Coco
Invité
je dirais même 40 ans… depuis les années 70 mais le problème n’est pas dans les réserves… mais dans la production. le peak oil se n’est pas que la disparition des réserves, mais l’impossiblité de produire plus de pétrole. Et justement maintenant on y est…. Avec la demande croissante des pays émergents, la production ne peut pas suivre le rythme… Même si les réserves ne sont pas taris. De plus je rajoute qu’entre les plus pessimistes et les plus optimistes, il n’y a que 15 ans d’écart concernant le peak oil… Et enfin il est faux de dire que le… Lire plus »
Filvert
Invité
Les quantités récupérables ont été améliorées avec des nouvelles techniques, on envisage même de reprendre les anciens puits mais cela ne repousse que de quelques années l’épuisement.Même l’Arabie a sans doute dépassé son Peak Oil, ils font venir les plateformes pétrolières du Golf du Mexique pour trouver de nouvelles ressources le long de leurs côtes car il n’y a plus grand chose sur terre.Oui on en a encore pour 50 ans, mais dans 20 ans la production sera à 50%; dans 30 ans à 25%, dans 40 ans à 10% et dans 50 ans la production résiduelle sera de 1%… Lire plus »
Henry35
Invité

Qui a regardé le reportage jeudi dernier sur les sables bitumineux du Canada ? Où des compagnies pétrolières saccagent l’environnement afin de pouvoir retraiter des tonnes de matières d’hydrocarbures extrêmement sales et toxiques. (cas de cancer en constante augmentation, pollution des eaux et diminution du niveau des rivières environnantes etc..)Tous cela pour maintenir une production mondiale en pétrole au moins équivalente à celle des années passées…D’après le reportage, il faudra même construire une centrale nucléaire sur site car le retraitement de ce type de pétrole demande beaucoup d’énergie !! un paradoxe quand même.

Dan
Invité

Pour ceux qui veulent voir l’exploitation Syncrud des sables bitumineux à Fort Mac Murray, rendez vous sur google Earth aux coordonnées suivantes : 57° 00′ Nord et 111° 30′ Ouest. il s’agit d’une exploitation dont le site principal fait déjà une trentaine de kilomètres dans la plus grande longueur.

Geo
Invité
Bien sûr, aucune contestation sur le fait que l’hydrogène n’est qu’un vecteur…. Mais dès que son stockage sera résolu, les éoliennes prendront un essor inimaginable et deviendront enfin utiles en se concentrant sur cette production d’hydrogène…….Le problème que nous avons tous en ce moment est que nous faisons des plans sur la comète, alors que tous les jours les innovations changent la donne : mais au rythme actuel des innovations mondiales, on peut être optimiste!!!!!!A moyen terme, il y a 50 % de chance que l’éolien coûte le même prix ou peut-être moins cher que le nucléaire…… et là les… Lire plus »
Dan
Invité
On aimerait croire sans analyser à ces envolées sur l’essor des éoliennes qui fabriquent de l’hydrogène sans retenue. Même si cette solution semble a priori très séduisante, eu égard au faible coût de fonctionnement de l’éolien et à la possibilité de pleinement exploiter cette énergie intermittente, il existe tout de même quelques interrogations. Quid du rendement de production par électrolyse qui ne semble pas fameux ? Quid du stockage et du transport de ce gaz horriblement léger et dont la taille des molécules rend la maîtrise des fuites difficiles ? Pour voir les avantages et inconvénients je vous propose de… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

comme recommandé plus haut, je vous conseille la publication du WWF “plugged in, the end of the oil age” sur leur site panda.org.C’est très interessant, même si les difficultés de mise en place d’un très large réseau de bornes de recharges me parait un peu sous-estimé, quoique que beaucoup plus facile qu’un passage à l’hydrogène carburant pour monsieur tout le monde.

Dan
Invité

Le lien du WWF, que j’ai simplement parcouru en diagonale, nous amène à opposer véhicule à hydrogène et véhicule électrique (et accessoirement les industries qui sont derrière). Ai-je bien compris ? On peut en effet se poser la question de la rentabilité globale et de l’impact, non moins global sur l’émission de GES. Malgré le handicap du stockage, la voiture électrique présente l’avantage de la souplesse et du rendement de son moteur.

Geo
Invité
Surtout ne pas croire qu’une certaine vision du stockage par accus ou hygrogène soit une hallucination écolo…. non…. il s’agit bien de calculs très raisonnés dans les 2 cas :………L’HYDROGENE *****le rendement de l’électrolyse n’a d’importance que par rapport au prix de l’énergie de départ : à 8 cts c’est non envisageable mais à 3cts tout devient possible…et 3cts c’est le coût actuel du nucléaire, et celui du nouvelles techniques éoliennes et hydrauliques dans 3 ans.*******Quid du stockage ? Il serait très étonnant qu’avec le niveau technologique de ce siècle, cela reste longtemps un problème, notamment avec les couches différentes… Lire plus »
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