Les Etats-Unis misent sur l’extension de la durée de vie des réacteurs nucléaires

Le nucléaire est de plus en plus plébiscité en appui aux renouvelables

Les énergies fossiles sont historiquement utilisées par l’homme comme sources d’électricité ou comme combustibles. Elles se trouvent et se consomment sous forme de pétrole, de gaz naturel et de charbon. Naturellement riches en méthane et en carbone, ces sources énergétiques sont responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Des émissions de CO2 en grande partie responsables du réchauffement climatique. Décarboner l’économie mondiale apparait ainsi aujourd’hui comme un enjeu essentiel dans la lutte que mène la communauté internationale face au dérèglement climatique.

Pour se désengager progressivement des énergies fossiles, dont la part dans le mix énergétique mondial s’élève à 80%, les États vont devoir s’appuyer sur les énergies décarbonées, qui englobent aussi bien les renouvelables que le nucléaire, énergie réputée bas carbone.Face aux efforts énergétiques que les pays du monde entier vont devoir fournir au cours des décennies à venir, et prenant en compte le problème de l’intermittence des énergies renouvelables, de plus en plus de scientifiques et de climatologues appellent à une complémentarité de ces sources énergétiques décarbonées. À l’heure où les modèles énergétiques mondiaux évoluent, certains gouvernements ont d’ores et déjà choisi d’allier atome et renouvelable.

La durée de vie des réacteurs allongée de 60 à 80 ans

Fortement engagés dans les négociations climatiques internationales, les Etats-Unis entendent en effet verdir leur économie grâce au déploiement de sources renouvelables (notamment solaire et éolien), mais également en renforçant la puissance de leur parc nucléaire. Avec 99 réacteurs en activités, celui-ci est le premier au monde ; une puissance cumulée de 98,7 GW qui a permis aux centrales américaines de répondre de manière respectueuse de l’environnement à 19,5% des besoins en électricité du pays (soit 797 TWh) en 2014.

Pour Washington, le nucléaire est ainsi un outil qui permet de réduire les émissions de dioxyde de carbone et d’assurer une production électrique stable et à moindre coût. Il s’agit également d’une source importante de croissance économique (le secteur nucléaire assure 60 milliards de dollars au PIB).

Face à l’évolution de la demande nationale en électricité, les États-Unis ont décidé de construire de nouveaux moyens de production électronucléaire. Une étude de l’autorité de sûreté nucléaire américaine, la Nuclear Regulatory Commission (NRC), se penche également sur la question de l’extension de la durée d’exploitation des réacteurs en activité. Il s’agirait de faire passer la durée de fonctionnement de 60 à 80 ans.

Regain d’intérêt pour le nucléaire au niveau mondial ?

Un projet qui n’est pas sans rappeler des initiatives similaires aux quatre coins du monde. L’électricien français EDF s’est en effet lancé dans un ambitieux projet baptisé Grand Carénage, visant à rallonger la durée de vie du parc nucléaire tricolore tout en y intégrant de nouvelles normes de sûreté. Le gouvernement britannique mise également sur l’énergie nucléaire pour réduire les émissions de CO2 de son mix électrique. Le groupe français apportera d’ailleurs son savoir-faire en la matière, puisqu’il a signé en octobre dernier, en partenariat avec son homologue chinois CGN, un accord portant sur la construction de deux réacteurs EPR sur le site nucléaire d’Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Une nouvelle installation qui devrait permettre de couvrir 7% de la demande britannique en électricité.

Le développement de l’énergie nucléaire n’est pas l’apanage des pays développés. Certaines grandes économies en développement ambitionnent en effet de renforcer leur mix énergétique grâce à l’atome. Citons par exemple le Vietnam, l’Afrique du Sud ou, plus récemment, l’Égypte, qui vient de signer un accord avec la Russie portant sur la construction de la première centrale nucléaire du pays. Une manière pour ces pays d’associer efficacement croissance économique et lutte contre le réchauffement climatique : tout kilowatt d’électricité produit à partir de l’atome échappe ainsi aux moyens de production « sales », comme les centrales à charbon par exemple – l’Afrique du Sud, notamment, ayant massivement recours à la houille pour fournir de l’électricité. Sans oublier l’objectif initial, établi de longue date mais renforcé depuis la COP21 : le développement exponentiel des énergies renouvelables, qui répond au double enjeu économique et climatique du moment.

 

Crédits photo : AP/Kaster

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Arnaud Daguin

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