Rivières : le mercure nage comme un poison dans l’eau

Le U.S. Geological Survey (ndlr: USGS, proche par certaines fonctions du BRGM mais également de l’IFEN) vient de publier une étude montrant que le mercure contamine tous les poissons échantillonnés dans 291 rivières ou fleuves du pays.

Ces travaux font partie intégrante du National Water-Quality Assessment Program (NAWQA), lequel fournit une évaluation périodique approfondie de la qualité des eaux. Son intérêt consiste en une méthode uniforme de collecte et d’analyse des données, à la fois dans le temps et dans l’espace, ce qui autorise des comparaisons valables à l’échelle du territoire américain.

Un quart des poissons échantillonnés ont montré des teneurs supérieures aux limites autorisées par l’EPA pour les personnes consommant du poisson régulièrement. Plus des 2/3 dépassaient le niveau d’alerte pour les mammifères se nourrissant de poisson. "Cette étude démontre à quel point la pollution au mercure est répandue dans notre atmosphère, dans les bassins versants et dans la chair des poissons de nos rivières" a affirmé Ken Salazar, Secrétaire du Department of Interior. "Elle nous adresse un signal clair que nous devons continuer à protéger nos cours d’eau et le public des dangers liés à ces pollutions". Certaines des teneurs les plus élevées ont été relevées dans des zones associées à des bassins versants relativement peu développés, à forte densité forestière, comme la Caroline, la Floride et la Louisiane. On les retrouve également dans les régions de l’Ouest du pays où l’activité minière est conséquente.

Bien que le mercure, un neurotoxique, soit principalement dû aux émissions atmosphériques anthropiques, surtout en provenance des centrales électriques à charbon, ces dernières n’expliquent pas tout. Les chercheurs estiment que les zones humides et les forêts, en accroissant la conversion vers le methylmercure, la forme plus toxique et plus aisément assimilable par les organismes aquatiques, contribuent également au problème. Une fois dans la chaine alimentaire, le méthylmercure se bioaccumule de manière assez régulière, depuis les algues, aux invertébrés puis aux poissons, y compris dans des écosystèmes très différents les uns des autres. Dans les écosystèmes étudiés, le facteur déterminant de la teneur en mercure dans la chair des poissons était la présence de méthylmercure dans l’eau et non pas la nature, simple ou complexe, de la chaine alimentaire.

Depuis la découverte de la maladie dite de Mina Mata en 1956, le mercure dans la chair des poissons fait l’objet d’une préoccupation récurrente de la part des autorités. L’arrivée d’une nouvelle équipe à la Maison Blanche s’est traduite notamment par le retour de cette préoccupation aux Etats-Unis, et les résultats de l’étude de l’USGS confirment qu’il s’agit d’un problème généralisé.

L’EPA a donc prévu de réduire fortement les limites d’émissions de mercure autorisées pour les cimenteries et s’apprête à établir des normes strictes pour les centrales à charbon, en opposition avec les dispositions prévues sous l’administration Bush. L’administration avait également annoncé son intention de promouvoir la ratification d’un traité international visant à la réduction des émissions de mercure en février dernier, signalant dès son premier mois la priorité qu’elle accorde au sujet.

BE Etats-Unis numéro 175 (4/09/2009) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60403.htm

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7 Commentaires sur "Rivières : le mercure nage comme un poison dans l’eau"

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filvert
Invité

On n’a plus de thermomètre au mercure mais maintenant il y a les ampoules économiques qui contiennent du mercure. Attention à ne pas les casser. Les leds doivent être moins toxiques ? Sans oublier les vaccins au mercure ! En guyane la pollution au mercure par les orpailleurs est aussi énorme !

Rosebushpatrick
Invité

Exact sauf erreur les orpailleurs sont les plus important pollueurs des rivières par usage de mercure alors que d’autre procédés existent depuis longtemps  mais légèrement plus cher

alain843
Invité
font l’objet d’évaluations statistiques quantitatives qui convergent vers les estimations suivantes : -environ 2 500 tonnes de mercure seraient émises annuellement dans l’atmosphère par les activités humaines. -4 000 tonnes par an environ seraient issues du volcanisme, des geysers, de l’évaporation naturelle. -d’autres émissions indirectement anthropiques ne sont pas comptabilisées (évaporation à partir de sols riches en mercure dégradés par les pratiques agricoles ou des aménagements, évaporation ou lessivage à partir de sols dévégétalisés par la déforestation et/ou le pâturage, ou le drainage excessif ou la salinisation, ou suite aux graves phénomènes d’érosion qui s’ensuivent (ex : Madagascar)  -les émissions liées à l’orpaillage clandestin sont probablement… Lire plus »
Dan1
Invité

Et pour l’Europe, visitez la base de donnée EPER : Sur les 32 tonnes, 12 tonnes sont essentiellement issues de la production d’électricité au charbon et lignite. Dont les centrales de Schkopau, Boxberg, Scholven, Lipppendorf, Frimmersdorf… Pour toute question supplémentaire, demandez à RWE. ça doit pas être très dangereux puisqu’on en parle presque pas !      

alain843
Invité
« Etant donné que le mercure est un polluant au niveau international répandu à la fois localement et globalement, toute stratégie qui permettrait de réduire le taux de mercure dans l’environnement doit aussi inclure la réduction du volume de mercure vendu sur le marché international » : c’est en substance le message que Barack Obama, alors sénateur de l’Illinois, avait expédié en novembre 2006 au département américain de l’Energie. Sa missive réclamait aussi une explication sur l’intention du département concerné de vendre 1 300 tonnes de mercure, un surplus stocké dans les laboratoires nationaux à Oak Ridge. La même année,… Lire plus »
marcob12
Invité
L’article est un peu ambigü sur le rôle des zones humides et des forêts (on les supprime ou pas ?…). Comment faire du méthylmercure sans mercure et d’où vient le mercure ? Aux USA, des centrales à charbon et de l’activité charbonnière, pour une bonne part, ce qui explique en partie que le kwh charbon soit moins coûteux que le kwh nucléaire par ex et guère plus que l’éolien… On se demande encore comment l’industrie charbonnière peut survivre à autant de “casseroles accrochées aux pare-chocs”. En allemagne, grâce aux écologistes, aux USA grâce à un lobbying intense sur des décennies.… Lire plus »
alain843
Invité

un peu long à lire , mais édifiant malgré sa date de publication (décembre 2002)

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