Enerzine

Sortie du nucléaire : les électro-intensifs se défendent

Partagez l'article

Alors que les débats sur l’opportunité, le degré et le calendrier de sortie du nucléaire s’installent dans la précampagne présidentielle, l’Union des Industries Utilisatrices d’Energie (UNIDEN) entre dans la danse et tente de souligner les enjeux industriels et sociaux.

L’UNIDEN représente les industries consommatrices d’énergie, pour lesquelles la maîtrise des coûts énergétiques constitue un facteur essentiel de compétitivité, soit environ 70% de la consommation énergétique industrielle en France.

Pour certains d’entre eux, le prix de l’électricité peut représenter jusqu’à 40% du coût de revient, et constitue un critère déterminant dans les décisions d’investissement de groupes internationaux en situation de concurrence mondiale.

La production d’électricité d’origine nucléaire a permis à la France de maîtriser l’évolution des prix de l’électricité pendant plusieurs décennies, même si cette particularité tend à s’atténuer avec la mise en œuvre du marché électrique européen, fortement impacté par les fluctuations des énergies fossiles. L’électricité reste – et doit rester – un levier de compétitivité.

En ce sens, les chiffres de la sortie du nucléaire devraient selon l’UNIDEM "inciter à la réflexion" :

– Passer de 75% à 50% d’électricité d’origine nucléaire (hypothèse dite « basse » !), c’est supprimer 100 TWh d’électricité nucléaire, soit l’équivalent de la consommation industrielle d’électricité : l’outil industriel français et les emplois associés, directs et indirects, sont en jeu ;

– Remplacer ces 100 TWh à partir de ressources fossiles (en bonne partie) ou renouvelables représenterait, selon l’Union Française d’Electricité, un surcoût de 60 milliards d’euros qui impliquerait nécessairement une forte augmentation du prix de l’électricité pour les entreprises.

La marche sera trop haute pour celles qui sont en situation de concurrence internationale
.

En effet, le prix actuel de l’électricité en France, autour de 50 € / MWh hors transport et taxes, est déjà très supérieur à celui observé par les membres de l’UNIDEN sur les principaux marchés concurrents dans le monde, hors Europe :

– Amérique du Nord : entre 20 et 40 € / MWh ;
– Chine : entre 35 et 40 € / MWh ;
– Golfe : entre 10 et 15 € / MWh ;
– Australie : entre 20 et 25 € / MWh.

"Dans ce contexte, tout ce qui érode la compétitivité industrielle française pèse lourd dans les décisions d’investissement de long terme ainsi que dans les arbitrages de production court terme" estime l’UNIDEM. Or, "ses membres sont souvent au cœur d’écosystèmes créateurs d’emplois industriels, de services aux industries, donc de croissance" rappelle t’elle.

Toujours pour l’UNIDEM, sortir du nucléaire, "ce serait aussi se priver d’un outil essentiel de sécurité d’approvisionnement, d’indépendance énergétique et de maîtrise des évolutions des prix de l’électricité." Elle justifie sa volonté par le fait que les énergies renouvelables, par nature intermittentes, ne pourront se substituer intégralement au nucléaire abandonné, ni en volume, ni en qualité ; Par ailleurs, les moyens de production thermiques à partir d’énergies fossiles prendront donc forcément une part accrue dans le mix énergétique français ; Or, les prix de ces énergies dépendent des fluctuations des places de marché mondiales.

* Les 37 membres de l’UNIDEN sont des industriels présents dans l’agro-alimentaire, l’automobile, la chimie, les ciments et chaux, l’électronique, les métaux, le papier, le verre…


Partagez l'article

 



    Articles connexes

    Poster un Commentaire

    17 Commentaires sur "Sortie du nucléaire : les électro-intensifs se défendent"

    Me notifier des
    avatar
    Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
    Steph
    Invité

    Mais, mais, mais, Besson nous disait que l’electricite francaise etait l’une des moins cheres du monde grace au nuke, on se serait foutu de moi ? Comment font-ils les indiens, autraliens et americains avec leur electricite au gaz et charbon pour etre moins chers que le nuke ?!

    renewable
    Invité

    Ecoutons notre lobby énergie du passé, et sortons du nucléaire pour passer au charbon et aux gaz de schistes, c’est pas cher et on en a encore plein le sous-sol en Europe! Décidement c’est l’offensive de tous les conservatismes, UMP et lobby nucléaire, unis pour que rien ne change!

    Samivel51
    Invité

    Il est bien possible que ces pays subventionnent massivement l’electricite destinee aux industries. Je sais par exemple que l’Inde et l’Arabie Saoudite subventionnent l’essence, ce qui leur coute tres cher (surtout aux Indiens). Donc pourquoi pas l’electricite. Je me demande aussi si ce genre de subvention indirecte est reglemente par l’OMC.

    enr100pc
    Invité

    La démonstration est pour le moins incomplète (je n’ose imaginer qu’elle soit orientée). En effet, les industriels allemands sont exportateurs dans le monde entier alors que leur électricité est l’une des plus chères d’Europe. Or, le nucléaire est censé être bon marché. Il y a un élément qui m’échappe dans le raisonnement. Merci pour vos éclaircissements.

    Samive51
    Invité

    Je doute que le prix paye par les industriels allemands soit proportionnellement aussi eleve que celui paye par les particuliers. Mais il est certain que l’industrie allemande fabrique des produits a haute valeur ajoutee (machines-outils, voitures haut de gamme…) qui sont donc moins sensible aux couts energetiques.

    maxxxx
    Invité
    Samive51 m’a précédé : les gens qui achètent des BMW et des Mercedes ne sont pas au centime près… ceux qui achètent des Clio, des Peugeot et des Logan, si. (Et en plus la part énergétique est proportionellement plus faible dans un produit haut-de-gamme). @Steph : Toi pas comprendre comment font les indiens pour etre moins chers que le nuke ? Et bah c’est pourtant pas compliqué : Plutôt qu’envoyer les enfants à l’école, tu les envoie à la mine de charbon… salaire : un bol de riz par jour. Ensuite tu t’affranchis de tout dispositif anti-pollution couteux sur les… Lire plus »
    Tassin
    Invité

    « les décisions d’investissement de groupes internationaux en situation de concurrence mondiale. » Et bien changeons ce dernier paramètre alors s’il pose problème à tous!

    Samivel51
    Invité
    Allez, nationalisons tous ces mechants industriels qui nous empechent de demonter nos centrales avant de les avoir utilisees! Et obligeons-les a ouvrir des usines en France. Et le chomage est resolu! Et on finance le tout par les eurobonds et des prets de la BCE. PS: il faudra aussi prevoir d’obliger les Francais a acheter ces produits plus chers et de moins bonne qualite. Ce qui sera possible en payant une partie des salaires en bons d’achat (ou tickets de rationnement). Et bien sur il faudra aussi contruire un mur a nos frontiere pour les empecher d’aller ailleurs pour acheter… Lire plus »
    Mamouth
    Invité

    Pour répondre à la question du prix de l’énergie pour les entreprises en Allemagne, le prix payé par les PME est app. le même que celui pour les particuliers, soit beaucoup plus cher qu’en France. Or c’est bien son réseau de PME compétitives, exportatrices et innovantes que la France envie à l’Allemagne. Mais justement, faire preuve de passéisme en voulant ne pas changer de solutions énergétiques est bien l’antithèse de l’innovation.

    De passage
    Invité
    Les seules renouvelables n’ont pas attendu la dérive politic-activo- financière actuelle: Hydraulique et biomasse. Comme par hasard ce sont les seules laissées pour compte par la bulle EN. Existant depuis belle lurette, elles ont fait leur preuves de leur fiabilité et sécurité de fourniture. Les anti-nuke primitifs sont vexés de voir que le CO² pousse les investissements du renouveau nucléaire, lequel est déclenché par la hausse définitive des hydrocarbures. Nucléaire = énergie du passé? Quelle idiotie! 62 centrales sont en construction dan sle monde, l’une a divergé le 8 novembre en Russie et une autre se mettra en route en… Lire plus »
    Dan1
    Invité
    Cette semaine vous pourrez la gestion un peu bizarre et totalement écologique de la production d’électricité en Allemagne : Pour la journée du 18 novembre vous pouvez voir une nette baisse du nucléaire qui grosso modo passe de 12 GW à 6 GW. En revanche, vous pouvez admirer une belle constance du lignite et diu charbon. On se fait un peu enfumer…. aus sens propre. Sur ce même site vous pourrez aussi faire une étude de la complémentarité de l’éolien et du photovoltaïque sur une semaine. Vive la transparence proner par les antinucléaires. Dans le domaine de l’énergie c’est absolument… Lire plus »
    Sicetaitsimple
    Invité
    Je pense comme vous (et pour cause, ayant je crois été le premier à le signaler!), que l’observation des chiffres de transparency.eex sont réellement instructifs et montrent la difficulté et l’ampleur des transformations à effectuer pour que le pourcentage des « nouveaux »renouvelables dans la production d’électricité croisse en volume d’une part et contribue à la fourniture au jour le jour et heure par heure de ce qui est nécessaire d’autre part. Et au cas où certains en douteraient, ils montrent aussi que le soleil ne brille pas 24/24 comme il brille un jour d’été dégagé en Allemagne vers 13h00… Je profite… Lire plus »
    Dan1
    Invité
    Merci encore à Sicetaitsimple de nous avoir, le premier, donné le lien vers http://www.transparency.eex.com. J’avais déjà mentionné que vous étiez à l’origine de ce lien qui permet à tout citoyen de recueillir des éléments factuels sur la contribution des nouvelles EnR ultra-rhénanes. Sinon, je suis également d’accord avec marius76 sur le fait que pour des raisons strictement économiques, on peut parfaitement sortir (ou plutôt ne pas rentrer dans le nucléaire). Oui le charbon est aujourd’hui moins cher que le nucléaire pour nombre de pays qui ont des ressources dans leur sol (idem pour le lignite en Allemagne). Sauf que, la… Lire plus »
    Sicetaitsimple
    Invité

    Par exemple: mais vous pouvez aussi vérifier sur le site de l’agence officielle si vous ne me croyez pas.

    jmdesp
    Invité
    Attention quand le prix est très élevé, je dirais même anormalement élevé comme en Allemagne, ça peut devenir un écran de fumé pour un canal indirect de répercution sur les consommateurs du surcoût des renouvelables. C’est vraiment louche que simultanément les consommateurs allemands payent leur électricité plus cher qu’ailleurs, et aient plus d’électricité renouvelable qu’ailleurs, et pourtant qu’on nous affirme que l’un n’a rien à voir avec l’autre. L’un des moyens qui peut donner ce type de tour de passe-passe est la comptabilisation en frais généraux de frais en réalité liés aux renouvelables, puis l’inclusion dans la base de la… Lire plus »
    Dan1
    Invité
    La France n’exploite plus de mines d’uranium sur son sol et importe son uranium d’autres pays. Soit, mais c’est selon l’équation annuelle suivante : 8 000 tonnes U3O8 = 200 millions d’Euros = 400 milliards de kWh Et ce n’est pas tout car, quand on a consommé les 8 000 tonnes transformées en combustibles puis brûlées, il reste encore 95% du carburant utilisable après retraitement. Avec les fossiles, c’est beaucoup plus dur de récupérer le carburant imbrûlé et je vous laisse présenter l’équation à l’envers pour le charbon, le gaz ou le pétrole : 400 milliards de kWh = XXX… Lire plus »
    Sicetaitsimple
    Invité
    Je pense que vous faites une erreur d’interprétation concernant l’Italie. Celle-ci à tout-à-fait les capacités installées lui permettant de produire son electricité, mais elle importe bon an mal an 10% de sa consommation parce que simplement c’est moins cher pour les opérateurs d’importer depuis les voisins que vous citez (en y ajoutant la Slovénie) que de produire eux-mêmes. L’Italie n’a pas vraiment « sous-investi », elle a (comme l’Espagne) beaucoup investi dans des cycles combinés gaz qui produisent une electricité plus chère que les prix généralement pratiqués sur les marchés des pays cités, d’où ce qui est bien normal des importations le… Lire plus »
    wpDiscuz