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Un démonstrateur de capture CO2 de taille industrielle

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Le 7 mai 2009, le Gouvernement provincial de la Saskatchewan, au Canada, et l’Etat du Montana, aux Etats-Unis, ont signé un protocole d’accord marquant un pas significatif vers la réalisation d’une unité de capture et stockage du carbone (CSC) de taille industrielle.

Depuis près de 20 ans, l’Université de Régina développe une technologie de capture du carbone produit par les centrales électriques thermiques (charbon, pétrole, gaz) après combustion du carburant (système postcombustion). Le carbone est récupéré sous la forme de dioxyde de carbone CO2, pour être stocké profondément dans le sol. Avec le temps le CO2 devrait alors réagir avec les matériaux géologiques pour former des composés stables. A l’heure actuelle, l’Université a réalisé deux démonstrateurs pilotes l’un situé au "International Test Centre for CO2" (ITC) et le second au "Boundary Dam". Forts de leur succès dans le développement de la technologie CSC, les chercheurs de Régina ont décidé de travailler sur un démonstrateur de taille industrielle en association avec le gouvernement de la Saskatchewan.

Le projet Saskatchewan-Montana, prévoit la construction d’une unité de capture de CO2 attachée à une centrale électrique à charbon pouvant capturer de 300 à 1000 tonnes de CO2 par jour ainsi que la construction d’un pipeline permettant d’acheminer le CO2 recueilli jusqu’à sa zone géologique de stockage au nord-est du Montana dans le basin de Williston. Le projet prévoit une capacité de stockage pouvant aller jusqu’à 1 million de tonne de CO2 sur les quatre ans de test.

Si les tests à taille industrielle sont satisfaisants la technologie CSC pourrait retenir l’attention de nombreux pays tel que la Chine qui produit plus de 75% de son électricité par l’intermédiaire de centrales électriques à charbon.


BE Canada numéro 355 (10/06/2009) – Ambassade de France au Canada / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59443.htm


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    12 Commentaires sur "Un démonstrateur de capture CO2 de taille industrielle"

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    Guydegif(91)
    Invité
    Bravo à ces équipes canadiennes et US pour ces travaux et débouchés ! Belle persévérance, puisque 20 ans déjà, et pour Centrales Charbon mais aussi Pétrole et Gaz !! Excellent ! d’autant que ce n’est pas demain la veille que certains pays (Chine, Inde, Allemagne, Pologne, Russie, US, et d’autres….) pourront se passer du Charbon surtout, voire Pétrole ou Gaz…. ! Maitrise du captage, OK, 1ère étape ! déjà belle prouesse ! Ensuite, 2ème étape, acheminement et stockage géologique, si réservoirs ad hoc à proximité…réservoirs anciennement HydroCarbures,ou réservoirs aquifères, Cavernes dans dômes de sel,…le tout devant être sous une couche rocheuse étanche….pour éviter que… Lire plus »
    marcob12
    Invité
    Il y a plus de 1000 GW de centrales à charbon dont une fraction importante va continuer à émettre pendant des décennies si nous ne faisons rien. La validation technique et économique d’un procédé CSC post-combustion semble souhaitable. Que 5 millions de km2 de reboisement en zone intertropicale (sur des zones de paturages médiocres) puissent éponger les émissions de ces centrales est plus une possibilité supplémentaire qu’une réelle alternative. Nous pourrions faire les deux. Le vrai danger est l’utilisation de la CSC pour construire de nouvelles unités au charbon. Il y a une course poursuite avec la diminution des coûts… Lire plus »
    Ernest
    Invité

    Guydegif pourrais tu juste la fermer. Parallelement je pense que tes remerciements ne leur font ni chaud ni froid

    marcarmand
    Invité

    Stocker 1 million de tonnes de CO2 c’est bien, mais j’ai l’impression que les capacités de stockage souterrain sont limitées par rapport aux besoins (plutôt 1 milliard de tonnes annuelles). N’y a-t-il pas des possibiltés dans les océans? Car c’est bien les océans qui ont stocké le CO2 atmosphérique sous forme de calcaire et de coquillages sur d’énormes épaisseurs pendant des milliards d’années.

    marcob12
    Invité
    L’option des océans n’est pas la première envisagée (on connaît mal les courants marins mais on connaît le danger d’acidification des eaux via le CO2 et les effets sur les milieux marins). Les spécialistes disent qu’on pourrait stocker de l’ordre de 900 Gt dans les réservoirs d’hydrocarbures et entre 400 et 10000 Gt dans les aquifères salins profonds. L’avantage des derniers semble être d’une part l’une généreuse dispersion, leur capacité et surtout le fait que l’introduction de CO2 fabrique de l’eau gazeuse en somme. Le couvercle de roche (souvent plus de 1000m) fait office de bouchon efficace en principe pour… Lire plus »
    Tartempion
    Invité

    Est-ce bien utile d’investir dans cette voie, alors qu’avec un effort, certes violent et surhumain, on peut inverser la tendance sur 10 ans ? Chaque €uro ou Dollar investi là-dedans sont des investissements enlevés aux Batteries, aux 2ème et 3ème générations ou à H², et là on prend un retard énorme….. sans compter qu’avec le stockage on joue peut-être aux apprentis sorciers……………. A suivre, avec un léger doute………..

    marcob12
    Invité
    Il ne s’agit pas seulement d’inverser la tendance sur 10 ans. Il faut diviser nos émissions d’un facteur 2 et là si vous sortez la calculette et tenez compte du monde réel, vous avez un soucis si vous renoncez à la CSC. Des alternatives existent. Elles nécessiteraient un accord planétaire pour par ex reboiser en zone intertropicale 5 millions de km2. Selon un spécialiste on pomperait de l’ordre de 18 Gt de CO2 par an pendant la phase de reconstruction de la forêt (un siècle). Cela résoudrait l’essentiel de nos problèmes et ce n’est même pas un effort surhumain. Qui… Lire plus »
    Tartempion
    Invité

    Pour une fois, et ce n’est pas coutume, je suis entièrement d’accord avec MARCOB, pour réduire le CO² via une reforestation planétaire, tout à fait faisable à court et moyen terme………… mais la volonté est-elle là ?

    De passage
    Invité

    vous ne semblez pas encore avoir en tête les ordres de grandeurs de coûts des diverses solutions que vous suggérez. Avec 1 M$ on capte / séquestre de bien plus grandes quantités de carbone (x 100 fois) qu’avec les solutions dites alternatives et surtout on le réalisera bien plus vite. Comme les ressources financières (que nous paierons de toutes façons) ne sont pas infinies, mieux vaut commencer par le plus efficace à coût donné plutôt que l’inverse.

    Tartempion
    Invité
    Monsieur DE PASSAGE semble oublier que la récupération de CO² par culture forestière ne coûte aucun argent supplémentaire, puisqu’elle est déjà incluse dans le prix de revient du bois et de la biomasse résiduelle ……….. 1 arbre semé vaut à peu près 2 euros et 40 ans après, il en vaut 50, et même avec les entretiens intermédiaires, ça vaut le coup de capter du cO²……….. Tandis que vos millions de $, non seulement ils sont évanouis………. mais encore un incident – certes peu probable – pourrait faire rejaillir ce CO² et de façon encore plus dangereuse, voire meurtrière !… Lire plus »
    marcob12
    Invité
    Encore une fois, nos problèmes ne sont pas purement technique ou économiques. On doit être plus futé que ça pour faire régresser la barbarie contemporaine et apprendre à vivre durablement sans tout massacrer autour de nous. L’avantage de la reforestation, c’est qu’on y gagne aussi sur l’albedo et la régulation du climat (à court terme), on refait de la biodiversité à grande échelle (car on reforesterait en marge des forêts primaires résiduelles) et on pourrait même tirer des revenus substantiels d’une agroforesterie en marge de cette zone redonnée à la nature. Ces 5 millions de km2 sont actuellement des zones… Lire plus »
    Tartempion
    Invité

    Bien que l’on soit d’accord sur la reforestation à faire, il semblerait subsister quelques sérieux désaccords……………………. Vous écrivez « … nos problèmes ne sont pas purement techniques ou économiques… »…………….  mais que peuvent-ils être d’autres ? En écologie, il y a un grand principe : écologie = économie…………… Même les immatériels consécutifs doivent être chiffrés pour que l’économie devienne réelle………………………. et tous les éléments à preuve que vous soulignez ont un prix et sont calculables……………..

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