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Un point sur l’expérience Velib’ : c’est bien mais ca coute cher

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Ceci dit l’intérêt de ce concept n’était pas dans sa capacité à faire réélire le maire qui l’avait installé (ça a pourtant bien marché de ce point de vue!), mais résidait plutôt dans sa capacité à réduire la circulation automobile pour un cout admissible. Car même si pour l’instant, c’est la publicité, toujours elle, qui finance l’opération sur Lyon comme sur Paris et les autres villes de France, il faut que l’opérateur, Decaux ou Clear Channel, puisse en vivre pour que l’opération se prolonge dans la quasi gratuité.

Sur Paris, nous en sommes à 25 millions de locations par an, à 120 000 trajets en moyenne par jour de 22 minutes avec des pointes jusqu’à 180 000 les jours de grève et à 200 000 abonnés.

Par contre,curieusement, je n’ai jamais réussi à trouver des statistiques sur l’impact qu’avait pu avoir cette opération sur la circulation dans les centres villes.Tout le monde semble considéré comme acquis que les trajets effectués en vélo diminuent les trajets automobiles et le simple bon sens voudrait qu’effectivement ils soient pris sur un autre moyen de transport. Mais cela n’est pas si sur qu’il y parait. Car effectivement les trajets vélo peuvent venir en remplacement de la marche à pied (on fait son shopping en passant d’un site à l’autre en vélo). En quelque sorte ce sont des déplacements supplémentaires qu’apporterait la possibilité de disposer d’un vélo. Il peut également prendre des clients… aux transports publics ! J’avais cru comprendre à mots couverts que sur la ville de Lyon, ça n’avait touché que très marginalement le trafic automobile dans le centre ville mais que justement ça avait fait baisser la fréquentation des transports publics ! Si un lecteur à des informations plus précise sur l’effet de ce type d’opération sur les autres modes de déplacement, merci de commenter sur ce sujet.

Sur les couts viennent d’apparaitre quelques éléments concernant l’opération parisienne. Sur Paris c’est une société spécialement constituée pour l’opération, Cyclocity,qui la gère et donc fournit les vélos, 16000 sur Paris dans 1300 stations pour l’instant, assure le réapprovisionnement des stations tous les jours et entretien le matériel. Le réapprovisionnement des stations est rendu nécessaire par le fait que les usagers aiment bien prendre les vélos quand le trajet est en descente mais préfèrent prendre les transports publics quand il s’agit de remonter! Pour une ville relativement plate comme Paris (sauf la zone de Montmartre) ce n’est pas un gros problème, c’est plus difficile dans une ville très accidentée et à forte pentes comme Lyon.

L’entretien est par contre une grosse charge et constitue la surprise désagréable du concept. Sur Paris, JCDecaux a enregistré quelques 3000 vols en un an soit 18 % du parc en circulation et à peu près autant de dégradation et vandalismes divers. Globalement c’est donc 30 % du parc qui est sujet à réparation ou remplacement. Une mesure comme un autre du phénomène des incivilités ! Il parait qu’on en retrouve en circulation jusqu’au Maroc ou en Roumanie.

La machine elle même a du être renforcée pour pouvoir résister à un tel usage sans précaution. Il a fallu par exemple renforcer les chaines,ou souder plus fortement les paniers pour en éviter le vol. Au point que chaque vélo vaudrait désormais 2500 euros alors que les calculs initiaux de rentabilité de système portait sur un vélo à 1000 Euros. Et les 1500 vélos à réparer dans la nuit nécessiterait un personnel important, supérieur à celui estimé initialement.

JC Decaux étant une société cotée, son Président se retranche derrière l’information financière prioritaire pour rester discret sur les chiffres d’exploitation et le retour sur un investissement de 85 millions d’euros. Tout au plus sait on que sur Lyon, JCDecaux perdrait 3 millions d’euros par an. Les incivilités risquent donc d’avoir pour résultat de devoir réajuster le programme via une contribution plus forte des mairies ou en jouant sur la variable d’ajustement restante, le tarif au client. Nul doute que les mairies (qui encaissent des bénéfices pour l’instant, 30 millions pour Paris) ne laisseront pas faire facilement pour mettre la main à la poche et resteront très vigilantes sur les révisions de tarifs à la hausse. Il faudra pourtant bien trouver une solution….

A suivre.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange


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