Ban Ki-moon & Al Gore : une relance économique “verte”

Dans une tribune publiée dans le Financial Times, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, et l’ancien vice-président américain Al Gore plaident pour le lancement d’une économie verte mondiale, en parallèle aux mesures visant à stimuler l’économie, et appelé les gouvernements à ne pas oublier des mesures en faveur des plus pauvres.

« Pour des millions de personnes de Detroit à Delhi, les temps sont durs. Des millions de familles ont perdu leur travail, leur maison, leurs services de santé et même la perspective d’un prochain repas », constatent-ils.

Selon eux, les gouvernements doivent « faire preuve de stratégie dans leurs choix » et ne pas laisser « l’urgence masquer l’essentiel ». En d’autres termes, « investir dans une économie verte n’est pas une dépense facultative. C’est un investissement pour un futur plus équitable et plus prospère », ajoutent-ils.

Ils plaident pour des mesures de stimulation de la croissance alliée à des investissements à long terme de nature à répondre aux besoins économiques et sociaux urgents et à lancer une nouvelle économie mondiale verte, en parallèle : « En résumé, il faut que la ‘croissance verte’ devienne notre mantra », affirment-ils.

Concrètement, ils appellent en premier lieu à une réponse mondiale synchronisée face à une récession mondiale, en évitant surtout les politiques qui tendent à appauvrir le voisin et qui ont contribué à la grande dépression [post 1929].

L’injection de 2 250 milliards de dollars a déjà été annoncée par 34 pays pour stimuler l’économie. Mais ces mesures doivent aider à catapulter l’économie mondiale vers le 21ème siècle, plutôt que perpétuer les industries mourantes et les mauvaises habitudes d’hier, soulignent-ils.

« Continuer à déverser des milliards de dollars dans les infrastructures fondées sur le carbone et dans des subventions aux énergies fossiles reviendra à réinvestir dans les ‘subprimes’ de l’immobilier », estiment les deux hommes.

Ils préconisent de commencer par éliminer les 300 milliards de subventions aux énergies fossiles, ce qui réduirait les émissions de gaz à effet de serre de 6% tout en ajoutant de l’argent pour la croissance mondiale.

Développer des énergies renouvelables serait selon eux le plus utile. Déjà, les économies en développement représentent 40% des ressources en énergies renouvelables et 70% des capacités de chauffage de l’eau par le solaire.

« Les leaders partout, notamment aux Etats-Unis et en Chine, se rendent compte que l’écologie n’est pas une option mais une nécessité pour recharger leurs économies et créer des emplois », écrivent-ils. « Dans le monde, avec 2,3 millions de personnes employées dans le secteur de l’énergie renouvelable, il y a déjà plus d’emplois que dans les industries du pétrole et du gaz. Aux Etats-Unis, il y a désormais plus d’emplois dans l’énergie éolienne que dans toute l’industrie du charbon ».

Dans cette tribune, les deux leaders plaident ensuite pour des politiques « en faveur des pauvres », notamment pour améliorer leur productivité. Cela signifie accroître cette année l’aide publique au développement, renforcer les services sociaux et investir dans l’agriculture.

Il faut enfin, selon eux, obtenir un véritable accord contraignant sur le climat au Sommet de Copenhague en décembre 2009. « Copenhague donnera le feu vert à la croissance verte », concluent-ils.

La tribune est consultable sur le site du Financial Times

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2 Commentaires sur "Ban Ki-moon & Al Gore : une relance économique “verte”"

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Momo
Invité
Bien sur qu’ils ont raison …. mais les 300 milliards de USD / an de subventions aux utilisations des hydrocarbures ds. le monde sont essentiellement le fait de Pays pauvres ! pour des raisons SOCIALES de survies a cout terme , certes , mais les interesses ne voient rien d’autre que SURVIVRE , Et c’est Chavez , Ahmedinedjad  et Bambamb et autres grands hommes ( surtout en Inde , en Chine et au Pakistan …. )qui subventionnent l’essence  ou le petrole des rechauds de cuisine de leurs compatriotes , et  n’essayez pas de supprimer cette pratique si vs. ne voulez… Lire plus »
renewable
Invité

Chavez et Ahmedinedjad, de “grands hommes”? La politique de Chavez sur le pétrole est ingérable à moyen terme et pousse à l’hyper consommation dans son pays, ce qui fait qu’on arrive à des niveaux de saturation inouï dans la circulation dans les grandes villes du Vénézuéla. Il y a une limite entre subventionner et gaspiller ou s’en servir comme arme électorale. Quand à Ahmedinedjad, je ne crois pas que le terme de “grand homme” s’applique à ce genre de personnage.

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