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La planète se tourne vers le combustible gaz

Alors, la production augmente de 4% en 2010 et est prévue augmenter de 2.5% en 2011. Pas uniformément bien sur. Plus 10.5% au Moyen Orient, plus 7.7% en Asie-Océanie, plus 4.4% dans les pays de l’ex Union soviétique et moins 3.6% en Europe du fait du marasme économique et de l’épuisement des gisements de Mer du Nord.

Les gaz non conventionnels vont représenter 14pct de la production américaine. Quant aux GPL ( gaz de pétrole liquéfié), la mise en exploitation des gigantesques usines de liquéfaction du Qatar va se traduire par des échanges de 50 millions de M3 en 2010, en hausse de 20pct, sur les 280 millions de M3 de la production mondiale.

En Australie, je vous avais signalé le projet de Shell de lancer des usines de liquéfaction flottantes sur des plate-formes de la taille de 5 terrains de football. C’est le projet Prélude dont l’intérêt est de pouvoir exploiter des gisements de gaz offshore qui ne justifieraient pas la construction à terre d’une usine de liquéfaction et de son port méthanier car trop éloigné ou trop petit. Le navire usine à gaz de liquéfaction est prévu faire 500 mètres de long et peser 600 000 tonnes soit respectivement le double en longueur et 14 fois plus lourd que le Charles de Gaulle !

Or, le projet d’un tel bateau-usine vient d’être approuvé par les autorités australiennes. Reste donc à le construire et à le faire produire. D’après Technip qui fait l’ingénierie, la production de gaz par de telles usines flottantes pourrait fournir jusqu’à 5% de la production mondiale de GNL d’ici 2020.

Toujours en Australie qui semble pouvoir devenir un eldorado du gaz dans les prochaines années, Total vient de réussir à s’intégrer à un projet de production de gaz à partir de… Charbon, le premier auquel Total participera. Les promoteurs de ce développement, sont l’Australien Santos et le pétrolier malaisien Pétronas. Le projet baptisé Gladstone LNG est pharaonesque de par la combinaison d’une extraction de gaz à partir de quatre mines de charbon dans le Queensland au cœur de l’Australie, de son acheminement par gazoduc jusqu’à la mer à Gladstone à 400 km de là et de par sa liquéfaction dans deux usines de liquéfaction qui y seront implanté, sans compter le port méthanier à construire.Il est prévu en couter au total 15 milliards de dollars d’investissements aux partenaires.

Avec tous les projets d’extraction et de liquéfaction de gaz en gestation, l’Australie est prévu devenir le fournisseur principal de toute la zone Asie Pacifique qui comprend Japon, Chine, Indonésie ou Corée du Sud. Sa production devrait bondir de 50% entre 2008 et 2015.

En France très modestement, l’exploration de gaz non conventionnel va redémarrer en utilisant ces techniques nouvelles développées avec succès aux États Unis. Deux permis ont déjà été attribués, l’un à Total dans la région de Montélimar et l’autre à la limite de l’Hérault, de l’Aveyron et du Gard autour de Nant. Reste que ces techniques ont fait l’objet de critiques de la part des écologistes du fait des produits chimiques utilisés pour fracturer la roche. Alors, connaissant la France… une rude bataille se prépare sans doute.

Le géant du gaz dans le monde reste le russe Gazprom, mais ce dernier est confronté au marché européen en baisse comme vous venez de voir et à une gestion approximative qui a laissé les actifs de production et de transfert des produits de la société se dégrader. Celui ci vient d’annoncer une baisse de ses investissements pour 2011 de 9.8% pour s’adapter, dit elle à la demande en baisse.

Le gaz une fois produit doit être évacué jusqu’au lieux de consommation dans le monde qui ne se situent pas nécessairement tout près des gisements en production.C’est le cas des gisements de la Mer Caspienne et du Turkménistan que se disputent russes et américains et autour desquels tournent les mouches chinoises, indiennes voire pakistanaises.

C’est pour évacuer ce gaz vers le sous continent indien que vient de se réveiller une arlésienne longtemps endormie, le TAPI, ou le gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde. C’est un tuyau long de 2000km et capable de transporter 30 milliards de M3 de gaz dont l’acte fondateur vient de se signer à Achkhabad, la capitale du Turkménistan, entre les dirigeants de ces pays. Reste à le construire en traversant des zones à risque comme le sud afghan ou les zones tribales afghano-pakistanaise. Alors info ou intox pour montrer aux russes que l’on peut se passer d’eux dans la zone alors que leurs enlèvements de gaz turkmène sont en baisse de 80%? On peut se le demander. Ou bien gentille pression sur l’Union Européenne qui parle beaucoup de son gazoduc Nabucco mais n’avance pas beaucoup par contre sur la voie de sa réalisation effective ? On peut se le demander aussi.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange



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