Les énergéticiens européens veulent de la concurrence en France

Afin de promouvoir davantage l’ouverture des marchés de l’énergie en France, les principaux acteurs énergétiques "étrangers" ont décidé de créer l’Association Française Indépendante de l’Electricité et du Gaz (AFIEG), présidée par Fleur Thesmar.

Par cette initiative, les membres de l’AFIEG (ALPIQ, ENEL, EON, et VATTENFALL) entendent ainsi devenir l’interlocuteur des pouvoirs publics et présenter une alternative "aux dysfonctionnements actuels des marchés de l’énergie".

Les énergéticiens européens, membres de l’AFIEG indiquent avoir déjà fortement investi dans la production électrique. Cependant, ils jugent qu’une ouverture plus large du marché de la production à la concurrence demeurent indispensable afin de faire face aux besoins d’investissements du secteur électrique français. En ce sens, l’AFIEG fera des propositions sur le nucléaire et les concessions hydroélectriques.

En tant que fournisseurs d’électricité, les membres de l’AFIEG représentent à eux seuls les deux tiers des volumes d’électricité vendus aux grands consommateurs industriels et tertiaires (hors EDF). Toutefois selon l’AFIEG, les évolutions réglementaires récentes ne permettent pas de poser les bases d’une concurrence durable et équitable puisque 85% des volumes restent commercialisés par l’opérateur historique et 15% des volumes restant le sont indirectement par le biais de l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH).

Dans le domaine du gaz, s’il elle juge que le marché semble davantage ouvert, "la complexité de l’équilibrage, la difficulté d’accès aux moyens de stockage et le manque d’évolution vers une logique de marché ne favorisent pas l’émergence de vraies alternatives pour les consommateurs."

Pour Fleur Thesmar, présidente de l’AFIEG, "la question de la concurrence ne se pose pas seulement en termes de fourniture mais également en termes de production. Il n’existe aucun marché concurrentiel en Europe où un seul acteur détient plus de 50% de parts de marché. Dans un contexte où de très lourds investissements sont nécessaires en France, seul un cadre concurrentiel et attractif permettra qu’ils soient efficaces et garantissent la sécurité des approvisionnements."

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20 Commentaires sur "Les énergéticiens européens veulent de la concurrence en France"

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Lionel_fr
Invité

Si l’énergéticien national veut aller trouver de meilleurs revenus à l’étranger , il ne PEUT PAS rester monopolistique chez lui. Il faut offrir aux étrangers des opportunités en France si on veut faire de même chez eux.

Dan1
Invité
C’est vrai que la concurrence n’est pas facile. EDF a d’ailleurs laché du lest en Allemagne puisqu’il a revendu ses parts dans ENBw au land de Bade-Wurtemberg pour 4,5 milliards d’euros : Voilà une bonne affaire pour la concurrence : moins d’emprise en Europe pour EDF. Evidemment depuis, l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire et la mariée est moins belle ! Ceci dit, il me semble que le moment est mal choisi pour casser un monopole nucléaire efficace, alors que l’on veut concentrer les responsabilités concernant la sûreté des parcs. Enfin, je note le souhait candide des industriels formulé… Lire plus »
cezorb
Invité

L’Europe n’a t-elle pas rendu obligatoire une séparation entre la production et la distribution de l’énergie ? Les distributeurs ERDF et RTE sont filiales à 100% du producteur EDF. Comme ailleurs, celui qui possède le réseau contrôle ce qui passe dedans…

Tassin
Invité

Eh bien pas nous, merci !

laurent44
Invité
La concurrence c’est bien joli, mais au bénéfice de qui ? Je ne pense pas que les clients “particuliers” aient vu baisser leur facture de l’électricité ? Augmentation du tarif du KW/H, mais aussi des services (par exemple, regardez le prix d’un branchement forain aujourd’hui – autour de 230€ alors qu’avant 2004 on comptait environ 50€) Par contre depuis la privatisation d’EDF, certains bénéfices vont aux actionnaires alors qu’avant ils faisaient vivre la boite. (Investissement, entretien) Ce qui serait intéressant c’est que la concurrence serve à l’amélioration de l’impact environnemental. Malheureusement c’est l’inverse. À mon avis brûler du gaz pour… Lire plus »
Patraig
Invité
Il n’y a pas de veritable concurence en France , c’est un fait . Les clients Francais d’EDF sont quasiment captifs . La concurence a des vertus . Elle pousse les acteurs du marche a faire des efforts en termes de productivite , de meilleure gestion , d’optimisation des couts de fonctionnment et , bien sur , de tarifs . Sana concurence , saine , il n’a pas de remise en question . Ceux qui pensent qu’une concurence en France dans le marche energetique n’est pas necessaire sont les memes qui ne voulaient pas de concurence dans le telephone …… Lire plus »
Dan1
Invité

Et voilà le résultat concret d’un horrible monopole en France : Le monopole est insoutenable pour le peuple…. vivement la concurrence ! Et une petite comparaison avec nos voisins :

Dan1
Invité

Puisque le titre n’apparaît pas, il faut préciser qu’il s’agit d’Euros constants et non pas d’Euros courants. J’en profite pour citer le commentaire de l’UFE qui va avec : “Après une hausse jusqu’au début des années 80 justifiée par la réalisation des investissements du programme nucléaire français, les prix de l’électricité pour les ménages en euros constants 2009 (c’est-à-dire hors effet de l’inflation) ont baissé de 40% entre 1982 et 2009.”

Dan1
Invité

A Patraig. Faut-il d’abord préciser que la concurrence dans le domaine de l’électricité ne concerne que la production. Si vous lisez attentivement votre facture “captive”, vous vous apercevrez que la production d’électricité ne représente bien souvent moins d’un tiers de la facture totale. Enfin, selon une formule célèbre de Marcel Boiteux, le paradoxe français est qu’il est nécessaire d’élever les prix pour permettre la concurrence. Aujourd’hui, il n’y a guère que les naïfs et les menteurs pour défendre l’idée que la concurrence dans le domaine de l’électricité, en France, peut apporter une diminution des prix.

Patraig
Invité
Je ne pense pas etre ni un naif ni un menteur . Je pense que la concurence a des vertus , dans quelque domaine que ce soit . EDF est une excellente entreprise . 99% des agents EDF font du bon travail et ont un veritable souci de leur entreprise et de leurs clients . Le sommet de la pyramide est , malheureusement , un vrai panier de crabes ….. Pourquoi EDF n’est-elle pas capable d’atteindre une disponibilite de 90% de ses centrales ? Quand EDF prend des parts de marche a l’international , on crie Victoire . Mais on… Lire plus »
Dan1
Invité

La concurrence a des vertus, oui c’est indéniable et il faut savoir s’en servir quand il y a abus (entente….). Ce n’est pas nécessairement la meilleure solution pour atteindre l’optimum pour le citoyen. Le seul problème c’est qu’en France dans le domaine de l’électricité, on bénéficie déjà d’un système optimisé pour fournir massivement de l’électricité à moindre coût. Si, on favorise la concurrence, on désoptimise le système. Voilà ce qu’en pense certains :

Sicetaitsimple
Invité

Mais qui interdit aux 4 entreprises en question “de fortement investir dans la production electrique” en France? Certains l’ont fait un peu ( Alpiq 400MW, Eon 800MW, et Enel a pris 15% (je crois, c’est peut-être un peu moins) de Flamanville. Qu’ils continuent! Ca leur permettra de completer les TWh qu’ils achètent à EDF au prix Arenh, soit 42€/MWh. A moins que l’idée ne soit pas vraiment d’investir, mais de dépouiller…..

Dan1
Invité
Et c’est là où les consommateurs Français doivent rester lucides en ne cédant aux divers chants des sirènes-requins. Ce sont bien les consommateurs français qui ont payé le parc nucléaire-poule aux oeufs d’or qui attise tant les convoitises. C’est donc au consommateur français que doit revenir la rente nucléaire qui augmente au fur et à mesure que le parc est amorti et que le prix de l’électricité augmente. L’ARENH est une manière perverse de répartir la rente car, les opérateurs qui en profitent n’assume aucune des responsabilités industrielle du producteur historique, a fortiori en cas d’accident. En revanche, les bénéficiaires… Lire plus »
Eloi
Invité
Le nucléaire français atteindra difficilement 90% de taux d’utilisation de par le fait qu’il fait du suivi de charge. Illustration aujourd’hui, il a oscillé entre 51 et 53 GW () Un peu d’analyse de la disponibilité des centrales françaises (site rte) montre qu’en 2011 elle est passée de 70% en été à près de 90% en hiver. Après se focaliser sur le taux d’utilisation des centrales française n’a pas beaucoup d’intérêt puisque en termes économique ce qui compte est le coût du système global de production, et non pas du coût marginal d’un élément pris individuellement. Et cette règle est… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité
C’est juste un constat, chacun se fera son opinion: – à a ma connaissance, aucune des 4 entreprises ci-dessus n’est partie prenante de l’appel d’offre pour 3000MW d’éolien offshore.On peut penser ce qu’on veut à propos de l’offshoren et de son coût pour la CSPE, on verra bien les résultats, mais les membres de l’Afieg ne mettent visiblement pas leurs doigts là-dedans, alors qu’il s’agit bien d’investissements pour de nouvelles capacités de production. Par contre, il me semble bien que les mêmes 4 ont déclaré leur intention de participer à l’appel d’offre pour le renouvellement des concessions hydrauliques à venir… Lire plus »
Dan1
Invité
Effectivement, on voit bien les entreprises vouloir mettre la main sur ce qu’il y a de plus immédiatement rentable dans notre patrimoine énergétique. L’hydraulique est la deuxième poule aux oeufs d’or françaises. Elles est un héritage de nos pères qui a nécessité de gros investissement immédiat au prix de travaux de force parfois au prix de la vie des ouvriers (pas tous français… merci aux italiens). C’est le travail des pionniers comme Aristide Bergès qui a permis à la France de développer massivement les Energies Renouvelables et de les hisser à un niveau industriel pour développer le pays. Mais il… Lire plus »
zelectron
Invité

Le cas d’EDF? la “fonctionarisation” des personnels de cette, disons entité, a amené, amène et amènera toujours le gâchis qu’on sait.

rouget
Invité

Je vous conseille cette vidéo de Michel Volle sur la concurrence, Etat faible et monopoles naturels et monopoles naturels dans les réseaux (électricité, télécom, etc.)

Dan1
Invité
Merci rouget pour cette vidéo qui est une bonne synthèse de la perversité d’une concurrence débridée. Cela nous envoie aux écrits de Marcel Boiteux qui soutient qu’un monopole convenablement régulé est optimum pour le citoyen. Enfin pour zelectron : ce n’est parce qu’on en veut à EDF que l’on peut démontrer que ce monopole a provoqué un gâchis que le privé en concurrence aurait pu évité. Il s’agit peut être tout simplement d’un système gagnant-gagnant : des ouviers bien payés qui produisent massivement une électricité de qualité et pas chère. Evidemment, depuis 1946, on aurait peut être pu produire à… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Vous avez raison sur la SNET, mais Eon a tout de même construit 2 cycles combinés (environ 800MW) dans sa centrale lorraine. Concernant les problèmes de charbon à Gardanne durant la vague de froid, ce n’était pas si j’ai bien lu le charbon qui manquait, mais les opérateurs de la manutention de celui-ci, en grève….D’où la réquisition préfectorale.

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