Montréal : Gaz de schiste et pollution atmosphérique

L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) juge que des mesures s’imposent immédiatement pour assurer le contrôle et l’encadrement adéquat de la pollution atmosphérique dans la Vallée du Saint-Laurent, d’autant plus que la pollution reliée à l’activité gazière s’ajoute à la pollution existante.

Aux fuites documentées tout récemment sur 19 des 31 puits inspectés s’ajoutent tous les autres impacts de l’exploration et exploitation du gaz de schiste sur la qualité de l’air et la pollution atmosphérique.

En ce sens, le rapport préliminaire de l’Institut national de santé publique du Québec1 le confirmait, outre les risques de fuites, les activités sur les sites et de transport contribuent à augmenter les polluants atmosphérique émis: les oxydes d’azote (NOx) et de soufre (SOx), les composés organiques volatils (COV), les particules fines et plusieurs autres.

Une récente étude sur le développement de l’industrie du gaz de schiste à Haynesville aux États-Unis prévoit que « selon un scénario de développement faible, avec 1 570 puits en 2012, ces puits seraient responsables de 60 tonnes d’oxyde d’azote par jour, un irritant pulmonaire qui se transforme en ozone au sol responsable du smog. Des niveaux d’ozone accrus ralentissent également la croissance des arbres, des plantes et des cultures, entraînant des pertes économiques pour les industries forestière et agricole. Selon un scénario fort, avec 2 181 puits en 2012, on parle de 140 tonnes de NOx par jour, et ce, sans compter les COV évalués à plus de 20 tonnes/jour ».

Les études menées aux Etats-Unis se multiplient et dressent un portrait toujours un peu plus sombre des impacts attendus. Notons les récentes modélisations effectuées sur le développement gazier prévu à Haynesville2, qui permettent de prédire une augmentation des concentrations de polluants atmosphériques causant l’ozone au sol, sur une période de temps relativement courte. Et ce non pas exclusivement à proximité des sites de forage, mais partout en périphérie en raison des vents qui transportent les polluants sur de grandes distances.

Les effets des polluants sur la santé sont connus et documentés. L’ozone troposphérique (O3 au sol) est un irritant pour les yeux, le nez et les voies respiratoires. Son pouvoir oxydant peut provoquer une altération des fonctions pulmonaires et amplifier les maladies du système respiratoire. De nombreuses études ont établi un lien entre les particules fines totales (PM) et la recrudescence de diverses formes de maladies du cœur et de troubles respiratoires tels l’asthme, la bronchite et l’emphysème.

« Il est urgent de s’attaquer concrètement à ces enjeux de qualité de l’air et de pollution atmosphérique en bonifiant la réglementation sur la qualité de l’atmosphère. Le Québec doit, sans plus attendre, adapter ses lois et règlements à la faveur du bien commun. Autant de raisons d’imposer un moratoire complet et immédiat sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste au Québec », conclut André Bélisle.

1 État des connaissances sur la relation entre les activités liées au gaz de schiste et la santé publique. Rapport préliminaire – Institut de santé publique, Janvier 2011
2 Ozone Impacts of Natural Gas Development in the Haynesville Shale, KEMBALL-COOK, novembre 2010

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