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Part du photovoltaïque dans la CSPE : « Halte aux idées reçues »

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Faisant suite à la délibération de la Commission de Régulation de l’Energie, relative aux charges de service public de l’électricité (CSPE) pour 2013, dont une partie est dédiée au soutien des énergies renouvelables, le gouvernement a annoncé une hausse des factures d’électricité de 2,5 % l’année prochaine.

Or, au-delà du fait que cette mesure permet de financer toutes les dépenses de service public et pas seulement les énergies renouvelables comme cela est parfois avancé, le modèle actuellement en vigueur pour le calcul de la CSPE ne fait pas la distinction entre productions centralisées et décentralisées, précise le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Il ferait donc peser à tort sur les consommateurs des coûts de distributions sans fondement de ces énergies, ce qui serait préjudiciable toujours d’après le SER au solaire photovoltaïque dès lors qu’il génère une production d’électricité à proximité immédiate des lieux de consommation.

Toutes les filières de production d’électricité ont fait et font l’objet de financements publics indispensables, soit pour leur développement technologique, soit pour la mise en place des infrastructures publiques nécessaires. Pour le photovoltaïque, les chiffres donnés sont imputables aux contrats signés entre 2006 et 2010 qui ont permis de lancer cette filière énergétique en France et de créer près de 18.000 emplois.

Aujourd’hui, argue le SER, les prix de revient de cette forme d’énergie poursuivent une courbe d’apprentissage particulièrement rapide et sont sans commune mesure avec ce qu’ils étaient il y a encore quelques mois, au point que, dans certaines configurations précises, de nouveaux modèles de développement basés sur le principe de l’autoconsommation à l’échelle d’un bâtiment ou d’un îlot urbain, commencent à trouver leur équilibre économique en regard du prix de l’électricité distribuée.

Dès lors, comparer le prix de revient du photovoltaïque décentralisé avec le prix de gros de l’électricité (qui exclut l’intégralité des coûts de son acheminement par les réseaux électriques de transport et de distribution), comparaison menée dans l’établissement de la CSPE, n’est pas justifié.

De plus en plus d’acteurs, privés ou publics sont préoccupés par le renchérissement futur de leur facture d’électricité. Dans certaines configurations favorables, le photovoltaïque, avec des prix de revient qui convergent vers la compétitivité et stables sur des périodes de 20 voire 30 ans, répond à cette inquiétude. Pour le SER, ces changements profonds nécessitent rapidement une réorientation des pratiques qui sont ancrées dans le paysage électrique français, notamment en ce qui concerne l’estimation des coûts réseaux pour ces applications, dont la production a vocation à être entièrement consommée sur place ou à proximité immédiate.

« En parallèle, et jusqu’à ce que ce nouveau modèle de développement prenne le relais de l’ancien, déclare Arnaud Mine, président de SER-SOLER, il est essentiel pour la survie de notre filière de mettre en application les mesures que nous demandons depuis plus de six mois au gouvernement : relever les tarifs pour les installations de puissance inférieure à 100 kW ; mettre en place une bonification tarifaire en fonction de l’origine européenne des modules ; publier les résultats des appels d’offres simplifiés qui ne sont plus connus depuis juillet ; enfin, lancer un nouvel appel d’offres pour les grandes installations avec des volumes et des fréquences suffisants pour maintenir et développer l’activité de nos entreprises. »


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    17 Commentaires sur "Part du photovoltaïque dans la CSPE : « Halte aux idées reçues »"

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    moise44
    Invité
    – Ne pas dire aux Français que c’est le solaire PV qui fait grimper ne flèche le déficit d’EDF, mais les autres productions et réseaux qui ne seraient pas nécéssaire selon eux car les électrons pV seraient consommés sur place ! – Accroitre les versements de sous et donc les subventions … Jusqu’ou veulent ils aller dans le déficit ??? Il me semble que si l’électricité était consommé sur place il n’y aurait pas besoin de subventionner et de raccorder aux réseaux et donc pas de suventions au KWh injectés. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du… Lire plus »
    Pas naif
    Invité
    de SER-SOLER qui ne peut être neutre car on ne peut être juge et partie. Comme la plupart des collègues ici, je n’ai pas d’intérêt en nulle énergie car ma carrière se passe dans l’électronique ou une puissance de 0.001watt est déjà un scandale..! Que le PV soit une source locale n’était vrai que lorsqu’elle était insignifiante (moins de 100MW pour la France) mais c’est faux maintenant avec 3000MW. De plus, et certains d’entre cous l’ignorent encore, les frais d’entretien et amortissement du réseau national sont à 85% en basse tension 220volts car c’est cette partie qui demande le plus… Lire plus »
    Bachoubouzouc
    Invité
    Parce que les coûts faramineux (rapportés au kWh produit) du PV commencent à se voir sur la facture énergétique du pays, le SER réagit en rabachant deux mensonges traditionnels du lobby écolo/ENR : 1) La CSPE ferait peser à tort des coûts de transport et de distribution sur le PV : D’une part l’expérience prouve que les ENR, par leur intermittence, nécessitent un renforcement important du réseau. C’est d’ailleurs un coût caché (ou induit) important des ENR, de l’ordre de 30€/MWh. Donc non seulement la CRE a bien raison de calculer la CSPE réseau inclu, mais en plus elle devrait… Lire plus »
    Babase
    Invité

    @ pas naif voir cette source pour la décomposition de la CSPE : La péréquation et la cogénération (qui n’est pas une Enr me semble t il) restent prépondérantes contrairement à votre chiffre annoncé.

    Enpassant
    Invité

    Je vois que l’année 2013 démarre sur les chapeaux de roues et que le GGP fidèle à sa malhonnet intellectuelle, essaye d’interpréter ce qui me parait fort simple. Mais à quoi bon discuter avec les ayatolahs de l’électro-nucléaire (en perte de vistesse dans le monde entier sauf dans les grandes « démocraties » comme la Chine), obligeant Proglio à magouiller et transférer notre technologie, pour réussir (enfin !) )à vendre des réacteurs atomiques.

    Bachoubouzouc
    Invité
    @ Babase : D’une part, refaites le calcul. Avec ou sans cogénération les ENR sont bien majoritaires dans les coûts de la CSPE. D’autre part, pourquoi croyez vous qu’on subventionne la cogénération, si ce n’est pour faire plaisir aux écolos ? @ Enpassant : Quelle malhonnêteté intellectuelle ? Nous, au moins, nos accusations sont argumentées. Et à propos du « nucléaire en perte de vitesse », pouvez vous svp me rappeler combien de pays souhaitent encore en sortir ? L’Allemagne, l’Espagne, la Belgique (qui promet des choses que son outil de production ne pourra jamais accomplir dans les délais impartis) et… c’est… Lire plus »
    Babase
    Invité
    « Je rappelle que la CSPE 2012 se monte à 6milliards dont 98.3% sont pour financer la production de ces EnR; seuls 80M€ sont pour la partie sociale que tous approuvent. » Merci a vous de refaire le calcul des 98.3% … quant à la subvention à la cogénération j’ai des doutes sur l’origine ecologiste de cette mesure. Dans mon esprit c’etait pour avoir une réserve de prod élect. en hiver en valorisant des processus industriels avec des gros besoins de chaleurs (l’interet publique est d’ailleurs discutable, rapport Minefi 2007, subvention au gaz finalement). L’arrivée de cogé Enr est récente, et si… Lire plus »
    Bachoubouzouc
    Invité
    « quant à la subvention à la cogénération j’ai des doutes sur l’origine ecologiste de cette mesure. Dans mon esprit c’etait pour avoir une réserve de prod élect. en hiver en valorisant des processus industriels avec des gros besoins de chaleurs » La cogénération a bien été mise en place pour faire plaisir aux écolos (les moyens de pointe n’ont rien à voir là dedans, les producteurs ont déjà par ailleurs l’obligation d’aligner les moyens de productions correspondant à la conso de leurs clients) car ils vouent un amour inconditionnel à la valorisation de la chaleur. Que cette chaleur soit souvent plus… Lire plus »
    Babase
    Invité

    Effectivement les tarifs datent de 1997, gouvernement jospin avec des verts au ministere de l’environnement (cochet, voynet). Mais trop jeune pour me souvenir de comment cette mesure a été mise en place. Quand j’ecrivais « reserve de prod élect », j’aurai plutot du ecrire augmenter la production élect en hiver, puisque le tarif ne vaut qu’en hiver. Peut etre etait-ce un à l’époque un moyen avancé par les verts pour ne pas construire de nouveau reacteur ?

    Luis
    Invité
    ¤ L’une des particularités du système français, c’est le tarif « intégré au bâti » qui entraîne un surcoût très important puisqu’en plus du panneau solaire cela comporte la couverture et l’étanchéité. A la différence du tarif « intégration simplifiée au bâti ». La différence de coût est importante : du simple au double actuellement pour l’installation sur une habitation. Un supplément de 10 à 15 cts/kWh depuis le début selon la puissance (moins ou plus de 9 kWc). Seule la partie correspondant à la partie photovoltaïque devrait être prise en charge par la CSPE. Ce qui concerne l’intégration au bâti devrait faire l’objet… Lire plus »
    Flone
    Invité
    Bien que le solaire et les ENR ont toute ma sympathie, vous écrivez n’importe quoi et vous décrédibilisez les énergies renouvelables. Ne dénoncez personne si c’est pour utiliser les mêmes pratiques de désinformations et de manipulation pseudo-scientifiques. Les ENR ont un coût de stabilisation du réseau et de raccordement à celui-ci, pourquoi dire que les ENR n’entraînent aucun surcoût de réseau ? L’électron n’a pas d’odeur ni de couleur. Il n’est ni vert ni gris et n’a pas de provenance précise. Les derniers rapports de l’ENTSOE (qui n’ont pas spécialement d’intérêt à développer le nucléaire car il s’agit d’un organe… Lire plus »
    papi12
    Invité

    Bonne année aux lectreurs (trices) d’Enerzine ! Je crois me souvenir que les contrats COGE était limité à 16 ans. A l’ouverture du marché de l’électricité, qui a d’abord concerné les industriels avec plus de 16 GWh de conso annuelle, certaines cogé ont été arrêtées et transformées en centrale d’appoint suite soit aux demandes d’EDF ou de ses concurrents s’installant sur le marché. Au delà de 16 ans, il faut prévoir des investissements lourds sur la partie thermique et il n’est pas sûr qu’il y ait encore une rentabilité intéressante pour un industriel.

    Pas naif
    Invité

    pur davantage que les 2/3, et ce dans les mêmes documents officiels. La cogénaration – d’ailleurs très mal encouragée et qui va disparaître – n’est qu’un terme mineur. Calculons: 3GW de PV durant en gros 1000h/an = 3 milliards des KWh rachetés en gros 0.3 ou 0.4€ au dessus du coût normal nuc+charbon. Ca fait bien 1.2milliards d’€ pour 2012 et avec le ratrappage des années précédentes, cela en fait bien le terme financier prinipal.

    Bioman
    Invité

    à la lecture des commentaires , il est omis un détail NOTABLE : l’obligation faite à la France d’avoir 23% minimum d’électrIcité RENOUVELABLE dans son bouquet d’offre insuffisamment « vert » sous peine … d’amende le la commission Européenne ! Alors aux esprits chagrins y compris sur ce site, allez voir QUI assume financièrement la construction du réacteur nucléaire ITER à Cadarache (désormais le budget est de 15 MILLIARDS €) et qui plus est sur une faille sismique … le CONTRIBUABLE avec à la clef des incertitudes MAJEURES sur la fameuse fusion !

    Dan1
    Invité

    A Bioman. Etes-vous bien sûr que l’UE impose 23% d’EnR dans le mix électrique ? Pouvez-vous nous redonner les objectifs pour 2020 des pays de l’UE en matière de taux d’EnR dans le mix énergétique ?

    Martin
    Invité

    L’UE impose ce qu’elle peut, mais notre planète et les réserves limitées d’énergies de stock qu’elle recèle nous imposent de toutes façons du 100% renouvelable à assez court terme. Si je peux exprimer un voeux pour cette année c’est que chacun s’informe, décide et agisse à son niveau et en conscience sans attendre une directive, un règlement ou un avis d' »expert éclairé ». L’Europe c’est nous.

    Sicetaitsimple
    Invité

    Si vous rajoutez « un tarif » à « sans attendre une directive, un règlement ou un avis d' »expert éclairé », je pense que nous sommes en phase!

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