Philippe Martin veut récupérer et exploiter la “mine urbaine”

Le Ministre de l’écologie, Philippe Martin s’est rendu à un Forum organisé par le Syndicat Mixte Intercommunal de Collecte et de Valorisation (SMICVAL) à Saint-Emilion et en a profité pour s’exprimer sur la thématique de l’économie circulaire, "une perspective d’avenir pour un modèle en crise".

Extraits du discours :

"Pour les besoins de son économie, la France à elle seule utilise, un milliard de tonnes de matières par an, alors que le taux d’utilisation de matières premières de recyclage dans l’économie productive française se limite aujourd’hui à 40 %."

"Prenons l’exemple des déchets du bâtiment et des travaux publics. Ils représentent un peu plus de 73 % du total des déchets produits en France, et ne sont recyclés qu’à hauteur de 65 % alors que, dans le même temps, les matériaux de construction constituent près de 40 % des besoins de matières en France."

"Nos déchets, cela a été dit et je le redis ici officiellement, sont nos ressources de demain, dès lors qu’on en obtient de nouvelles matières premières, ou à défaut de l’énergie, dans des conditions environnementales et sanitaires satisfaisantes. J’ai récemment porté avec mon collègue Stéphane Le Foll un plan de développement de la méthanisation agricole en région Midi-Pyrénées : 100 méthaniseurs y seront implantés d’ici 2020 pour valoriser en énergie les déchets agricoles. J’étais au début du mois d’août avec le Président de la République dans votre région, en Dordogne, à Sarlat, où nous avons vu une unité de méthanisation agricole. Et l’un des objectifs que m’a fixés le Président, c’est que, pour toutes ces énergies, nous puissions faire œuvre de simplification, pour faire en sorte qu’elles puissent sortir de terre dans des délais normaux. Il n’est pas normal qu’une unité de méthanisation en France nécessite 4 ans de procédure, alors qu’il faut 6 mois en Allemagne. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, qu’il n’y ait qu’une centaine de méthaniseurs en France, alors qu’il y en a plus de 7 000 aujourd’hui en Allemagne. Le président de la République m’a confié cette mission, qui n’est pas d’abaisser les défenses et la garde vis-à-vis des clauses environnementales, mais d’être au rendez-vous de ces nouvelles énergies."

"Parmi les 355 millions de tonnes de déchets que la France produit chaque année, une quantité importante de matières et d’énergie est donc encore perdue."

"Conséquence de cette déperdition, notre territoire se prive de l’activité économique liée au recyclage, et des emplois qui vont avec : rappelons que le nombre d’emplois générés par une tonne de déchets recyclés est de 10 à 30 fois supérieur à celui généré par une tonne éliminée dans une décharge !"

"La mise en place, depuis 2007, de la filière de gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques a abouti à la création d’une trentaine de sites industriels de traitement et mobilise déjà 3 500 emplois, dont une part significative liée à l’économie sociale et solidaire."

"Il est possible, je le dis ici, d’organiser la récupération et l’exploitation de ce que l’on appelle désormais la "mine urbaine" c’est-à-dire nos déchets de téléphones portables, d’électroménager, de piles, de véhicules hors d’usage…"

"Exploiter cette mine urbaine contribuera à notre indépendance d’approvisionnement en métaux stratégiques et en « terres rares », puisque la pression sur ces ressources conduit aujourd’hui les pays fournisseurs à restreindre leurs exportations."

"Face à ce constat nous avons décidé, dans le cadre de la Conférence environnementale, de porter l’économie circulaire comme l’une des priorités de cette prochaine Conférence."

"A cette occasion, nous acterons le passage d’une logique économique linéaire à une logique économique circulaire, d’une gestion des déchets à une gestion des ressources, aussi bien chez les acteurs économiques, sur les territoires, que dans les politiques nationales."

"Cette nouvelle politique doit permettre à la France de sécuriser l’approvisionnement de l’économie française en matières premières, de diminuer ses impacts environnementaux, de réindustrialiser ses territoires, et d’augmenter la compétitivité des entreprises françaises."

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3 Commentaires sur "Philippe Martin veut récupérer et exploiter la “mine urbaine”"

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fredo
Invité
il est certain que beaucoup plus d’emplois seront créés et l’économie beaucoup plus circulaire si la récup se fait en régie en SEM codétenue et contrôlée par une collectivité locale , et non en concession au privé (qui rappelons le n’a pas pour objet social de gèrer l’intérêt collectif) . je me rappele avoir vu un reportage sur un lot d’alu récupéré vendu au plus offrant par une société privée de recyclage à un courtier tchèque qui l’exportait hors de France. Donc si les métaux et terres rares en particulier sont réexportés … Mais l’idée est bonne, et le marché… Lire plus »
Nicias
Invité

” notre territoire se prive de l’activité économique liée au recyclage, et des emplois qui vont avec : rappelons que le nombre d’emplois générés par une tonne de déchets recyclés est de 10 à 30 fois supérieur à celui généré par une tonne éliminée dans une décharge !” On se prive surtout du surcoût lié à ce recyclage ce qui nous permet d’avoir un niveau de vie correct. Ce qu’il veut mettre en œuvre, c’est la décroissance rêvée par les écologistes en produisant du sable ou des graviers à partir du béton.

Bruno lalouette
Invité
Dans la Gironde ils cassent les gravières où les poissons pondent, ceci pour en faire du béton, et pourtant la vraie richesse s’appelle esturgeons! Alors comme il faut densifier toujours plus, Paris 22000 hab/km2 contre 6000 à Tokyo, il faut monter en hauteur, créer des autoroutes, des supers métros, et le tout à crédit, et bien-sûr, il faut toujours plus de béton… Pendant ce temps-là, de belles demeures restent vides, autant dans les Charentes que dans le Bordelais, à force de tout centraliser! Le torchis c’est mieux que béton, c’est local, pas polluant, bon, on peut pas trop monter en… Lire plus »
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