Plan de construction de 4 usines nucléaires au Brésil

Quatre usines nucléaires vont être construites par le Gouvernement Fédéral brésilien dans les années à venir. Chacune d’elle représente un investissement de 10 milliards de réais (soit environ 3,39 milliards d’euros, selon taux de conversion appliqué au 30/01/08), et produira 1000 mégawatts (MW). Deux usines devraient être installées dans le Nord-Est du Brésil, et deux autres dans le Sud-Est.

Le ministre des Mines et de l’Energie brésilien, Edison Lobão, entend définir la localisation exacte des usines, dont la construction devrait commencer en 2012. Les travaux de construction de chacune d’elle devraient durer cinq ans.

Quatre Etats du Nord-Est – Pernambuco, Bahia, Sergipe, et Alagoas – se disputent les futures usines nucléaires et ont déjà manifesté leur intérêt auprès du gouvernement. Les Etats de Bahia et de Pernambuco ont notamment proposé le concept de "centrale nucléaire". Selon ce concept, une centrale unique au Nord-Est sera constituée de deux usines côte à côte sur les rives du Rio São Francisco, la rivière qui fait la division entre les deux Etats. Comme les usines ne peuvent néanmoins être construites sur deux rives distinctes, les gouverneurs de Pernambuco et de Bahia sont disposés à adapter la législation de leurs Etats respectifs pour autoriser un déplacement des frontières.

Cette cession d’une parcelle de territoire d’un Etat à un autre serait une façon d’éviter une dispute politique pour l’installation des usines. Selon le ministre de la Science et de la Technologie, il s’agit d’une proposition innovante, d’autant plus que, dans ce cas, le coût de construction des usines pourrait passer sous l’estimation initiale de 10 milliards de réais. Pour les gouverneurs de Pernambuco et de Bahia, ce projet est une opportunité pour développer économiquement et élever socialement cette région du Brésil, connue pour la production et le trafic de cannabis.

L’Eletrobras Termonuclear S/A, entreprise nationale, aussi appelée Eletronuclear, compte commencer à expertiser les possibles localisations des futures usines nucléaires dès le mois de mars 2009. Une première sélection de 15 à 20 lieux potentiels sera disponible dès le second semestre de cette année.

Dans le Nord-Est, les techniciens de l’Eletronuclear marquent une préférence pour une localisation littorale, entre les villes de Salvador et de Recife. Ils voient des difficultés dans l’installation d’une centrale sur les rives du Rio São Francisco. En effet, une usine nucléaire a besoin d’un grand volume d’eau pour refroidir ses réacteurs. Or, en tenant compte de la durée de vie moyenne d’une usine nucléaire – 60 ans – et de la tendance à l’abaissement du niveau des rivières dans les années futures, il serait plus prudent d’installer une usine en bordure de mer, comme sur le littoral du Nord-Est, qu’en bordure de rivière, comme aux abords du Rio São Francisco.

Dans le Sud-Est,
où les prospections doivent commencer un peu plus tard, le choix se porterait sur une localisation dans l’Etat d’Espirito Santo ou de Rio de Janeiro. Le littoral de São Paulo serait a priori écarté de la sélection. Il est en effet déjà largement occupé par les activités humaines ou, quand il ne l’est pas, la zone est classée réserve naturelle.

Afin de rendre les investissements viables, le gouvernement brésilien prétend proposer au Congrès des modifications dans la législation, permettant au secteur privé d’avoir une participation minoritaire dans les projets, dans une limite de 49%. Guilherme Camargo, le Président de l’Association Brésilienne pour l’Energie Nucléaire (Aben), qui réunit les techniciens et les chercheurs du domaine, se dit favorable à l’entrée du secteur privé dans la gestion du patrimoine nucléaire du Brésil, mais à condition que cette entrée se fasse par le biais de Sociétés de Propositions Spécifiques constituées par l’entreprise nationale. Ceci ne nécessiterait pas de modification dans la Constitution.

Camargo affirme aussi que le récent accord de coopération signé entre la France et le Brésil dans le domaine nucléaire, laisse entrevoir d’autres alternatives au financement des travaux, comme des institutions financières françaises. Selon le chercheur, interrogé par le "Valor Economico", "ce modèle défendu par le ministre ne semble pas encore consensuel dans le gouvernement".

BE Brésil numéro 122 (4/02/2009) – CenDoTeC / Ambassade de France au Brésil / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/57574.htm

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