UE : tests de résistance pour nos centrales nucléaires

Tests de résistance dans les centrales nucléaires, futur bouquet énergétique en Europe et enseignements à tirer des accidents nucléaires survenus au Japon, ont fait l’objet de l’allocution extraordinaire prononcée mardi par le commissaire européen Günther Oettinger devant la commission de l’énergie du Parlement européen.

M. Oettinger s’est ensuite entrenu, mercredi dernier, avec les membres de la commission de l’environnement :

"Nous sommes tous concernés par les événements au Japon" a souligné le commissaire, préoccupé par la solution à mettre en place par le pays pour maîtriser sa situation. Les accidents survenus sur les sites nucléaires japonais auront de lourdes implications en Europe.

M. Oettinger a rassuré les députés sur le fait que toutes les parties prenantes "sont prêtes à effectuer des tests de résistance supplémentaires", y compris l’évaluation des dommages potentiels en cas de séisme ou d’inondation.

La Commission européenne va préparer, d’ici au mois de juin, les critères d’évaluation applicables à l’UE, tandis que les tests de résistance devraient être terminés pour la fin de l’année, a-t-il précisé. Un éventail complet de scénarios de crise sera également lancé dans les centrales nucléaires des pays voisins, y compris en Turquie, en Russie et en Suisse.

Les réactions des députés face aux déclarations de M. Oettinger ont été nombreuses et diversifiées :

Alejo Vidal Quadras (PPE, ES), Giles Chichester (ECR, UK) et Edit Herzog (S&D, HU) ont estimé que l’Europe ne devait pas céder à la panique et qu’elle devait connaître les raisons exactes de la catastrophe avant toute modification des décisions à long terme concernant son avenir énergétique.

Rebecca Harms (Verts/ALE, DE), Matthias Groote (S&D, DE) et Fiona Hall (ADLE, UK) se sont inquiétés du fait qu’il est pratiquement impossible d’arrêter la fusion nucléaire une fois qu’elle a commencé. Ils ont dès lors insisté pour que les scénarios de crise, portant sur la résistance des systèmes de refroidissement et la sécurisation du stockage des combustibles usagés, souvent conservés sur les sites eux-mêmes, soient le plus complets possible.

Angelika Niebler (PPE, DE) et Jorgo Chatizmarkakis (ADLE, DE) ont plaidé en faveur d’une européanisation accrue des futures normes de sécurité, incluant la responsabilité partagée, et ils ont également demandé d’accélérer la recherche de sources d’énergie de remplacement.

Vladimír Remek (GUE/NGL, CZ) a demandé si l’UE mènerait des consultations auprès de la Russie sur l’accident, tandis que Lena Ek (ADLE, SE) s’est interrogée sur les conséquences pour le bouquet énergétique dans les États membres.

Le commissaire a annoncé qu’il informerait les députés des critères élaborés pour les tests de résistance dès que ceux-ci seront prêts :

Un avant-projet devrait être disponible après Pâques. Les scénarios tiendront compte de l’âge et du lieu d’implantation des centrales nucléaires. Il a également souligné que toute décision relative à la fermeture anticipée des centrales ou à un moratoire sur la construction de nouvelles centrales revenait aux gouvernements nationaux et à l’opinion publique des États membres.

Enfin, il a appelé à faire preuve de patience étant donné que les détails de la catastrophe du Japon ne sont pas encore connus et qu’il serait, dès lors, inopportun de tirer des conclusions sur la sécurité des centrales nucléaires en Europe.

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5 Commentaires sur "UE : tests de résistance pour nos centrales nucléaires"

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Invité
Personne ne conteste les procédures de sécurité utilisées dans le transport aérien. En particulier il peut être décidé , et ce fut déjà le cas d’empêcher le vol de certains avions suspectés de pouvoir présenter un risque jusqu’à ce que l’enquête en cours sur l’accident ayant conduit à cette décision permette de lever le doute. Pourquoi ces règles de prudence et de responsabilité technique sont elles considérées par certains politiques non applicables? est ‘on devant le symptome ” to big to fail”? Il y a toujours un avant et un après un accident. le fameux retour d’expérience qui conduit la… Lire plus »
einstein30
Invité

bonjour ; combien de morts en france par an a cause du nucleaire et combien de morts en france par a cause des accidents de la route ?????

Fredo13
Invité

Je pense que ce documentaire mettra bien en avant le fait qu’il est impossible de croire que nos dirigeants (toutes nations confondues) joueront la transparence et que les soit disant organismes de controle agirons de meme. Tous ces audits a venir ne sont que du vent pour rassurer le quidam de base. Il existe peu etre un nucléaire “sécurisé” mais à quel prix? l’idée aujourd’hui c’est d’abord d’encaisser …. Nous verrons bien ou finirons toutes ces belles résolutions allemande ou chinoise en terme de politique nucléaire.

Devoirdereserve
Invité

Cher Lion, Il a été dit “stress test” pas “crash test”. Bon, des crash tests on en fait depuis 30 ans. Ce sont, entre autres, les programmes du réacteur Phébus, au sein duquel on a fait fondre exprès des maquettes de bouts de coeur pour voir ce que ça donne, à quelle vitesse le combustible se dégrade, puis comment sont relâchés les produits de fission. Quand aux compétences européennes concernant l’atome, cela existe depuis avant l’UE. C’est Euratom.

Devoirdereserve
Invité

Pour une fois, je vais faire dans l’affolant et le sensationnel ! Rappel : Tchernobyl, c’était un “stress test” (mal préparé et qui a mal tourné).

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