Voitures en libre-service : l’éco-mobilité à l’essai avec Autolib’

Autolib’ se veut avant tout un projet d’autopartage prévoyant la mise à disposition de véhicules en accès et à usage libres et payants : 144 euros d’abonnement annuel, 10 euros par jour et entre 5 et 7 euros la demi-heure si je me souviens bien… Une somme raisonnable pour une citadine dessinée par le très convoité Pininfarina, et dont la particularité est d’être 100% électrique. A terme, 3 000 Blue Cars devraient être déployées dans 45 villes de la région Ile-de-France. Coût d’installation annoncé pour les collectivités : 50 000 euros. A croire que le jeu en vaut la chandelle.

Autolib’, un projet d’intérêt général ?

Le projet d’autopartage s’affiche-t-il en effet comme un vrai besoin pour la communauté ? En centre ville, de nombreux moyens existent pour se déplacer : le Vélib’, bien sûr, mais aussi les transports en commun (métro, bus, tramway et Transilien pour la capitale), les voitures personnelles, ou encore les taxis et autres loueurs de voitures qui jugent la Blue Car comme une sérieuse concurrente, déloyale quant aux coûts.

Et qu’en est-il de ces nombreux efforts déployés pour valoriser le covoiturage, cette alternative collaborative, économique et écologique à laquelle Autolib’ vole aujourd’hui la vedette ? L’autopartage s’avère finalement plus adaptés aux lieux mal desservis, où chacun n’a pas forcément les moyens d’investir dans un véhicule individuel, plutôt qu’à une capitale déjà bien engorgée.


Autolib’, un projet en faveur du développement durable ?

Le voici, l’enjeu majeur du projet Autolib’ : le respect de l’environnement. Les puristes diront que la Blue Car, toute électrique et donc sans émission de CO2, est contraire au scénario de sortie du nucléaire. D’autres vous diront aussi que sa batterie, réalisée en lithium en métal polymère, représente un potentiel danger : « l’exploitation minière à grande échelle du lithium nécessaire aux batteries qui en résultera, entrainera une surconsommation de ces ressources et une dégradation environnementale irréversible. », comme l’explique dans leur communiqué l’association écologiste « Les Amis de la Terre ».

Claude Bascompte, président du groupement affirme également : « Seuls la mise en place de transports collectifs performants et l’aménagement de voiries facilitant l’utilisation des modes de déplacements doux, permettront de réduire la circulation automobile et lutter contre la pollution atmosphérique. » Un point sur lequel je le rejoins, car, oui, le report modal est à craindre. Alors que les utilisateurs de véhicule personnel ne changeront sans doute rien à leurs habitudes, il est possible que les usagers déjà habitués aux transports alternatifs comme le bus ou le vélo, détourne à présent leur préférence pour revenir au véhicule individuel. Autolib’ n’aurait alors aucun effet sur la circulation et la pollution.

L’écobilan
: il faut retenir les leçons du passé. A son lancement en 2007, le projet Vélib’ avait lui aussi essuyé de nombreuses critiques. Aujourd’hui, il occupe une place fondamentale dans les grandes villes de France. Copie presque conforme de ce projet, Autolib’ doit, à son tour, passer sa période d’essai. Je vous donne donc rendez-vous dans 5 ans pour faire le point.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par bchristian

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