Barrages : appel d’offre à venir pour les exploiter !

Voici un nouveau pan d’activité qui va basculer dans le monde compétitif, celui de l’exploitation des barrages hydroélectriques. Notre ministre de l’Ecologie et de l’énergie, Jean Louis Borloo a en effet annoncé l’ouverture à la concurrence d’infrastructures que nous croyions à l’abri de toute évolution dans leur exploitation, nos barrages hydroélectriques.

Construits au tout début des trente glorieuses, ils ont une capacité de production électrique de 25 300MW dont 20 300 sont exploité par EDF et le reste par quelques intervenants historiques comme GDF Suez via la CNR ( Compagnie Nationale du Rhône) et la SHEM (Sociéte Hydroélectrique du Midi). Cela représente tout de même 12% de la production électrique française.

Sur cette capacité de production, 20pct soit 5300 MW va être mis en adjudication ce qui suscite pas mal d’intérêt chez les autres opérateurs français (GDF Suez, Poweo) mais également que les autres producteurs européens dont l’Italien Enel, l’allemand E .ON, le suédois, très présent en Allemagne, Vattenfall, le suisse Alpiq et même le producteur d’aluminium Rio Tinto. C’est dire si la quête d’énergie est un soucis largement partagé partout dans le monde.

C’est dans le cadre de la Loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) que doit se produire cette ouverture du marché aussi bien pour l’accès des sociétés étrangères à la "rente nucléaire" que pour l’hydroélectrique. C’est dire que ce sera chaudement disputé. On en est aux prises de position publiques agressives et aux intimidations avec le nouveau Président d’EDF, Monsieur Proglio,qui annonce "ne pas devoir perdre de concession voire améliorer sa part de marché", GDF Suez qui annonce vouloir prendre de 1500 à 2000 MW à rajouter à sa production actuelle et les étrangers qui s’inquiètent des incertitudes du calendrier et des règles du jeu.

Tous ont pourtant de l’expérience en hydroélectricité pour exploiter des barrages équivalents à ceux d’EDF qui en Allemagne, Italie, Suède et Espagne( E.ON), qui en Suède et Allemagne (Vattenfal qui exploite 11 000MW) ou encore en Autriche ou en Italie (ENEL). La proportion d’électricité renouvelable doit augmenter en Europe mais les sites disponibles pour de nouveaux barrages sont très rares. Alors chacun essaye de se placer pour récupérer tel ou tel site existant.

La France n’a malheureusement pas bonne réputation pour laisser entrer facilement la concurrence étrangère sur son territoire ni pour assurer la transparence des appels d’offre. D’où l’inquiétude des autres compagnie européennes et l’attention que ne va manquer de porter la Commission Européenne pour s’assurer de cette transparence. EDF de son coté s’active pour mobiliser les collectivités locales qu’elle a su soigner dans le passé à coup d’aides ponctuelles pour tel ou tel aménagement, pour qu’elles influent en sa faveur. Le genre de lobbying très français dont Bruxelles a horreur.

A suivre donc avec attention.En principe, l’attribution de ces barrages à leur nouvel exploitant devrait être effective pour 2013. D’ici là les coups bas ne manqueront pas…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange

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