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Comment refroidir les lacs avec le réchauffement global

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Une récente étude de l’université de York vient de montrer que malgré le réchauffement de la planète, la température de l’eau des lacs pourrait être diminuée par des plantations d’arbres.

Le lac Clearwater, un petit lac aux alentours de Sudbury (Ontario, Canada), a vu sa température diminuer dramatiquement depuis les années 70, en partie à cause du programme de plantations massives d’arbres dans la région, selon l’étude "cooling lakes while the world warms" publiée dans le numéro de Janvier de la revue Limnology and Oceanography.

Plus de huit millions d’arbres ont été plantés dans la région de Sudbury entre le milieu des années 70 et 90, pour contrer le problème de la déforestation massive due aux émissions de dioxyde de souffre émanant des fours à métaux de Sudbury, qui ont aussi acidifié des milliers de lacs.

"Alors que le lac Clearwater a récupéré de l’acidification et que le niveau de carbone organique dissous a augmenté, la clarté de l’eau a diminué" dit le Pr. Norman Yan. "C’était une bonne chose, puisque cela signifiait que moins de lumière pouvait pénétrer dans le lac et le réchauffer. Néanmoins, j’ai supposé que cette diminution dans la clarté de l’eau n’était pas entièrement responsable du refroidissement du lac ; j’ai donc demandé à l’un de mes étudiants d’étudier la corrélation entre les effets de la vitesse du vent et la clarté de l’eau sur le modèle du refroidissement du lac."

Les données du ministère ontarien de l’Environnement pour le lac Clearwater, entre 1973 et 2001 révèle un pic de refroidissement de l’eau dans le lac. Les températures de surface journalière n’ont pas évolué ces 30 dernières années, mais les températures du fond ont diminué de 7 degrés (de 15 à 8°C), et la largeur de la couche froide de l’eau a augmenté de manière notable et ceci, malgré une saison sans glace plus longue, un important signe du réchauffement de la planète. Néanmoins, au même moment, les vitesses de vents locaux ont diminué de façon significative, de 34% entre 1975 et 1995, et le Pr. Norman Yan s’est interrogé sur l’existence d’un lien entre les 2 phénomènes.

C’est ainsi qu’en se basant sur diverses études et modèles, il a pu conclure que la reforestation de la région était la cause principale de la diminution de la vitesse des vents au niveau du sol, ce qui diminuait le mélange de l’air chaud à la surface du lac avec les eaux plus froides dessous.

L’important de l’étude, c’est qu’il est nécessaire de comprendre tous les facteurs qui peuvent affecter la clarté de l’eau et la vitesse du vent, afin de prévoir les effets du réchauffement de la planète sur nos lacs, selon le Pr. Norman Yan.

BE Canada numéro 329 (5/02/2008) – Ambassade de France au Canada / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/52934.htm


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