Et si on réduisait la consommation énergétique du tertiaire de 38% ?

Une étude élaborée par la Direction Régionale IDF de l’ADEME, en partenariat avec La Française Real Estate Managers, et qui se base sur un échantillon représentatif du parc tertiaire en Ile-de-France démontre que les défis liés à la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires à usage de bureaux sont en mesure d’être relevés.

Réalisée de mars 2010 à septembre 2011, l’étude porte sur la performance énergétique intrinsèque d’une centaine de bâtiments tertiaires à usage de bureaux, issus du patrimoine géré par La Française Real Estate Managers.

Une méthodologie pour savoir comment atteindre une amélioration de 38% des consommations énergétiques en 2020.

D’après une méthodologie proposée par le cabinet Sinteo, 9 typologies de bâtiments ont été dégagées :

L’étude montre que la consommation réelle d’un bâtiment (calculées à partir des factures) ne reflète pas sa performance. Il a donc été nécessaire de déterminer une grandeur spécifique permettant la comparaison des différents bâtiments : la performance énergétique intrinsèque.

Le périmètre de cette consommation intrinsèque n’intègre pas :

• Les consommations liées aux occupants (notamment l’informatique et les serveurs)
• Les consommations liées à l’exploitation énergétique (gestion inadaptée des postes chauffageventilation-climatisation).

Une meilleure connaissance de la performance énergétique du parc

L’étude permet de dégager plusieurs enseignements :

1-  Les réglementations thermiques ont un impact réel sur la performance des bâtiments.

L’étude confirme que les réglementations thermiques qui se sont succédées depuis les années 70 sur l’isolation de l’enveloppe ou sur l’intégration d’équipements performants ont permis aux bâtiments d’améliorer leur performance énergétique. La RT 2012, qui impose aux bâtiments neufs de limiter leurs consommations énergétiques, devrait encore contribuer à l’amélioration du parc immobilier.

2- La consommation due à l’occupation et à l’exploitation du bâtiment reste stable depuis la première réglementation thermique.

Les cycles de rénovation des bâtiments impactent leurs consommations énergétiques, et conditionnent donc l’opportunité de rénover les bâtiments de façon plus ou moins approfondie. Trois niveaux d’intervention, du plus léger au plus lourd, se succèdent au cours de la vie du bâtiment : le rafraîchissement, la rénovation (concernant principalement les systèmes de production et de distribution d’énergie) et la restructuration (impliquant un travail sur l’enveloppe du bâtiment).

On constate aujourd’hui que :

• les bureaux des années 60-70 ont en majorité déjà fait l’objet de restructurations
• certains des bureaux des années 80 ont été rénovés, et d’autres pas
• les bureaux des années 90 ont été rafraîchis mais pas encore rénovés
• les bureaux des années 2000 ont été partiellement rafraîchis.

3- L’ambition de la rénovation est conditionnée par les choix faits lors de la construction.

La diminution des consommations de chauffage (30 à 40% des consommations énergétiques globales) dépend du choix initial du mode de production et de distribution du chauffage.

Et si on réduisait la consommation énergétique du tertiaire de 38% ?

4- Des opportunités de rénovation énergétique à portée de main

Les diagnostics réalisés sur les immeubles tertiaires audités ont révélé que l’impact financier de la mise en conformité n’est pas insurmontable. Cette première évaluation a permis de déterminer des coûts moyens de rénovation par typologie, et de cibler les meilleures opportunités de rénovation :

► Les actifs haussmanniens rénovés avant la mise en place de la réglementation thermique de 1988 présentent un fort gisement d’économies d’énergies. Ceux ayant été rénovés plus récemment ont un potentiel moins important.

► Les bureaux des années 60-70 n’ayant pas fait l’objet de restructuration constituent une priorité pour l’amélioration de la performance énergétique.

Ils doivent aujourd’hui faire l’objet de restructurations lourdes pouvant générer des gains équivalents à 50% de la consommation réelle. Parallèlement, le remplacement des équipements de chauffage ventilation climatisation et l’optimisation des systèmes de gestion de ces équipements permettraient une amélioration de leur performance énergétique.

► Les bureaux des années 80-90 non rénovés doivent faire l’objet de travaux de performance énergétique importants. Les travaux prioritaires consisteront à remplacer les équipements d’origine, vétustes et énergivores, ainsi que les systèmes obsolètes de gestion automatisée de l’énergie, et à améliorer l’isolation des bâtiments.

► Les bureaux des années 2000-2005 peuvent encore réduire leurs consommations d’énergie de 15 à 30%.

L’écart entre la consommation intrinsèque et la consommation réelle est de 40% pour les bâtiments construits dans les années 60-70 et de 50% pour les plus récents. Cela signifie que l’occupation et l’exploitation des actifs récents créent des surconsommations. Il est cependant possible d’en limiter les impacts par des investissements légers concentrés sur la gestion des équipements.

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9 Commentaires sur "Et si on réduisait la consommation énergétique du tertiaire de 38% ?"

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Mamouth
Invité

La RT 2012 et la future RT 2020 sont très bien, mais vu le taux de renouvellement du parc immobilier (1% / an), elles n’auront qu’un impact insuffisant pour faire les économies d’énergies dont nous avons besoin. Il faut des exigences réglementaires de performance énergétique minimale pour l’immobilier locatif existant. Pourquoi le locatif ? Parce que dans ce cas, celui qui décide de faire des travaux (le propriétaire) n’est pas le même que celui qui paye les factures d’énergie (le locataire).

okanenergy
Invité
Belle démonstration du potentiel d’économies, mais je crois que pour l’atteindre, il faut aller plus loin qu’une simple règlementation technique sur le bâtiment. Le prix me semble être le seul véritable argument pour inciter à la sobriété! Dans l’automobile, on a des véhicules qui pourraient consommer moins de 4 litres pour 100 km, et qui au final dépassent les 6L parce que l’utilisateur ne fait preuve d’aucune sobriété! La conclusion de cet article nous montre que c’est la même chose dans le bâtiment. Sur le papier on peut être très bon élève, mais, au final, si on demande 25°C l’hivers… Lire plus »
trimtab
Invité

Voilà un exemple, au combien symbolique, The Empire State Building, un ‘retro fit’ exemplaire qui fait économiser 4,4 million $ par an sur la facture éneretique : Et même les fenêtres ont été refait sur place ! A méditer! trimtab

Nature
Invité

Pourquoi ne pas obliger les mairies à mettre en usage obligatoire le simple diagnostic thermique par cameras . Impossible de l’obtenir dans la ville que j’habite, or 175000 hts seraient concernés.

Reivilo
Invité

Oui c’est une bonne idée pour sensibiliser et permettre de visualiser très clairement les déperditions normalement invisibles. C’est une bonne façon de marquer les esprits et de donner envie de faire qqchose. Toutefois ce sont des opérations coûteuses et qui ne donnent que des informations partielles ou parfois erronnées. Pour un vrai diagnostic, l’analyse sur site reste indispensable. Voilà ce qui a été réalisé à Bordeaux dans le cadre du Plan Climat. Et ce que ça donne au final

fredo
Invité

recyclage dun autre post ce jour: “L’intensité énergétique de la Suisse et du Japon est de 91kep/1000 EUROS de PIB, versus 164Kep pour la France (Eurostat 2009), soit une marge de progression de 45% en moins de volume d’énergie finale, rien que ça! Voilà l’ordre de grandeur de ce qu’il est techniquement possible de réaliser comme volume d’économies sur ce poste dans un pays développé.”

Visiteur
Invité
gp
Invité
en commencant par exemple par encourager les commerçants et les centres d’acahts à moins gaspiller… tant que les portes resteront grandes ouvertes en plein hiver pour attirer le chalant, C sûr qu’on aura du mal à atteindre -38% d’économie… Sans parler des conséquences très négatives sur le citoyen lambda qui voit dans toute cette gabegie une bonne raison de ne pas trop s’embêter avec les éco d’énergie à sa petite échelle. Sûr qu’il est temps de stopper le gaspillage à outrance qui continue de caractériser le secteur tertiaire, et notamment celui du secteur commercial (GMS notamment). Et pour ça, je… Lire plus »
En passant
Invité
Pendant des années la Sécurité Routière nous a “éduqué”… et le nombre de décès sur les routes n’a que modérément baissé ; d’aucuns pensent même que c’est plus grâce à l’amélioration du réseau routier et de la sécurité active et passive des voitures, que l’on doit ces résultats (…). Ensuite les années 2000 on vu fleurir des radars fixes (et mobiles) au bord des routes, aux carrefours… et là, la chute s’est véritablement amorcée et le nombre de décès liés à ces accidents de la circulation est passé en dessous de 4000 (pour plus de 17000 dans les années 75).… Lire plus »
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