Les “black pellets”, nouvelle filière du Port de Rouen

HAROPA-Port de Rouen reste la porte d’entrée des black pellets en France ; L’opérateur Sea Invest, précurseur dans la logistique des granulés de bois de haute qualité, mise sur cette nouvelle filière à l’avenir très prometteur.

« Ce produits a toutes les qualités pour devenir une filière importante dans les prochaines années. Les pays européens demandeurs de bois-énergie miseront sur les black pellets et les tonnes appelleront les tonnes, nous devons donc dès maintenant bien nous positionner », a affirmé Robert Goudon, directeur des terminaux  Sea Invest du Port de Rouen.

Les granulés de bois sont issus du compactage de résidus de scieries et sont utilisés comme source d’énergie pour le chauffage. « La particularité du black pellet est son très fort  compactage et sa totale imperméabilité. La manutention est donc aisée car ce produit n’est pas friable comme le granulé de bois brut (white pellets), et peut être stocké sur terre-plein… comme le charbon ! » a complèté Robert Goudon.

Le black pellet est un combustible peu polluant et très économique. Son pouvoir calorifique est inférieur au charbon mais supérieur à celui des white pellets avec un rendement énergétique accru. De plus, les émissions atmosphériques dégagées lors de sa combustion sont moins importantes que celles du charbon. Le black pellet, actuellement produit aux Etats Unis, possède des caractéristiques similaires à celles du charbon et nécessite donc très peu de modifications dans les systèmes de combustion actuels équipant les chaufferies au charbon.

En septembre dernier, Sea Invest Rouen a réceptionné à Grand-Couronne un premier navire de black pellets, en provenance du port nord-américain de Mobile (Alabama), premier exportateur mondial de ce produit nouveau protégé par un brevet. Le Mandarin, navire vraquier de 187 mètres de long, a livré 25.000 tonnes de granulés de bois.

A Rouen, Sea Invest table sur un trafic annuel de 145.000/150.000 tonnes destinées, essentiellement aux chaufferies franciliennes qui mélangent les black pellets avec charbon. Les prévisions de trafic pourront varier en fonction notamment de la rigueur ou de la douceur des hivers. « Sea Invest assurera à Rouen le déchargement, stockage et réexpédition des cargaisons chez le client parisien par train complet et accessoirement par convois fluviaux », précise le directeur de Sea Invest.

« Ce trafic d’importation de black pellets suit la logistique du charbon, et donc sans investissements pour notre société, spécialisée depuis de nombreuses années sur cette filière. Je précise également que Sea Invest dispose de toutes les autorisations réglementaires pour traiter ce produit, ainsi que l’espace nécessaire à son stockage. D’ailleurs, nous aurons un stock à l’année sur la vallée de la Seine et notre terminal, tri-modal fer/route et fleuve, compte bien développer des volumes au cours des prochaines années », a indiqué encore Robert Goudon. 

Le potentiel de développement de cette filière est indéniable. Plusieurs usines de production de black pellets sont en construction aux Etats-Unis.

En France, outre les chaufferies, d’autres industriels s’intéressent de plus en plus à ce produit. Les black pellets sont  mélangés au charbon industriel et cette transition énergétique se fait en douceur car elle ne nécessite pas de gros investissements sur les équipements actuels. L’objectif  de Sea Invest Rouen est de satisfaire une demande d’énergies renouvelables en constante augmentation.

Véritable base pour alimenter la région parisienne en charbon industriel, le terminal de Sea Invest à Grand-Couronne compte parmi « les installations les plus modernes d’Europe », avance Robert Goudon. A la demande du client, le charbon peut être broyé, tamisé, criblé… Avec environ 250.000 tonnes par an, le charbon représente le premier trafic de Sea Invest à Rouen, une entreprise pourtant historiquement tournée vers les engrais et notamment la potasse. Son  deuxième plus gros marché est l’agroalimentaire avec, entre autres, l’approvisionnement de l’usine Saipol en graines de colza.

Sea Invest Rouen emploie une trentaine de personnes et loue 30 hectares de terrains à HLAROPA-Port de Rouen. Le récent contrat passé avec l’Américain Koch concoure également au dynamisme de la société. « le monde des engrais a changé, il y a moins d’importateurs aujourd’hui sur Rouen. Et dans notre métier, il faut savoir anticiper », a conclu Robert Goudon, qui n’entend pas rater ce nouveau marché.

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10 Commentaires sur "Les “black pellets”, nouvelle filière du Port de Rouen"

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Greenbof
Invité
Business et gros sous zero environnement On importe du bois de loin de très loin… Où est l’énergie renouvelable la dedans censée être produite localement… Un reportage sur France5 “Menace sur la forêt” expliquait clairement que les importations européenne de biomasse mettait la pression sur la forêt US avec coupe à blanc sur de la forêt naturelle. Et donc menace sur la biodiversité… Dans ce contexte, je pense que l’on fais moins de mal à la planète en continuant le pétrole conventionnel… Il ne faut pas penser que carbone dans la vie… c’est trop le chemin pris pour expliquer n’importe… Lire plus »
Cleantuesday
Invité

A 3 semaines de la COP21 est une bonne idée de relancer le charbon qui est l’accusé N°1 ?

Greenbof
Invité

La Cop21 est un pot pourri ; toutes les mesures proposées ne sont pas bonne à prendre… Et l’Europe met à mal la forêt mondial pour des ambitions chiffrées… Le fait de raser des forêt en Amérique pour de l’électricité ou se chauffer ne peut pas être une bonne mesure… Le mieux consommé (biologique et si possible local) serait plus efficace dans tous les domaines. Le monde libéral d’aujourd’hui ne peut pas trouver de solutions

Tech
Invité

des black pellets américains des granulés venant de russie également par bateaux. mais pourquoi ne sont-ils pas utilisés localements? ces grosses centrales qui ratissent à des centanes voir des milliers de km sont des aberrations! la bio masse bois ce devrait être sur place, en local, allez, max 50 kM, car les bois sont à l’écart des centres habités

Agrix
Invité
Si on peut faire marcher des chaufferies européennes au Blacks pellets américains et russes,les européens fabriqueront eux mêmes,par la suite, dans leurs pays respectifs leurs propres blacks pellets,pour leurs propres chaufferies.en ce sens,l’expérience est intéressante car on s’assure d’abord que ça donne satisfaction sur le plan fonctionnel à nos chaufferies(avec des pellets étrangers d’abords),sans risquer ainsi,de dévellopper une filière pour rien si ça se révellait défectueux ou insatisfaisant, pour ensuite fabriquer nos propres blacks pellets quand on sera sur que le procédé de chauffage est bon et que nous pourront en toute confiance devellopper notre propre filière locale de blacks… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Mais un style d’écriture très reconnaissable….. Sur le fond, je l’ai déjà dit plus d’une fois, je suis (pour simplifier) pour une fois en gros d’accord avec ce que dit Tech. La biomasse énergétique”de masse” faisant l’objet de commerce international, ça aura de mon point de vue très rapidement des limites. Ceci dit, 150.000t/an ( ce dont parle l’article), c’est quasiment rien. Le projet merdique d’E.on à Gardanne, pour 150MW electriques, c’est près de 1.000.000t/an.

Lionel-fr
Invité
C’est de technologie qu’il est question ici Encore une fois les commentaires font la confusion entre R&D et production. Sauf Agrix. On a dit pendant des décennies que mcDo importait tous ses produits depuis les USA or c’était complètement faux, il utilise des produits locaux mais utilise la license mcDo pour les commercialiser dans ses restaurants. Même le coca est made in france (sous license bien sûr) C’est exactement la même chose ici : l’objectif de l’americain (dont le nom n’est pas cité d’ailleurs) est de construire des usine en France sous license ! Bref, vous pouvez jeter toutes les… Lire plus »
I. samson
Invité

commentaires au moins aussi intéressants que l’article, qui a laissé de nombreuses zones d’ombre… merci les débatteurs.

Herve
Invité

J’ai visionné ce reportage d’Arte, c’est effectivement intéressant. Toutefois, les reportages d’Arte sont souvent trés orientés, surtout lorsque les principaux intervenant sont plus militants que scientifiques. Je pense qu’il y a pas mal d’exagerations. Toutefois, quand on voit l’ampleur de l’exploitation pour le peu de résultats, ça mets en évidence les limites déja bien connues de la biomasse. Tout ça fait partie du grand n’importe quoi baptisé “transition énergétique”

Greenbof
Invité

Lionel y croit! Je ne vois pas bien la révolution technologique dans l’importation par bateau de pellet. Même si ces pellets peuvent être magnifique, il n’en reste pas moins de la biomasse… Et la biomasse c’est la pression sur la forêt… Croire que l’on va se contenter des déchets de scierie est bien naif tant le business est lucratif… L’échelle industrielle, le problème c’est no limit on défonse ce qu’il reste sur la planète et on encaisse…

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